LeBron James n’aura pas son « Heat Game »

Gêné par la chaleur et victime de crampes, LeBron James n'a pas pu tenir son rang en fin de match. Il est passé à côté d'une occasion de s'inscrire un peu plus dans la légende.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Beat the Heat… les San Antonio Spurs ont pris le slogan très au sérieux. Cette nuit, il fallait non seulement vaincre l’adversaire sur le parquet mais aussi triompher de la chaleur étouffante de l’AT&T Center. En raison d’un problème de climatisation, les deux équipes se sont affrontées dans une ambiance torride. La formation la plus à même de résister à la température de la salle prenait une sérieuse option sur la rencontre. Evidemment, tous les joueurs ont été affectés par la panne et l’absence de courant d’air dans l’arène est l’un des sujets brûlants du jour. On a pu voir les fans suffoquer et les joueurs d’hydrater en permanence. Le D.J. chargé de mettre l’ambiance dans l’enceinte a fait preuve d’un certain sens de l’humour en balançant le son de Nelly « It’s getting hot in here » alors que LeBron James venait de demander à sortir, gêné par la chaleur. LeBron, justement. Aucun autre joueur n’a paru aussi contrarié par les conditions que la superstar du Miami… Heat. Il faut dire qu’il lui est demandé une dépense d’énergie supérieure à celle de tous les autres acteurs sur le parquet à chaque match. Il doit défendre, créer du jeu, marquer des points. Et ce pendant 40, 45 minutes selon les rencontres. On lui demande d’être le meilleur joueur du monde ni plus, ni moins. Malgré tout, les conditions de jeu étaient les mêmes pour tout le monde, comme le rappelle Rod Thorn, un haut responsable de la NBA. Chaque joueur a dû faire avec.
[superquote pos="d"]"Les conditions ont eu un impact sur le match" Tim Duncan[/superquote]« Les conditions ont eu un impact sur le jeu, c’est évident », reconnait Tim Duncan. « Je ne sais pas ce qui s’est passé avec LeBron mais nous avons tous dû faire face à la chaleur. Nous étions tous déshydratés. »   « Cela ne m’a pas dérangé. Il faisait extrêmement chaud lorsque je jouais à Cameron Indoor (la salle de Duke – NDLR) et c’était un avantage précieux. Il n’y avait pas de climatisation », raconte Shane Battier.   « Il n’y a pas la climatisation en Europe, donc ça ne m’a pas gêné », ajoute Tony Parker.   « Tout le monde était fatigué. » Danny Green.   « Si vous jouez au basket, vous jouez même lorsqu’il fait chaud comme ça. Je pense que nous l’avons tous déjà fait avant », note Dwyane Wade.
Tous les joueurs semblent s’accorder sur le fait que la chaleur a eu un impact sur le match mais qu’elle n’a pas empêché quiconque de tenir son rang… alors pourquoi LeBron ? Il a d’abord demandé à sortir une première fois, gêné par la chaleur. Puis une deuxième fois en plein quatrième QT, le money time. Le genre de moment où il est susceptible d’écrire sa légende. Le genre de moment où le Miami Heat a le plus besoin de lui. Revenu quelques minutes plus tard sur le parquet, il a souffert de crampes et a été contraint de suivre la suite de la rencontre depuis le banc, grimaçant et gesticulant de douleurs.
« Personne n’aurait pu jouer avec des crampes, pas même Michael Jordan », remarque Isiah Thomas.
LeBron avait-il vraiment mal ? Oui, cela semble évident. N’en faisait-il pas « un peu trop » ? Certainement. Mais c’est une réaction humaine. On a parfois tendance à exprimer de façon assez soutenue la douleur par des expressions faciales. La douleur est présente et le corps l’exprime de cette manière. Qui n’a jamais grimacé – parfois involontairement – après s’être foulé la cheville sur une action ? Bref, la star du Heat avait sans doute vraiment mal. Et il n’a pas pu tenir son rang.
« Je ne pouvais pas bouger. C’était toute la jambe gauche… J’ai essayé mais j’avais des crampes. C’est frustrant et ça m’a mis en colère. C’était frustrant de ne pas pouvoir aider l’équipe. »
[youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=f7JRoCQ_Zrg[/youtube] [youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=5HHxkTHjBZo[/youtube] Personne ne pouvait prévoir de telles conditions même s’il n’en fallait évidemment pas plus pour que certains crient à la théorie du complot envers Miami et à une manœuvre de Gregg Popovich pour perturber ses adversaires. Il n’empêche, ces conditions auraient pu jouer en faveur de LeBron James. En faveur de son histoire, de sa légende. Comme un lecteur le faisait remarquer ce matin, il aurait pu avoir là son « Heat Game » comme Michael Jordan a eu son « Flu-Game » avant lui. James, domptant la chaleur et les Spurs et menant le Heat vers la victoire. L’histoire était toute tracée. Mais les joueurs de Gregg Popovich ont simplement été plus forts. Contrairement à Miami, Tony Parker et les autres cadres peuvent s’appuyer sur leur role player pour faire la différence. ‘Pop’ a fait tourner son effectif. Ses joueurs majeurs, bien que plus âgés, ont pu bénéficier de temps de repos pour se remettre d’aplomb. Le Heat ne peut pas vraiment se le permettre. Ce n’est pas un pique envers le banc des Floridiens. Norris Cole, Chris Andersen, Ray Allen ou Mario Chalmers sont tous de bons joueurs. Chris Bosh et Dwyane Wade sont des stars NBA. Mais on oublie trop souvent à quel point leur vie est facilitée avec LeBron James sur le parquet. Sans lui, il leur est beaucoup plus difficile de créer du jeu et de trouver des tirs ouverts. James est le visage de Miami. Le meilleur joueur et le héros du Heat. Mais les conditions ont eu raison de lui hier soir… Maintenant, c’est à son tour de battre la chaleur. Beat the heat.
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