Gabby Williams est une légende, les Valkyries championnes WNBA

Grâce à une Gabby Williams épiustouflante, les Golden State Valkyries ont remporté le game 7 des Finales WNBA et le titre 2026 !

Gabby Williams est une légende, les Valkyries championnes WNBA

Deux points à la mi-temps. Trente au coup de sifflet final. Un titre WNBA au bout d'un Game 7 irrespirable et une performance qui entre directement dans la légende. En portant les Golden State Valkyries au sommet dès leur deuxième saison d'existence, Gabby Williams a signé l'un de ces exploits qui dépassent largement le cadre d'une simple finale. Pour le basket français, c'est un moment immense. Et même à l'échelle de la WNBA, ce qu’elle a accompli ne sera pas oublié de sitôt.

Dans un Chase Center incandescent, Golden State a remporté le premier championnat de son histoire en dominant l'Atlanta Dream (68-63), au terme du tout premier Game 7 des Finales WNBA. Une consécration extraordinaire pour une franchise qui disputait encore sa saison inaugurale il y a un an, portée par une Française dont la deuxième mi-temps restera comme l'une des performances les plus marquantes jamais réalisées à ce niveau de compétition.

Avec 28 de ses 30 points inscrits après la pause, un record pour une mi-temps des Finales WNBA, Gabby Williams a pris une place à part dans l'histoire de la ligue. Le dernier chapitre d'une campagne de playoffs qui mérite désormais de figurer parmi les plus belles épopées individuelles du basket féminin.

Deux points à la pause, puis la légende

Pendant vingt minutes, pourtant, rien ne laissait présager un tel dénouement. Comme souvent dans ces Finales particulièrement âpres, les deux équipes se rendaient coup pour coup sans parvenir à trouver beaucoup de rythme offensif. Golden State peinait énormément à marquer, Gabby Williams était limitée à deux petits points et Atlanta regagnait les vestiaires avec six longueurs d'avance (30-24).

Sous l'impulsion de Jordin Canada, particulièrement agressive, le Dream imposait son tempo. Les Valkyries comptaient même neuf points de retard au cours du troisième quart-temps. Pour une équipe aussi dépendante de sa défense et parfois tellement laborieuse en attaque, la situation devenait franchement inquiétante.

C'est là que Gabby Williams a décidé de changer le cours de la rencontre. La Française a pris le match à son compte avec une autorité assez sidérante. Des drives, des tirs compliqués, trois paniers à trois points en un peu plus d'une minute et, progressivement, cette impression qu'elle pouvait réussir tout ce qu'elle entreprenait. Quinze points dans le troisième quart-temps, dont les onze derniers de son équipe, pour permettre à Golden State de reprendre les commandes à l'entame des dix dernières minutes (45-44).

Le plus impressionnant, c'est que cette explosion offensive n'a rien enlevé à son activité défensive. Williams a terminé avec quatre contres, en plus de son influence habituelle dans les lignes de passe et sur les changements défensifs. À un peu plus de quatre minutes du terme, un contre initialement sanctionné d'une faute était finalement validé après un challenge remporté par Natalie Nakase. Une action capitale dans une rencontre où chaque possession valait de l'or.

Atlanta s'accrochait. Allisha Gray, Rhyne Howard et leurs partenaires refusaient de céder, avec cette détermination qui avait déjà permis au Dream de revenir dans la série. À 57-57, à moins de trois minutes de la fin, le titre était encore totalement indécis.

C'est à cet instant que Williams a frappé le plus fort. Un tir à trois points monumental, déclenché à près de dix mètres du cercle, pour faire exploser le Chase Center et donner l'avantage aux Valkyries. Un shoot qui rejoindra forcément les images marquantes de l'histoire des Finales WNBA.

Il fallait encore terminer le travail. Kiah Stokes, précieuse dans la peinture (11 points, 13 rebonds), apportait une contribution décisive avec un panier sur rebond offensif dans la dernière minute. Veronica Burton (11 points, 10 rebonds, 5 passes) sécurisait les dernières possessions et les ultimes lancers francs. Tiffany Hayes, ancienne du Dream, pouvait enfin savourer un titre attendu pendant toute sa carrière. 68-63. Golden State était champion. Le Ballhalla pouvait exploser.

Un parcours d'outsider digne des plus belles histoires du basket

Il faut mesurer ce que viennent de réaliser les Valkyries. La franchise n'existe que depuis 2025. Dès sa première saison, elle avait défié toutes les attentes en se qualifiant pour les playoffs. Un an plus tard, elle est championne WNBA.

Golden State n'était certes plus un petit poucet après avoir terminé la saison régulière à la deuxième place avec 32 victoires, mais qui aurait imaginé pareille ascension avant le début de l'exercice ?

Sans disposer de l'arsenal offensif des grandes puissances de la ligue, les joueuses de Natalie Nakase ont construit leur réussite autour de la meilleure défense de la saison, d'une solidarité exceptionnelle et d'une capacité à s'adapter à toutes les situations. Ce collectif formidablement bien construit avait déjà marqué les esprits en saison régulière. Il a élevé son niveau d'un cran supplémentaire en playoffs.

Il a d'abord fallu survivre à Dallas au premier tour, avec un Game 3 remporté après avoir compté seize points de retard. Puis balayer Las Vegas, champion en titre, en demi-finales. Trois victoires à zéro face aux Aces d'A'ja Wilson, quintuple MVP et visage de la domination récente de la WNBA. À ce stade, Golden State avait déjà réalisé quelque chose d'exceptionnel.

Les Finales ont ensuite poussé les Valkyries dans leurs derniers retranchements. Menées 2-1, elles ont retrouvé leur identité défensive pour reprendre l'avantage, avant de subir une lourde défaite lors du Game 6 à Atlanta. Il leur restait quarante minutes pour aller au bout d'un rêve qui semblait complètement inaccessible quelques mois auparavant.

Cette campagne de playoffs entre désormais dans une catégorie très particulière : celle des exploits qui ont révélé une autre dimension chez un joueur ou une joueuse dont on pensait connaître les limites.

On pense, dans des registres différents, à Dirk Nowitzki en 2011 avec Dallas, à Hakeem Olajuwon et ses Rockets partis de la sixième place en 1995 ou, côté WNBA, à Kahleah Copper, héroïne du sacre inattendu de Chicago en 2021.

Les contextes, les statuts et les palmarès sont évidemment différents, mais Williams partage désormais avec ces figures une forme de consécration assez rare. Celle d'avoir été le visage d'une équipe que peu de monde imaginait championne, au terme d'un parcours durant lequel elle a dépassé les attentes et constamment répondu présente au moment de faire la différence.

Il y a quelque chose de presque irréel à voir cette joueuse, dont on connaissait les qualités depuis tant d'années, devenir la grande héroïne offensive d'un titre WNBA.

De formidable lieutenant à héroïne absolue

À Golden State, Gabby Williams a trouvé un environnement idéal pour exprimer l'étendue de son talent. Le collectif de Natalie Nakase lui a permis de devenir une véritable référence offensive tout en conservant ce qui fait sa singularité. Ses responsabilités ont grandi, sa confiance également.

Meilleure marqueuse des Valkyries en saison régulière, elle s'est ensuite imposée comme leur leader en playoffs. Face à Dallas, Las Vegas puis Atlanta, elle a enchaîné les performances de haut niveau, répondant aux besoins de son équipe avec une polyvalence et une intensité remarquables.

Sa campagne n'a pas été parfaite. Il y a eu des matches d'adresse catastrophique, des passages à vide et des moments où ses limites de scoreuse semblaient ressurgir. Sa performance dans le Game 6, notamment, avait laissé beaucoup de frustration. Atlanta était parvenu à lui compliquer énormément la tâche et Golden State avait sombré offensivement.

La réponse apportée lors de la rencontre décisive n'en est que plus spectaculaire.

"Spooky" a produit la plus grande performance offensive de sa carrière dans le match le plus important qu'elle ait jamais disputé en WNBA. Elle l'a fait avec une pression maximale, une équipe en difficulté et un adversaire qui connaissait parfaitement ses forces et ses faiblesses après six confrontations.

28 points en une seule mi-temps pour aller chercher le titre. C'est le genre de performance qui change durablement la perception d'une joueuse, et peut-être même la façon dont on racontera sa carrière.

Une fierté française immense

Il y a quelque chose de profondément émouvant à voir Gabby Williams accomplir cet exploit. Pour celles et ceux qui suivent le basket féminin depuis des années, qui ont vu sa progression, ses frustrations, ses blessures et ses succès avec les Bleues, cette soirée a forcément une saveur particulière.

La voir devenir la figure de proue d'une équipe championne, dans la ligue la plus relevée du monde, est une immense satisfaction. Une récompense magnifique pour une joueuse qui a toujours défendu avec autant de passion les couleurs de la France, au point d'avoir parfois compliqué sa situation en WNBA en raison de son engagement international.

Cette émotion, Gabby Williams l'a également partagée avec deux autres Françaises : Janelle Salaün et Aminata Gueye. Aucune des deux n'a participé à ce Game 7, mais elles étaient bien là au moment du sacre, visiblement submergées par l'émotion. Salaün, récompensée comme meilleure sixième joueuse de la saison, a elle aussi joué un rôle important dans cette aventure collective. Gueye pouvait également savourer l'aboutissement d'une campagne extraordinaire, malgré l'absence de minutes lors de cet ultime rendez-vous.

Voir ces trois Françaises réunies, championnes WNBA, avec une Gabby Williams au sommet de son art, donne forcément des frissons. Le basket français a vécu de très grandes émotions ces dernières années, notamment avec les performances des Bleues aux Jeux olympiques. Ce sacre des Valkyries en est une nouvelle, aussi inattendue que réjouissante.

Il faut également saluer le travail de Natalie Nakase et de toutes ces joueuses souvent sous-estimées, qui ont construit une culture de la gagne en un temps record. Les Valkyries ont écrit une formidable histoire collective, avec une cohésion, une intelligence de jeu et une qualité défensive qui leur ont permis de renverser les pronostics jusqu'au bout.

Reste cette image de Gabby Williams, au milieu de ses coéquipières, championne WNBA et MVP des Finales au terme d'une soirée insensée. On ne sait jamais, sur le moment, à quelle place exacte ranger un exploit dans l'histoire. Les comparaisons viendront et les débats aussi. Mais cette campagne de playoffs et ce Game 7 ont tout pour traverser les années.

Gabby, tu es une légende !