Les Bleues n’ont jamais disputé une finale de Coupe du monde. Samedi, elles auront 40 minutes pour changer ça. Après un début de tournoi quasiment parfait, l’équipe de France se retrouve face à son premier véritable rendez-vous sous haute tension. Jusqu’ici, les Bleues ont tout écrasé ou presque, avec quatre victoires et des écarts impressionnants. L’Allemagne, à domicile, représente clairement un changement de dimension.
Cette Nationalmannschaft n’est pas arrivée en demi-finale par hasard. En quarts, elle a tout simplement fait tomber la Belgique, double championne d’Europe en titre, avec une victoire nette (93-74). Les Allemandes ont remporté les quatre quart-temps, résisté aux 29 points d’Emma Meesseman et imposé leur taille, leur agressivité et leur intensité physique, tout cela sans leur meilleure joueuse, Satou Sabally, forfait pour ce Mondial.
En son absence, plusieurs joueuses ont pris une autre dimension. À commencer par sa sœur, Nyara Sabally, élue joueuse du match face aux Belges après ses 16 points et 12 rebonds. À ses côtés, Leonie Fiebich a également signé un double-double avec 17 points et 10 rebonds. Un nom évidemment bien connu de Marine Johannès et Pauline Astier, ses coéquipières à New York. Grande, polyvalente, capable de sanctionner de loin comme de défendre plusieurs postes, Fiebich est exactement le genre de joueuse qui peut compliquer la vie des Bleues pendant 40 minutes.
L’Allemagne possède aussi beaucoup de taille autour d’elles. Luisa Geiselsöder, passée par la France, Marie Gülich ou encore la jeune Frieda Bühner offrent des solutions supplémentaires dans la raquette et au rebond. Ce n’est peut-être pas l’effectif le plus talentueux du tournoi, mais c’est une équipe longue, physique et désormais pleine de confiance.
Son Mondial avait pourtant commencé par une lourde défaite face à l’Espagne. Depuis, les Allemandes ont enchaîné quatre victoires et montent clairement en puissance. Le tout devant leur public, qui devrait encore transformer Berlin en chaudron pour cette demi-finale.
Les Bleues expédient la Chine et foncent dans le dernier carré
Pourquoi les Bleues peuvent être confiantes
Si l’Allemagne a des raisons d’y croire, la France en a encore davantage. Depuis le début du Mondial, les Bleues produisent tout simplement l’une des attaques les plus impressionnantes de la compétition : 98,8 points par match, 61,4 % de réussite à deux points et surtout un ahurissant 45,7 % derrière l’arc. Le plus intéressant est que cette efficacité ne repose pas uniquement sur des exploits individuels. La France distribue 26,3 passes décisives par rencontre. Quand elle parvient à courir, à faire circuler le ballon et à enchaîner les stops défensifs, elle donne par moments l’impression de pouvoir submerger n’importe quel adversaire.
Plusieurs cadres arrivent à cette demi-finale en pleine confiance. Gabby Williams est probablement la Française la plus complète depuis le début de la compétition : 17,5 points, 5,3 rebonds, 3 passes et 2,5 interceptions de moyenne, avec 50 % à trois points. Elle a déjà montré à quel point elle pouvait changer un match sans forcément monopoliser le ballon, par sa défense, son activité et sa capacité à accélérer le jeu. À ses côtés, Marine Johannès tourne à 16,5 points et 3,8 passes en moins de 20 minutes de moyenne, avec 16 paniers primés en quatre rencontres et 48,5 % de réussite derrière l’arc. Une menace permanente, d’autant qu’elle vient de distribuer 7 passes décisives contre la Chine en quarts.
C’est peut-être là que se situe la grande force de cette équipe. Derrière ses deux stars, la production ne s’effondre pas. Janelle Salaün apporte 11,5 points et 5 rebonds de moyenne, tout en shootant à plus de 40 % à trois points. Dominique Malonga est déjà la meilleure rebondeuse française du tournoi avec 7,3 prises par match et apporte une dimension verticale qu’aucune autre intérieure des Bleues ne possède vraiment. Pauline Astier distribue 3,5 passes de moyenne, Valériane Ayayi peut peser dans tous les secteurs et Jean-Aimé Toupane possède suffisamment de profondeur pour changer complètement de cinq sans forcément faire chuter l’intensité.
La France pourra également s’appuyer sur une histoire récente très favorable face à l’Allemagne. Depuis l’arrivée de Jean-Aimé Toupane, les Bleues ont remporté leurs trois confrontations officielles contre les Allemandes : 58-50 à l’Euro 2023, 84-71 en quarts de finale des Jeux Olympiques de Paris et encore 85-63 au tournoi de qualification pour cette Coupe du monde, en mars dernier à Villeurbanne.
Le souvenir de Paris est d’ailleurs intéressant puisque cette Allemagne-là avait déjà de sérieux arguments. La France avait pourtant réussi à faire exploser le match dans le deuxième quart-temps, avec notamment un récital de Marine Johannès : 24 points et cinq paniers à trois points. Gabby Williams avait ajouté 15 points, 6 rebonds et 5 passes. Deux ans plus tard, les deux moteurs offensifs français arrivent de nouveau lancés au moment de retrouver la sélection allemande.
Cela ne garantit évidemment rien samedi. L’Allemagne joue chez elle, a grandi depuis Paris et vient de faire tomber la Belgique. Mais les Bleues n’abordent certainement pas cette demi-finale avec la seule obligation de se méfier. Elles ont aussi imposé depuis le début du tournoi un niveau de jeu qui oblige leurs adversaires à s’adapter à elles.
Rendez-vous samedi, à 16h30, sur les antennes du groupe TF1 et sur beIN Sports.
