Joan Beringer, le « p’tit Frenchy » qui grimpe en NBA

En quelques minutes sur le parquet, Joan Beringer continue de gagner du crédit à Minnesota. Un rôle clair, un coach convaincu et une trajectoire qui s’accélère.

Il y a des soirs où la meilleure pub pour un jeune, ce n’est pas une ligne de stats flashy. C’est un détail. Un passage éclair. Une présence qui ne ment pas. Et, dans la large victoire de Minnesota face à Miami (122-94), Joan Beringer a encore eu droit à ce genre de moment.

Cinq minutes sur le parquet, ce n’est rien sur une feuille de match. Pourtant, cinq minutes peuvent suffire à rappeler pourquoi un staff s’accroche à un profil, pourquoi un vestiaire le protège, pourquoi le joueur lui-même continue de gagner du terrain, doucement, sans faire de bruit. Beringer n’a pas eu besoin d’un quart-temps entier pour exister : 6 points, 2 rebonds, du concret, tout de suite. Shaï et Antoine ont décidé de mettre l'accent dessus dans le CQFR. Debrief.

Des minutes rares, mais une impression claire

Dans le CQFR, l’idée revient comme un refrain : Joan Beringer est le genre de joueur qui peut être utile quel que soit le temps de jeu. Parce que son impact n’est pas censé passer par des dribbles ou des systèmes dessinés pour lui. Il y a une promesse simple dans ce type de pivot : protéger le cercle, courir, finir près du panier, gratter un rebond qui pique. Et au passage, rappeler à l’adversaire que le match ne sera pas un scrimmage.

Ce n’est pas le joueur le plus sexy du roster, ni le plus médiatisé. Mais il coche déjà une case essentielle : on comprend immédiatement à quoi il sert. Dans une NBA où beaucoup de prospects arrivent avec des skills partiels et une identité floue, lui présente l’inverse. Son rôle minimal est lisible, presque évident.

Quand on lui donne deux possessions, il ne cherche pas à "faire son match". Il fait ce qu’il sait faire. Il prend un rebond offensif, il marque un panier facile, il met une présence dans la raquette. À 19 ans, c’est déjà une forme de maturité.

Chris Finch l’a dit : "c’est excitant" et c’est exactement ce qu’on veut

Chris Finch a parlé du rookie après le match. Le coach des Wolves ne s’emballe pas pour rien, et ses mots sont très directs : ce que fait Beringer en ce moment est "super excitant", et le voir être impactant sur les quelques minutes qu’on lui donne, c’est exactement ce que l’équipe recherche. Finch ajoute même une formule qui résume l’état d’esprit : il fait ses devoirs, et il a de bonnes notes.

Ce n’est pas un compliment marketing, c’est un compliment de rotation. Celui qui dit : "tu peux entrer, tu peux faire le job, tu ne mets pas le collectif en danger." Pour un rookie ou un jeune projet, c’est une étape énorme.

Et ça explique aussi pourquoi Minnesota peut se permettre de lui donner ces bouts de match : le staff voit quelque chose au quotidien. Pas seulement le potentiel. La fiabilité.

 

Un profil NBA déjà acté

Dans le CQFR, il y a une phrase qui résume bien le dossier : Beringer a un vrai profil NBA. En clair, même si sa progression technique ne faisait pas un bond spectaculaire, il y a déjà un chemin tout tracé vers un rôle de pivot remplaçant, rim runner, protecteur de cercle. Un backup qui joue du pick-and-roll, court en transition, vit sur les choses simples, et stabilise une deuxième unité.

Comme le souligne Antoine, selon sa production dans ce rôle, il peut même viser plus. Titulaire ? Peut-être, un jour, si tout s’aligne. Mais le point important est ailleurs : on sait déjà ce qu’il peut apporter "au minimum". C’est ce minimum qui fait durer des carrières.

La suite dépendra de ce qu’il ajoute à son package. Est-ce qu’il peut développer du jeu de passe ? Un tir ? Une lecture plus rapide sur short roll ? Est-ce qu’il peut gagner en discipline sur les fautes, en placement, en timing ? Toutes ces briques-là feront la différence entre rotation solide et vrai joueur qui compte.

Rudy Gobert comme mentor, et un contexte parfait

L’autre élément qui saute aux yeux, c’est le contexte. Minnesota a Rudy Gobert, et c’est évidemment un luxe pour un jeune pivot français. Même poste, même obsession défensive, même culture du détail. L’idée est claire pour nos deux journalistes : avec Rudy en mentor, c’est cool pour Beringer. Traduction : il apprend dans un environnement où la protection de cercle n’est pas une option, mais une religion.

Et ça tombe bien, parce que Rudy est justement sur une période où il redevient central. Contre Miami, Gobert signe 13 points à 5/5, 16 rebonds, 2 contres. On en parlait déjà hier, il est en train de faire une vraie campagne, avec un retour très sérieux dans la discussion pour le titre de Défenseur de l’année. Les Wolves, eux, continuent d’être une équipe très solide, pas forcément la plus agréable à regarder, mais physique, dense et capable d’étouffer.

Dans un tel décor, Beringer peut progresser sans être exposé trop vite. Il n’a pas besoin de jouer 18 minutes tous les soirs. Il a besoin de comprendre les exigences, d’absorber les réflexes, et de convertir ses rares minutes en preuves.

Joan Beringer brille et domine pour son premier match NBA

Le détail qui raconte le joueur : une progression obsessionnelle

Dans le CQFR, on revient également sur sa formation. Beringer est jeune, et il a commencé tard. On parle d’un joueur qui a débuté le basket en 2021, du côté de Strasbourg. Avant ça, il faisait autre chose, il jouait au foot. Mais, à un moment, quand tu fais 2m11, c’est plus compliqué de rester latéral droit.

Ce qui frappe surtout, c’est l’attitude : il avait du retard technique, et il en avait conscience. Et surtout, il était constamment demandeur pour travailler. Pas un "oui coach" automatique. Un besoin personnel. Jeune, il venait bosser techniquement entre les cours, il prenait 45 minutes pour aller à la salle au lieu de manger tranquillement, puis il retournait en classe. Cette démarche ne venait pas du staff ou des formateurs, elle venait de lui.

Ça, c’est souvent le marqueur le plus fiable chez un joueur en développement. Le talent aide, bien sûr. La taille aussi. Mais l’obsession du progrès, quand elle est intérieure, fait gagner du temps. Et dans le cas de Beringer, le temps est déjà un sujet : il n’a que 19 ans, et il joue au basket depuis quatre ans. Autrement dit, sa marge est immense.

Pourquoi ça "monte" maintenant

Quand on additionne tout, on comprend le mouvement. Beringer ne grimpe pas parce qu’il a mis 20 points sur deux matchs. Il grimpe parce qu’il est en train de valider les petites étapes qui donnent confiance à un coach NBA : être utile en peu de minutes, ne pas sortir du rôle, être fiable dans les fondamentaux, et montrer au quotidien une obsession du travail.

Le CQFR ne vend pas un futur All-Star. Il raconte un joueur qui, déjà, a une place possible dans la ligue. Et ça, pour un jeune Français arrivé tard sur le basket, c’est énorme.

La suite, on la verra dans les prochains mois. Peut-être qu’il aura un match où il jouera 12 minutes, puis 15, puis une vraie fenêtre. Peut-être que ça restera des apparitions courtes cette saison. Mais le signal est là : Minnesota regarde Beringer comme un projet sérieux, utile, et surtout cohérent avec l’identité de l’équipe.

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