Les Knicks sont-ils redevenus trop « Brunsoncentriques » ?

Brunson a encore porté l'attaque de New York. Mais si c'était justement le problème ? Le Game 3 a ravivé un débat que beaucoup pensaient définitivement enterré.

Les Knicks sont-ils redevenus trop « Brunsoncentriques » ?

Pendant une bonne partie de ces playoffs, les Knicks ont semblé résoudre une équation qui accompagne souvent les équipes construites autour d'un créateur dominant. Jalen Brunson restait la star, le leader et le premier recours offensif, mais New York ne dépendait plus exclusivement de lui. Le ballon circulait, Karl-Anthony Towns était régulièrement impliqué, Mikal Bridges apportait son activité des deux côtés du terrain, OG Anunoby profitait des espaces et Josh Hart contribuait à presque tout.

Le Game 3 des Finales NBA a pourtant laissé apparaître un vieux débat. Les Knicks sont-ils en train de redevenir trop dépendants de leur meneur ? La question mérite d'être posée après une défaite 115-111 face aux Spurs qui a relancé la série. Notre trio d'experts s'y est attaqué ce matin dans le CQFR. Debrief.

Le meilleur match de Brunson... et pourtant

Paradoxalement, le constat intervient alors que Jalen Brunson a probablement signé son meilleur match de ces Finales. Le meneur a terminé avec 32 points à 11 sur 25 au tir. Il a encore multiplié les paniers difficiles, assumé les responsabilités dans les moments chauds et porté l'attaque new-yorkaise lorsque celle-ci commençait à s'enrayer. Comme souvent, il a donné l'impression de pouvoir maintenir son équipe à flot quasiment à lui seul.

Mais c'est justement là que se situe le cœur du problème. Au fil du match, les possessions où Brunson a monopolisé le ballon se sont multipliées. Les isolations ont été plus nombreuses. Les longues séquences de dribbles dans la raquette ont progressivement remplacé une partie du mouvement collectif qui avait fait la force des Knicks depuis le début de leur parcours en playoffs.

Le résultat n'a pas été catastrophique. New York est resté au contact jusqu'aux dernières secondes. Pourtant, l'impression laissée par l'attaque était différente de celle des deux premiers tours.

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Quand Towns disparaît, tout change

Le symbole le plus frappant concerne probablement Karl-Anthony Towns. Le pivot n'a pas réalisé un mauvais match. Il a même eu plusieurs séquences positives. Pourtant, son influence offensive a été largement réduite par rapport aux rencontres précédentes.

Il a beaucoup moins touché le ballon. Il a moins attaqué. Il a moins créé. Il termine notamment avec une seule passe décisive, un chiffre révélateur pour un joueur devenu l'un des points d'ancrage offensifs de New York pendant ces playoffs.

San Antonio a clairement modifié certaines priorités défensives. Victor Wembanyama a notamment commencé la rencontre sur Josh Hart plutôt que sur Towns, ce qui a permis aux Spurs de défendre différemment certaines actions et de couper davantage les connexions vers l'intérieur.

Le résultat est simple : quand Towns est moins impliqué, davantage de possessions finissent naturellement entre les mains de Brunson. Et plus Brunson monopolise le ballon, plus les Knicks deviennent prévisibles.

Les Spurs ont les armes pour vivre avec ce scénario

C'est d'ailleurs ce qui rend la situation particulièrement intéressante pour la suite de la série. Toutes les équipes ne sont pas capables de survivre face à une avalanche d'isolations de Brunson. San Antonio, en revanche, possède plusieurs profils capables de lui compliquer la vie.

Stephon Castle, Dylan Harper, De'Aaron Fox et même certaines aides orchestrées par Wembanyama permettent aux Spurs de multiplier les défenseurs et les couvertures. Brunson continue de produire. Mais chaque panier lui coûte énormément d'énergie.

Les Knicks viennent-ils de réveiller Wembanyama ?

Le meneur a d'ailleurs subi de nombreux impacts physiques tout au long de la rencontre. Sa robustesse impressionne toujours autant, mais les Spurs semblent avoir accepté une réalité : ils ne l'arrêteront probablement jamais complètement. En revanche, ils peuvent rendre chacune de ses possessions plus difficile. Et lorsque l'attaque new-yorkaise repose trop fortement sur lui, cet effort finit par peser sur l'ensemble du collectif.

La meilleure version des Knicks est-elle ailleurs ?

Le paradoxe du Game 3 est là. Brunson a été excellent. Anunoby a réalisé une très grosse prestation. Josh Hart a encore trouvé des solutions. Et malgré tout, quelque chose semblait manquer.

Les meilleures séquences offensives des Knicks depuis le début des playoffs ont presque toujours reposé sur autre chose que le simple talent de leur meneur. Elles venaient d'une circulation rapide du ballon, d'une implication collective permanente et d'une attaque où plusieurs joueurs représentaient simultanément une menace.

Cette formule n'a pas totalement disparu dans le Game 3. New York a encore montré par séquences à quel point son jeu collectif pouvait être redoutable. Mais ces moments ont été moins nombreux.

À l'approche du Game 4, la question n'est donc peut-être pas de savoir comment obtenir un plus grand match de Brunson. Il vient déjà d'en produire un très bon. La vraie interrogation concerne plutôt la manière de redonner davantage de responsabilités à Towns, de remettre Bridges au centre du jeu et de retrouver cette attaque collective qui avait rendu les Knicks presque irrésistibles pendant leur série de treize victoires consécutives.

Parce qu'à ce niveau des Finales NBA, même un immense Jalen Brunson ne peut pas tout faire seul.

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