Pendant toute cette campagne de playoffs, une constante semblait accompagner les Spurs : quand Victor Wembanyama domine offensivement, San Antonio devient quasiment impossible à contrôler.
Mais après le Game 5 remporté 127-114 par le Thunder, on peut raisonnablement se poser la question : Oklahoma City vient-il enfin de trouver le mode d’emploi pour ralentir la superstar des Spurs ? Parce que mardi soir, Wembanyama n’a jamais réellement ressemblé au monstre qui terrorisait la série quelques jours plus tôt.
Le Français a terminé avec 20 points, 6 rebonds, 3 contres et 2 interceptions. Des statistiques correctes sur le papier. Sauf qu’en regardant le match, quelque chose sautait immédiatement aux yeux : OKC lui a constamment retiré son rythme et ses zones de confort. Le symbole le plus parlant reste probablement ce chiffre : seulement 15 tirs tentés. Et du côté des Spurs, le constat est sans équivoque.
« Il doit prendre plus de 15 tirs », a lâché Mitch Johnson après la rencontre. « Même avec les 12 lancers francs, il doit marquer plus de 20 points, c’est certain. »
Le coach texan ne vise pas seulement l’agressivité de Wembanyama. Il pointe surtout une réalité tactique devenue centrale dans cette série : le Thunder fait désormais tout pour transformer le Français en créateur prudent plutôt qu’en destructeur offensif.
À chaque prise de balle, Oklahoma City envoie plusieurs corps dans sa direction. Aides rapides, prises à deux retardées, densité permanente dans la raquette : OKC accepte désormais presque volontairement de vivre avec les lectures de passe de Wembanyama… tant qu’il ne devient pas lui-même ingérable au scoring.
Stephon Castle a parfaitement résumé ce dilemme.
« Ils envoient tellement de défenseurs vers lui que c’est difficile parfois. Je pense qu’il veut simplement faire le bon choix et gagner. Mais oui, c’est notre meilleur joueur. On a besoin qu’il soit agressif. Quand il attaque agressivement, ça ouvre des tirs pour les autres. »
Et c’est probablement là que se situe tout le paradoxe actuel des Spurs. Parce que Wembanyama est déjà tellement avancé dans sa lecture du jeu qu’il refuse souvent de forcer les situations. Dès qu’une aide arrive, il cherche naturellement la meilleure passe, la bonne lecture, le mouvement juste. Le problème, c’est qu’en finales de conférence, les défenses d’élite vivent précisément pour provoquer cette hésitation.
Wembanyama enfin neutralisé : la recette du Thunder
Le Thunder semble avoir compris que la meilleure manière de ralentir Wembanyama n’est peut-être pas de l’empêcher totalement de jouer. Mais plutôt de le pousser vers une version plus passive de lui-même. Et lors du Game 5, cela a parfaitement fonctionné.
Le Français n’a pris que deux tirs dans le premier quart-temps. Seulement six dans toute la première mi-temps. Puis trois tirs dans le troisième quart alors que les Spurs étaient déjà menés de 11 points. À plusieurs moments, San Antonio donnait presque l’impression d’attendre que Wembanyama force enfin le destin offensivement… sans que cela n’arrive réellement.
Même défensivement, le Français a semblé moins dominant qu’à l’habitude. Oklahoma City a shooté à 49% lorsqu’il était sur le parquet, le plus haut pourcentage concédé par San Antonio avec Wembanyama en jeu dans tous ces playoffs.
Et évidemment, la stratégie du Thunder repose aussi énormément sur le duo intérieur composé de Chet Holmgren et Isaiah Hartenstein. Les deux grands d’OKC ont combiné 26 rebonds et surtout énormément gêné Wembanyama physiquement. Le Français n’avait qu’un seul rebond à la pause, une anomalie totale pour un joueur de son impact habituel.
Pour autant, San Antonio refuse encore de parler de crise. Après la défaite du Game 3, Wembanyama avait lancé : « On va voir de quoi on est faits. »
Le Game 6 sera désormais le vrai révélateur. Parce qu’une chose paraît certaine après cette défaite : si les Spurs veulent survivre, ils auront besoin non seulement du talent de Victor Wembanyama… mais surtout d’une version beaucoup plus agressive de leur superstar.
Victor Wembanyama choisit le silence après la défaite du game 5
