Las Vegas a déjà ses casinos, ses shows, ses Golden Knights, ses Raiders, ses Aces et bientôt les Athletics. Il ne lui manque plus qu’une franchise NBA pour boucler son virage spectaculaire vers le statut de capitale sportive américaine. Et un nouveau candidat vient de se placer très sérieusement sur la ligne de départ : les Las Vegas Jacks.
Le nom est encore neuf, sorti d’un brainstorming très local, mais le projet, lui, est loin d’être anecdotique. Le groupe mené par Jerry Colangelo, membre du Hall of Fame, ancien dirigeant emblématique des Phoenix Suns et figure majeure de Team USA, a officiellement dévoilé son intention de décrocher une future franchise d’expansion à Las Vegas.
À ses côtés, on retrouve notamment Vinny Del Negro, ancien joueur et coach NBA, David Levy, ancien président de Turner Sports, Jay Williams, ancien numéro 2 de Draft à la carrière brisée par un accident et analyste bien connu, ainsi que Scott Colangelo et Jonathan Thomas. Un mélange de profils basket, business, médias et finance qui vise clairement à envoyer un message à Adam Silver et aux propriétaires NBA : les Jacks veulent être pris au sérieux.
Un projet à 8 milliards de dollars
Le chiffre le plus impressionnant est évidemment financier. Le groupe annonce disposer de 5 milliards de dollars déjà engagés, avec 3 milliards supplémentaires formellement indiqués. Soit 8 milliards de dollars de capital potentiel pour soutenir une candidature dont l’objectif global serait situé entre 12,5 et 13 milliards de dollars.
Dans le paysage actuel de la NBA, où les valorisations explosent et où les futures franchises d’expansion pourraient coûter une fortune, c’est presque le minimum pour entrer dans la conversation. Mais c’est aussi une manière de se démarquer dans une course qui s’annonce très concurrentielle.
Scott Colangelo a résumé les ambitions du groupe autour de trois axes : réunir l’intégralité du capital en cash, construire “la salle de basket la plus impressionnante et la plus moderne du monde” et offrir à Las Vegas une franchise à la hauteur de son nouveau statut. Le projet prévoit, à court terme, de débuter à la T-Mobile Arena, déjà domicile des Golden Knights en NHL, avant de développer une enceinte pensée spécifiquement autour du basket et de l’événementiel.
Las Vegas, priorité évidente de la NBA
Sur le papier, la ville coche de plus en plus de cases. La NBA y organise déjà sa Summer League depuis des années, y a disputé le All-Star Game 2007 et y a installé une partie de sa NBA Cup. Las Vegas n’est plus un fantasme périphérique pour la ligue : c’est devenu un marché central, fréquenté chaque été par dirigeants, coaches, agents, scouts et joueurs.
La ville a aussi changé de dimension dans le sport professionnel. Les Golden Knights ont immédiatement trouvé leur public. Les Raiders ont déménagé dans le Nevada. Les Aces sont devenues une place forte de la WNBA. Les Athletics en MLB doivent rejoindre la ville sous peu. Dans ce contexte, l’arrivée d’une franchise NBA ne ressemble plus à une idée folle, mais à la suite logique d’un mouvement déjà largement engagé.
Adam Silver l’a reconnu : Las Vegas et Seattle sont aujourd’hui les deux marchés privilégiés dans l’étude d’une expansion. Mais le commissioner reste prudent. La NBA explore le dossier, sans garantie d’aller au bout. Elle pourrait ajouter deux équipes, une seule, ou même aucune si les conditions ne sont pas réunies.
Une course déjà encombrée
Les Las Vegas Jacks ne sont pas seuls. Bill Foley, propriétaire des Golden Knights, s’est déjà positionné avec un projet autour de la T-Mobile Arena. D’autres propositions d’arena et d’investisseurs circulent également autour du Strip et de ses environs. Las Vegas attire, forcément. Et si la NBA finit par ouvrir officiellement la porte, la bataille pour obtenir la franchise locale pourrait être presque aussi féroce que l’expansion elle-même.
C’est là que le groupe Colangelo a un argument fort : sa crédibilité basket. Jerry Colangelo n’est pas seulement un ancien propriétaire ou un dirigeant respecté. Il a participé à façonner la NBA moderne, puis à reconstruire Team USA après les échecs du début des années 2000. Dans son communiqué, il insiste d’ailleurs sur la dimension mondiale du basket et sur la possibilité de faire de Las Vegas une sorte de hub international pour la discipline.
Ce positionnement est malin. Les Jacks ne vendent pas seulement une équipe NBA. Ils vendent une destination, une salle, une marque, des événements, une plateforme mondiale. Exactement le genre de langage qui peut parler à une ligue obsédée par son expansion commerciale et internationale.
