Washington Wizards : Alexandre Sarr va changer de rôle
Tout le monde ne peut pas avoir la même part du gâteau. Surtout quand deux (et même trois) gros mangeurs de plus s’invitent à table. Les Wizards ont commencé à construire autour d’Alexandre Sarr depuis deux ans, tout en sachant que le Français ne deviendrait probablement pas leur prochain franchise player. Il avait tout de même passé un cap intéressant en attaque l’an passé. Moment choisi par l’organisation pour tenter deux paris coup sur coup en faisant venir Trae Young puis Anthony Davis pour des contreparties plutôt honnêtes vu le pedigree des deux joueurs. Quelques mois après, Washington mettait la main sur le premier choix de la draft et sélectionnait AJ Dybantsa.
Le jeune phénomène n’a même pas encore disputé la moindre minute en NBA que Sarr paraît déjà en partie relégué dans la hiérarchie de l’équipe. D’abord parce qu’il se remet doucement d’une opération du pied réalisée pendant l’intersaison. Bien sûr qu’il va devoir retrouver des sensations et il n’y a pas de raisons de s’alarmer pour le pivot de 21 ans, dont les limites sont pour l’instant limitées à une vingtaine par soir.
La saison est encore longue et Sarr va reprendre le rythme. Mais pour l’instant, son rôle consiste surtout à compléter les pièces autour plutôt que l’inverse. Rien d’illogique cela dit. Davis est évidemment un basketteur plus accompli. Leur association dans la raquette nous inquiétait quant au rôle du tricolore et les premiers matches ne nous rassurent pas. Le deuxième choix de la draft 2024 tente moins de 7 tirs en moyenne et il est le septième meilleur marqueur de son équipe avec 7,7 points par match contre 16,3 la saison dernière.
La baisse drastique de son temps de jeu lié aux précautions prises par le staff n’explique pas tout. Alexandre Sarr prenait 23 tirs sur 100 possessions l’an passé. Dont 5 trois-points seulement, le signe d’une volonté d’évoluer plus près du cercle pour gagner en efficacité. Il est descendu à moins de 12 (sur 100 possessions) sur cette première semaine de compétition. Avec encore 3,6 pris derrière l’arc. Il est donc à nouveau invité à s’écarter et à rester en périphérie. Sans que ce soit son vrai point fort.
Sarr reste évidemment un joueur utile qui va monter en puissance. Et, en étant réaliste, il n’aspire probablement pas à devenir un All-Star au sens « offensif » du terme. Il est normal que les ambitions nouvelles des Wizards l’oblige à retrouver un registre large mais sans être le cœur du projet.
Golden State Warriors : Toute la saison sera tournée autour de Yaxel Lendeborg
On ne savait pas trop où situer ces Warriors avant le coup d’envoi de la saison. Les quatre premiers matches ont suffi à nous faire comprendre que cette équipe serait déjà « heureuse » si elle jouait le play-in. Et ce malgré une Conférence Ouest très ouverte au-delà de la sixième place. L’effectif est profond tout en étant léger. Surtout maintenant que Kristaps Porzingis reste à l’écart du groupe et ne jouera plus à Golden State, peut-être plus du tout.
Avec la prolongation de contrat de Stephen Curry, la convalescence de Jimmy Butler et la masse disponible sous le Cap l’été prochain, cette saison ressemble finalement à une année de transition pour les Dubs. Ils vont faire de leur mieux en attendant de pouvoir frapper fort pendant l’intersaison et se montrer plus ambitieux en 2027-2028. Mais il y a tout de même une raison de s’enthousiasmer et de suivre cette équipe. Parce qu’elle va surtout tourner autour de Yaxel Lendeborg pendant les prochains mois. Et ça se voit déjà au bout de quatre matches.
Il est déjà prêt. Encore heureux à 24 ans diront certains. Le rookie montre qu’il est clairement au niveau, comme en témoigne encore ses 31 points lors du match de lundi soir contre les Nuggets (la première victoire des Warriors en quatre rencontres). Il pointe pour l’instant à 21,8 points, 45% aux tirs, 9,3 rebonds et 4,8 passes. Des statistiques dignes d’un vainqueur du Rookie Of The Year s’il parvient à maintenir un tel rendement. Ce sera peut-être justement le seul objectif dans la Bay.
Houston Rockets : Ils doivent être pris au sérieux
Une semaine de compétition nous ont suffi pour revoir légèrement notre position sur les Rockets. On savait qu’ils seraient bons, on ne se doutait pas que ce serait possiblement à ce point. Les playoffs serviront évidemment de juges de paix et il ne vaudrait mieux pas non plus les basculer dans la catégorie des favoris au titre. Mais attention à Houston. La formation texane a de gros arguments pour finir dans le top-3 de la Conférence Ouest. Voire… tout en haut.
Toujours aussi physiques, les joueurs d’Ime Udoka ont gagné en profondeur avec les retours de Fred VanVleet et Steven Adams mais aussi les arrivées de Marcus Smart, tellement précieux, et de Bogdan Bogdanovic. Les statistiques ne le montrent pas mais Reed Sheppard est de plus en plus à l’aise. Amen Thompson progresse aussi. Jabari Smith et Tari Eason sont des basketteurs confirmés capables de contribuer des deux côtés du terrain tous les soirs. Kevin Durant est Kevin Freaking Durant.
Puis il y a Alperen Sengun. Le Turc est revenu en pleine forme et ça se sent. Victor Wembanyama, pourtant le DPOY par défaut pendant dix ans, n’a rien pu faire face à la puissance et la robustesse du pivot des Rockets lors de leur dernier duel. Sengun tourne pour l’instant à plus de 24 points, 9 rebonds et 7 passes de moyenne dans une équipe toujours invaincue.
Miami Heat : Il faut absolument un trade
C’est vraiment la déception de ce début de saison. Le Heat est à côté de la plaque. Alors oui, on savait que l’effectif était déséquilibré. Qu’un trade d’ajustement nécessaire. Mais là, il ne s’agit plus seulement d’une hypothèse. Sans un transfert, Miami pourrait carrément finir au-delà du top-8 dans cette Conférence Est où personne ne se fait aucun cadeau.
Les Floridiens ont perdu leurs quatre premiers matches malgré un Giannis Antetokounmpo dantesque sur le plan statistiques. Ses nouveaux camarades insistaient sur le bonheur de jouer avec lui. Mais en réalité, ils peinent vraiment à trouver leurs marques. Le style du Grec ne colle pas tout à fait au basket pratiqué par Miami l’an passé. Erik Spoelstra invitait ses hommes à multiplier les drives et les coupes pour maintenir un flow permanent sans poser d’écrans ou presque. Là, tout est déréglé.
Et certains joueurs ne sont pas du tout au niveau. En commençant par Bam Adebayo, qui tourne à 11,8 points, 40% aux tirs et 16% derrière l’arc depuis le début de la saison. Ou encore Klay Thompson, 32% de réussite en quatre matches (33% à trois-points) et constamment ciblé en défense. Et que dire d’Andrew Wiggins et ses 8,8 points à 40% ? La faillite est collective et individuelle. Pat Riley et les dirigeants vont devoir retourner au boulot de suite pour reformater une partie du roster en cours de saison.
Oklahoma City Thunder : Le titre c’est… mort ?
C’est l’un des enseignements tristes de ce début de saison. En une semaine, le Thunder, l’un des trois grands favoris, a perdu Jalen Williams et Cason Wallace pour plusieurs mois. Probablement pour la saison. L’équipe reste redoutable autour de Shai Gilgeous-Alexander mais de-là à aller gagner quatre séries de playoffs… foutues blessures.
