France vs Team USA : les Bleues dans la légende ?

La France défie les États-Unis en finale du Mondial 2026. Les Bleues ont des raisons d’y croire après un tournoi impressionnant.

France vs Team USA : les Bleues dans la légende ?

Il y a deux ans, il avait manqué quelques centimètres. Ce dimanche à Berlin, l’équipe de France retrouve les États-Unis en finale de la Coupe du monde, avec l’occasion de terminer ce qu’elle avait presque accompli aux Jeux Olympiques de Paris. Une première couronne mondiale, face à l’ogre américain. Sur le papier, la mission reste immense. Mais après cinq matches presque impeccables, les Bleues ont de vraies raisons de croire à l’exploit.

Le souvenir est évidemment impossible à effacer. Le 11 août 2024, Gabby Williams avait déclenché au buzzer un tir qui aurait envoyé la finale olympique en prolongation s’il avait été pris quelques centimètres plus loin. Deux points. 67-66. Une médaille d’or passée tout près et une sélection américaine poussée dans ses derniers retranchements comme rarement dans son histoire récente.

Deux ans plus tard, les deux équipes se retrouvent donc pour un titre mondial. Mais il ne s’agit pas simplement d’une revanche. Cette équipe de France semble encore mieux armée qu’à Paris.

Une France qui n’a encore tremblé devant personne

Depuis le début de la compétition, les Bleues ont marché sur quasiment tout le monde : Hongrie (99-53), Corée du Sud (95-69), Nigeria (111-56), Chine (90-61), puis Allemagne (86-64) en demi-finale.

Même lorsque la Mannschaft a réussi à les faire sortir de leur zone de confort samedi, les Françaises n’ont jamais paniqué. Elles ont encaissé l’adresse allemande, accepté le combat et progressivement étouffé leur adversaire. Williams a encore été immense avec 22 points, 5 rebonds, 4 passes et 5 interceptions, Janelle Salaün a signé un double-double (14 points, 11 rebonds) et Marine Johannès a ajouté 13 points.

Cette équipe de France est-elle vraiment la plus forte de l'histoire ?

C’est peut-être la première raison d’y croire. Cette équipe possède plusieurs manières de gagner. Elle peut courir, défendre très haut, provoquer des pertes de balle, jouer sur demi-terrain, attaquer le cercle ou prendre feu derrière l’arc. Sur l’ensemble du tournoi, la France inscrit 96,2 points par match contre 87,6 pour les États-Unis. Elle shoote surtout à un hallucinant 44,2% à trois points, contre seulement 31,8% pour les Américaines.

Contre le Nigeria, les Bleues avaient même inscrit 22 tirs primés, record de la compétition. Mais leur identité ne repose pas uniquement sur cette adresse. Leur défense permet justement de mettre du rythme, de récupérer des ballons et d’éviter d’avoir à jouer systématiquement face à une défense placée. Comme l’expliquait Johannès après cette démonstration : lorsque la France défend, partage le ballon et peut accélérer, elle devient particulièrement difficile à contenir.

Ces USA ne sont pas intouchables

L’autre raison d’y croire vient tout simplement de l’adversaire. Les États-Unis restent les États-Unis. Les filles de Team USA n'ont plus perdu un match de Coupe du monde depuis 2006 et viennent d’enchaîner 35 victoires dans la compétition. Un cinquième titre mondial consécutif leur tend les bras.

Le talent reste phénoménal, évidemment, avec Breanna Stewart, Napheesa Collier, Kahleah Copper et une profondeur qui n’a pas d’équivalent. Et le principal avantage américain pourrait se situer au rebond : 45,4 prises par match contre 37,8 pour la France. Si les Bleues multiplient les secondes chances adverses, la soirée risque rapidement de devenir compliquée. Mais cette Team USA n’a pas dégagé l’impression d’invincibilité habituelle.

L’Italie l’avait déjà poussée jusqu’au bout en phase de groupes (55-52). Samedi, l’Espagne était encore à égalité 58-58 avant le quatrième quart-temps de la demi-finale. Les Américaines se sont finalement imposées 76-66 grâce à leur expérience et à un dernier acte bien mieux maîtrisé, mais elles ont longtemps peiné à créer du jeu offensivement.

La France possède précisément les armes susceptibles de rendre cette attaque inconfortable : longueur, agressivité sur les lignes de passe, capacité à changer défensivement et surtout une rotation suffisamment profonde pour maintenir une pression permanente.

C’est probablement là que cette finale se jouera. Pas en essayant de battre les États-Unis à leur propre jeu, mais en les empêchant d’installer le leur.

Gabby Williams, encore un rendez-vous avec l’histoire

Et puis il y a Gabby Williams. Depuis le début du tournoi, la Française joue comme une candidate très sérieuse au titre de MVP. Elle a marqué au moins 10 points lors de chacun des cinq matches et, au-delà des statistiques, elle donne le ton des deux côtés du terrain. Sa demi-finale contre l’Allemagne en est la parfaite illustration.

Autour d’elle, Johannès peut faire basculer un match en quelques possessions, Salaün apporte son activité et son adresse, tandis que Dominique Malonga, malgré une demi-finale compliquée dans la finition, offre une dimension physique que la France ne possédait pas à ce niveau il y a encore quelques années.

Et contrairement à Paris, où l’événement et la pression d’une finale olympique à domicile accompagnaient chaque possession, les Bleues arrivent presque libérées. Quoi qu’il arrive, elles réalisent déjà le meilleur Mondial de l’histoire du basket féminin français. Jamais la France n’avait atteint la finale de cette compétition et elle n’y avait même plus décroché de médaille depuis… 1953. Johannès l’a résumé avant le match : il n’y a pas de pression particulière à aller chercher l’or.

Il faudra renverser l’histoire

L’histoire des confrontations reste pourtant vertigineuse : les États-Unis ont remporté 13 des 14 rencontres recensées par la FIBA face à la France. La seule victoire française remonte à 1971. Aujourd'hui, la France marque davantage, shoote mieux, possède peut-être la meilleure défense collective de la compétition et semble actuellement jouer avec davantage de continuité que son adversaire. Les États-Unis restent favoris parce qu’ils disposent de plus de talent individuel, d’une puissance physique supérieure et d’une expérience incomparable de ces rendez-vous, mais ne sont pas imbattables.

Pendant des années, affronter Team USA signifiait espérer que tout se passe parfaitement et que les Américaines connaissent simultanément un jour sans. Ce dimanche, le sentiment est différent.nLes Bleues n’ont pas besoin d’un miracle. Elles ont surtout besoin de jouer comme elles le font depuis le début de ce Mondial.

Rendez-vous à 20h pour ce France - Team USA, à partir de 20h sur les antennes du groupe TF1 et beIN Sports.