Jeremy Sochan, sa recette pour fatiguer Victor Wembanyama

Ancien coéquipier de Victor Wembanyama aux Spurs, Jeremy Sochan a livré aux Knicks quelques pistes pour tenter de ralentir le Français en Finales NBA.

Jeremy Sochan, sa recette pour fatiguer Victor Wembanyama

Ancien coéquipier de Victor Wembanyama aux San Antonio Spurs, désormais joueur des New York Knicks, Jeremy Sochan connaît forcément un peu mieux que la moyenne le casse-tête que représente le Français. À quelques jours des Finales NBA entre New York et San Antonio, l’intérieur polonais a été interrogé par le New York Post sur la manière dont les Knicks pouvaient tenter de ralentir Wembanyama. Sa réponse est assez simple : le faire courir, lui envoyer des profils différents et le forcer à encaisser du contact pendant toute la série.

« C’est l’un des plus gros travailleurs que j’ai jamais vus, il bosse tout le temps là-dessus, mais il se fatigue. C’est naturel, vu sa taille », a expliqué Jeremy Sochan. « Avec l’équipe qu’on a, je pense que c’est important de lui proposer différents regards défensifs, de ne pas le frapper, mais d’être très physique avec lui et de le faire courir. Il va se fatiguer et il devra prendre quelques possessions de repos, à mon avis. »

Une déclaration qui a le mérite de poser clairement l’un des enjeux de cette finale. Personne ne va “stopper” Victor Wembanyama. À ce stade de son développement, l’idée est plutôt de l’obliger à travailler pour tout : ses positions au poste, ses courses en transition, ses rebonds offensifs, ses réceptions près du cercle, ses tirs après écran, ses aides défensives, puis ses retours dans le jeu. Tout ce qui peut l’amener à brûler de l’énergie devient précieux.

Sochan, l’espion idéal des Knicks ?

L’intérêt de la prise de parole de Jeremy Sochan vient évidemment de son passé récent. Drafté par San Antonio en 2022, il a passé plus de deux ans avec Wembanyama avant de rejoindre les Knicks. Depuis son arrivée à New York, il n’a pas un rôle majeur dans la rotation de Mike Brown, mais son importance pourrait aussi se situer ailleurs.

Sochan l’assume lui-même : qu’il joue ou non, il compte transmettre tout ce qu’il sait.

« Que je joue ou pas, c’est important de donner toutes les informations que j’ai. Et je pense que j’en sais pas mal. Je regarde leurs matches maintenant, je vois les anciens systèmes qu’on jouait, à quel moment ils vont chercher certains joueurs, c’est assez évident à voir. Ça va être intéressant. »

Dans une série aussi serrée, ce genre de détail peut compter. Sochan connaît les habitudes de Wembanyama, les timings préférés de San Antonio, les enchaînements que les Spurs utilisent pour le libérer et les moments où il aime prendre le contrôle. Il ne va pas transformer à lui seul le plan défensif des Knicks, mais il peut aider à affiner des lectures, à anticiper certaines séquences et à préparer des ajustements.

Être physique sans tomber dans le piège

La question, pour New York, sera de trouver le bon dosage. Être physique avec Wembanyama est une évidence. Lui donner toujours le même défenseur, le même angle et le même type de couverture serait probablement une erreur. Les Knicks ont les armes pour varier : de la taille, de la mobilité, des défenseurs costauds sur les ailes, et assez de profondeur intérieure pour lui faire sentir une présence sur chaque possession.

Mais il y a un piège. Trop vouloir bousculer Wembanyama peut aussi l’envoyer sur la ligne, provoquer des fautes rapides ou créer des espaces pour les autres Spurs. San Antonio a grandi autour de lui, mais aussi avec lui. Si la défense se crispe trop sur le Français, les Texans ont désormais assez de menaces pour punir les aides excessives.

Sochan pointe quand même un levier intéressant : la fatigue. Wembanyama est un joueur hors norme, mais il reste un joueur de 2,24 m qui porte une charge immense des deux côtés du terrain. Il protège le cercle, dirige une partie de l’attaque, attire les prises à deux, court le terrain et doit parfois sauver des possessions mal engagées. Le pousser à répéter ces efforts, encore et encore, peut être l’un des rares moyens de réduire son impact dans les fins de quart-temps.

Le plus grand défi des Knicks

Le plan semble logique sur le papier. Encore faut-il l’appliquer pendant 48 minutes, puis le refaire deux jours plus tard, puis encore après. C’est là que Wembanyama rend les choses si compliquées. Même fatigué, il peut changer un match sur deux possessions : un contre, une claquette, un tir à 3 points au-dessus d’un défenseur, une passe sortie de prise à deux.

Les Knicks savent qu’ils n’auront probablement pas de solution miracle. Ils peuvent seulement accumuler les petites contraintes et espérer que, mises bout à bout, elles finissent par peser. Jeremy Sochan, lui, leur a donné une piste venue de l’intérieur : ne pas laisser Wembanyama respirer, varier les défenses, le faire courir et le forcer à puiser dans ses réserves.

Reste à savoir si cela suffira. Car face à un joueur comme Victor Wembanyama, connaître la théorie est une chose. La faire vivre sur le parquet en est une autre.