Il y a un an à peine, Neemias Queta était le quatrième intérieur dans la hiérarchie des Boston Celtics. Un joueur de rotation, énergique et serviable, mais loin des standards d’un starter NBA. Aujourd'hui, au gré du lifting opéré par souci économique - Al Horford, Kristaps Porzingis et Luke Kornet sont partis - le Portugais est un pivot titulaire dans la meilleure ligue du monde. Et pas dans le ventre mou ou la course au tanking ! Queta est un maillon essentiel au sein de la deuxième meilleure équipe de la Conférence Est et sans doute l'une des plus belles progressions individuelles en NBA cette saison.
La nuit dernière face aux Sixers, Queta a tout simplement livré le meilleur match de sa carrière : 27 points, 17 rebonds dont 10 offensifs (!), 3 contres, à 10/14 au tir. Une ligne statistique rare, qui fait de lui le premier Celtic depuis Robert Parish en 1989 à compiler au moins 25 points et 10 rebonds offensifs dans une même rencontre. Pas mal pour un ancien 39e choix de Draft, passé par deux saisons galères à Sacramento avec à peine 20 apparitions NBA et la G-League.
Arrivé à Boston en 2023, champion NBA en 2024 dans un rôle limité, Neemias Queta a gravi les échelons un à un. Cette saison, par la force des choses, puis par la force de ses performances, il s’est installé dans le cinq de départ (56 matches, 55 titularisations) de Joe Mazzulla et n'a aucune intention de céder sa place. Son impact saute aux yeux. L'intérieur de 26 ans a une activité monstrueuse au rebond, propose une vraie dissuasion près du cercle et a une mobilité surprenante pour son gabarit (2,13m pour 110 kg de muscles). Offensivement, il fait tout ce qu’on demande à un pivot académique : poser des écrans solides, plonger fort vers le cercle, finir au dunk ou capter les secondes chances.
Les Celtics ont un secteur intérieur discrètement très bon
On l’avait déjà vu à son avantage avec le Portugal lors du dernier EuroBasket, où il avait réussi quelques perfs offensives tout en faisant de sa sélection un adversaire plus valeureux que prévu. À Boston, il a franchi un cap mental et technique que Mazzulla a directement récompensé avec un rôle accru. Résultat : les Celtics disposent aujourd’hui d’un duo intérieur redoutable et complémentaire, avec Neemias Queta titulaire et Nikola Vucevic, arrivé avant la deadline, en sortie de banc. Deux profils différents, mais un impact conjugué qui fait partie des éléments qui expliquent la surprenante et superbe saison régulière des Celtics.
Queta, prospect discret (car Européen) arrivé en provenance de Utah State il y a maintenant cinq ans, tourne à plus de 10 points et 8 rebonds de moyenne en NBA, avec d'autres attributs moins facilement quantifiables. Son prochain challenge sera du coup de montrer que ce qu'il propose cette saison est applicable aussi en playoffs. Jusqu'ici, Queta a disputé 7 matches de playoffs en tout et pour tout, avec un temps de jeu famélique. La donne a bien changé depuis sa dernière apparition il y a un peu moins d'un an.
La question n’est donc plus de savoir si Neemias Queta est légitime dans le cinq de départ des Celtics. Peut-il reproduire cette influence quand le jeu ralentit, quand chaque possession devient une bataille d’ajustements et que les attaques ciblent systématiquement le maillon supposé faible ?
Jusqu’ici, son parcours plaide pour lui. À chaque palier, il a répondu présent. G-League ? Dominant. Minutes sporadiques ? Impact immédiat. Titularisation contrainte ? Confirmation.
Les playoffs seront simplement l’étape logique suivante. Et s’il continue sur cette trajectoire, Boston n’aura pas seulement découvert une solution temporaire à moindre coût, mais peut-être posé les bases de son secteur intérieur pour les années à venir.
Dominated at both ends 💪
So many plays to choose from but here's our pick for tonight's @JetBlue Play of the Game pic.twitter.com/2XBGNvQSpf
— Boston Celtics (@celtics) March 2, 2026
