La troublante ressemblance entre Jaylen Brown et… Carmelo Anthony

La saison 2025-26 de Jaylen Brown présente d’étranges similitudes avec celle de Carmelo Anthony en 2013, entre scoring, usage énorme et débats sur sa vraie valeur.

La troublante ressemblance entre Jaylen Brown et… Carmelo Anthony

Depuis le trade qui a envoyé Jaylen Brown à Philadelphie, les comparaisons partent un peu dans tous les sens. Certaines sont flatteuses, d’autres beaucoup moins. L’une d’elles, assez virale ces derniers jours, le présente comme un Rudy Gay avec une meilleure communication. Pas franchement le genre de parallèle que l’intéressé encadrerait dans son salon.

Mais l’équipe de No Dunks a proposé une autre lecture, beaucoup plus intéressante : et si le vrai miroir de Jaylen Brown 2026 était plutôt Carmelo Anthony version 2013 avec les Knicks ?

Dit comme ça, la comparaison peut surprendre. Mais plus on déroule, plus elle devient troublante.

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Les chiffres qui se répondent presque trop bien

La première ressemblance saute aux yeux : lors de sa meilleure saison individuelle à Boston, Brown a tourné à 28,7 points, 6,9 rebonds et 5,1 passes de moyenne. En 2012-13, Carmelo Anthony avait lui aussi terminé à 28,7 points et 6,9 rebonds par match avec New York.

Les deux ont été All-Stars. Les deux ont été élus dans la All-NBA Second Team. Melo avait fini troisième du vote pour le MVP en 2013, derrière LeBron James et Kevin Durant. Brown, lui, a terminé sixième en 2026, après avoir porté Boston pendant une grande partie de la saison en l’absence de Jayson Tatum.

Même le contexte collectif se ressemble. Melo avait hérité d’un rôle offensif massif chez les Knicks, notamment parce qu’Amar’e Stoudemire avait manqué une grande partie de la saison. Brown a connu un scénario proche à Boston, avec Tatum longtemps absent après sa rupture du tendon d’Achille.

Résultat : une utilisation énorme pour les deux hommes. Melo avait terminé avec un usage de 35,6% en 2012-13. Brown, lui, était monté encore plus haut, à 36,2%, deuxième total de la ligue derrière Luka Doncic.

Deux saisons brillantes, deux fins frustrantes

Il y a aussi un parallèle dans la trajectoire des équipes. Les Knicks de 2013 avaient gagné 54 matches, portés par une attaque moderne pour l’époque, très tournée vers le tir à trois points et relativement propre dans la gestion du ballon. Les Celtics de Brown ont gagné 56 matches avec, là aussi, une attaque parmi les meilleures de NBA, beaucoup de volume extérieur et peu de pertes de balle.

Et puis il y a la chute. New York avait fini par tomber au deuxième tour contre Indiana, une équipe où Paul George prenait déjà de plus en plus de place. Melo avait souffert dans cette série, entre inefficacité et pertes de balle.

Boston, de son côté, a été sorti dès le premier tour par Philadelphie, également en sept matches, avec Paul George dans le camp d’en face. Brown a beaucoup produit, mais ses 25 pertes de balle sur la série ont nourri tous les débats déjà existants sur ses limites balle en main, sa lecture du jeu et son vrai statut dans la hiérarchie NBA.

Le vrai point commun : le débat autour de leur valeur

La comparaison ne fonctionne évidemment pas partout. Jaylen Brown est un défenseur bien supérieur à ce qu’a pu être Carmelo Anthony. Il a aussi déjà gagné un titre NBA, un trophée de MVP des Finales et a longtemps accepté de partager la lumière avec Tatum. Melo, lui, était un pur franchise player offensif, un scoreur d’élite autour duquel tout tournait.

Mais le vrai parallèle n’est peut-être pas technique. Il est narratif.

En 2013, Carmelo Anthony divisait déjà. Était-il un top 5 ? Un top 10 ? Un simple scoreur surcoté ? Un joueur capable de porter une équipe au titre ou seulement de remplir une feuille de stats ? Les débats étaient moins bruyants qu’aujourd’hui, mais ils existaient déjà.

Treize ans plus tard, Jaylen Brown se retrouve enfermé dans une discussion assez proche. Tout le monde reconnaît son talent. Mais dès qu’il s’agit de le placer précisément dans la hiérarchie, les avis explosent. Trop cher ? Sous-estimé ? Surcoté par son palmarès ? Rabaissé par les analytics ? Capable d’être une première option durable dans une équipe candidate au titre ?

C’est peut-être là que la ressemblance devient la plus intéressante. Pas dans le style pur, pas dans le palmarès, pas même dans le profil défensif. Mais dans cette zone grise où un immense scoreur, au sommet de sa production individuelle, devient presque plus difficile à évaluer qu’un joueur moins talentueux.

En ce sens, Jaylen Brown 2026 n’est pas le nouveau Carmelo Anthony. Mais il vit peut-être, à sa manière, le même genre de procès public que Melo en 2013 : celui d’un joueur trop fort pour être dénigré sérieusement, mais trop imparfait pour échapper aux débats sans fin.