On avait un peu tiré un trait sur le Mike Conley joueur de basket. En tout cas sur sa version capable d'être le meneur titulaire d'une équipe qui compte. Alors qu'il semblait se diriger vers une fin discrète dans la peau d'un mentor dans le vestiaire des Minnesota Timberwolves, ce bon vieux Mike, 38 ans, en avait en fait encore sous le coude.
On l’a revu dans le game 1 contre San Antonio, dans ce genre de match où chaque possession pèse une tonne. Minnesota a arraché la victoire 104-102, Anthony Edwards a fait son retour plus vite que prévu, Victor Wembanyama a encore noirci la feuille comme un phénomène, et pourtant Conley a réussi à se glisser dans le scénario. 12 points, 6 passes, 4/7 à trois points, du calme, du liant, des décisions propres. Exactement ce dont les Wolves avaient besoin dans un match sous tension.
Il faut dire que le contexte a tout changé. Avec Donte DiVincenzo out pour le reste des playoffs et Anthony Edwards diminué après son pépin au genou, Minnesota avait besoin de retrouver de la tenue sur les lignes arrière. Conley n’a plus les jambes de Memphis, ni le volume de son passage à Utah, mais il a gardé ce qui vieillit le mieux chez les très bons meneurs : la lecture, le timing, la capacité à ne jamais paniquer.
Comment les Wolves ont verrouillé Wembanyama
Dans la série précédente déjà, il avait rendu de vrais services. Pas forcément dans les chiffres bruts, parce que Conley n’est plus là pour jouer 38 minutes et dicter tous les systèmes. Sa valeur est ailleurs : replacer les autres, poser le ballon au bon endroit, sanctionner quand la défense l’oublie, ralentir quand les Wolves s’emballent. Ce sont des détails de vieux briscard, mais en playoffs, ces détails peuvent valoir une possession, puis un match.
Anthony Edwards ne s’y est pas trompé après la rencontre : « Mike Conley a été All-Star en NBA. Je pense que les gens l’oublient. À une époque, il était l’un des meilleurs meneurs de la ligue. Je lui dis toujours qu’il faisait partie de mes joueurs préférés. Quand je jouais à NBA 2K, je jouais avec toi. »
C’est peut-être ça, finalement, la petite résurrection de Conley. Le rappel qu’un joueur intelligent ne disparaît jamais vraiment. Il change de rythme, de rôle, de volume. Puis, quand mai arrive et que les corps lâchent autour de lui, il ressort de l’ombre avec ce sourire tranquille, comme s’il savait depuis le début qu’il aurait encore son mot à dire. Et quelque chose nous dit que ce sera encore le cas dans les jours, pour ne pas dire les semaines qui viennent...
