Le bouleversant hommage de Jarron Collins à son frère Jason aux ESPYS

Après le décès de Jason Collins à 47 ans, son frère Jarron lui a rendu un hommage bouleversant aux ESPYS, célébrant son courage et son héritage.

Le bouleversant hommage de Jarron Collins à son frère Jason aux ESPYS

Jarron Collins aurait évidemment préféré ne jamais avoir à monter sur cette scène sans son frère jumeau. Mercredi soir, lors de la cérémonie des ESPY Awards à New York, l’ancien joueur et assistant-coach NBA a reçu au nom de Jason Collins l’Arthur Ashe Award for Courage, remis à titre posthume. Une récompense qui distingue les personnalités dont le courage et les engagements ont dépassé le cadre du sport.

Jason Collins est décédé le 12 mai dernier, à seulement 47 ans, après avoir combattu pendant huit mois un glioblastome de stade 4. Deux mois après sa disparition, son mari Brunson Green assistait à la cérémonie depuis la salle lorsque Jarron s’est avancé pour prononcer un discours aussi sobre que poignant.

« Mon frère me manque. J’aurais aimé qu’il soit ici pour recevoir ce prix », a commencé Jarron Collins, avant d’expliquer combien il était malgré tout honoré de pouvoir représenter Jason.

Le courage de vivre sans se cacher

Jarron a remercié les proches de Jason, son mari, ses anciens coéquipiers, ses coaches et toutes les personnes qui l’ont accompagné aussi bien après son coming out que pendant sa maladie. Il a également rappelé l’admiration de son frère pour Arthur Ashe, autre sportif devenu une figure majeure bien au-delà de ses performances.

Durant les derniers mois de sa vie, Jarron a souvent répété à son jumeau qu’il était l’homme le plus courageux et le plus fort qu’il ait jamais connu. Sur la scène des ESPYS, il a décrit un homme qui a traversé sa vie avec authenticité, grâce, force et joie, tout en devenant une source d’inspiration pour des personnes qu’il ne rencontrerait probablement jamais.

L’histoire de Jason Collins a effectivement dépassé depuis longtemps celle d’un simple intérieur NBA. Le 29 avril 2013, alors qu’il venait de terminer la saison avec les Washington Wizards et se trouvait sans contrat, il a publié dans Sports Illustrated un texte qui a changé l’histoire du sport américain.

« Je suis un pivot NBA de 34 ans. Je suis noir. Et je suis gay », avait-il écrit dès les premières lignes.

Collins est ainsi devenu le premier sportif masculin encore en activité dans l’une des quatre grandes ligues professionnelles nord-américaines à annoncer publiquement son homosexualité. Il n’avait pas pris sa retraite et affirmait clairement sa volonté de poursuivre sa carrière. Quelques mois plus tard, Brooklyn lui a offert un contrat. En février 2014, il est devenu le premier joueur ouvertement gay à participer à une rencontre de NBA, et plus largement à jouer dans l’une des quatre grandes ligues américaines. Il a disputé 22 matches avec les Nets avant d’annoncer sa retraite en novembre de la même année.

Un rôle player devenu un symbole

Avant de devenir un pionnier, Jason Collins a construit une carrière NBA longue de treize saisons. Formé à Stanford aux côtés de Jarron, il a été sélectionné en 18e position de la Draft 2001 par Houston, puis immédiatement transféré aux New Jersey Nets.

Intérieur rugueux et joueur de devoir, il a participé aux deux Finales NBA disputées par les Nets en 2002 et 2003. Il a ensuite porté les couleurs de Memphis, Minnesota, Atlanta, Boston et Washington, avant de terminer sa carrière à Brooklyn. Ses moyennes de 3,6 points et 3,7 rebonds ne disent pas grand-chose de son utilité : Jason Collins était apprécié pour sa défense, sa dureté, son intelligence et son professionnalisme.

Son numéro 98 racontait déjà une partie de son engagement. Il l’avait choisi en mémoire de Matthew Shepard, étudiant gay torturé et assassiné en 1998 dans le Wyoming. Après sa retraite, Collins a poursuivi son travail en faveur de l’inclusion, notamment dans son rôle d’ambassadeur NBA Cares.

« Ce n’est que le début »

En décembre 2025, Jason Collins avait choisi de rendre public son diagnostic. Comme lors de son coming out douze ans plus tôt, il voulait raconter lui-même son histoire. Il avait détaillé la violence de la maladie et les traitements qu’il suivait, avec l’espoir que son témoignage puisse servir à d’autres malades et à leurs familles.

Cette volonté d’utiliser sa propre épreuve pour aider les autres a occupé une place centrale dans le discours de Jarron.

« Ce soir ne marque pas la fin de l’héritage de mon frère. Ce n’est que le début », a-t-il promis. Selon lui, de nombreuses personnes ont encore besoin d’entendre l’histoire de Jason et il appartient désormais à ses proches de continuer à la raconter.

Jarron a enfin raconté que les deux jumeaux avaient souvent été confondus durant leur jeunesse. Une anecdote autrefois amusante, mais qui possède désormais une signification bien plus douloureuse pour celui qui reste.

« Je n’ai jamais été aussi fier de Jason qu’à cet instant », a-t-il conclu en serrant le trophée contre lui.

Jason Collins n’a jamais été une superstar de la NBA. Il est pourtant devenu l’un des joueurs les plus importants de son époque. Non pour ses statistiques ou son palmarès, mais parce qu’en décidant de ne plus se cacher, il a ouvert une porte que personne avant lui n’avait osé franchir. Treize ans après son coming out et deux mois après sa mort, son frère a promis de veiller à ce qu’elle ne se referme jamais.

Décès de Jason Collins à l'âge de 47 ans

Merci pour cet article Shaï
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