« On a battu les Bulls de Jordan au second tour. Personne n’a fait ça dans les années 90. Quand je prends les paris, surtout avec des jeunes, au sujet de la dernière équipe à avoir battu Jordan, je gagne de l’argent à chaque fois. Les gens oublient », confiait Shaq à GQ en 2016.
C’était presque vingt ans plus tôt, en 1995. Le Magic commençait à peine son ascension vers les sommets. Parce que la franchise était toute jeune ! C’est seulement en 1988 que la NBA s’est implantée en Floride, d’abord à Miami. Puis à Orlando un an plus tard. Et à ce moment-là, pas d’autres choix que de se construire via la draft. Ça tombe bien, le Magic a touché le jackpot deux années de suite. Deux premiers choix d’affilée. En 1992, pile au moment de l’arrivée chez les pros d’un certain Shaquille O’Neal. Puis en 1993. Les dirigeants voulaient alors sélectionner Chris Webber, superstar NCAA à Michigan, pour former une raquette infernale. Mais ce n’est pas du goût de Shaq, fraîchement élu ROY, qui a un autre prospect en tête.« J’avais rencontré Penny sur le plateau de Blue Chips. Je l’avais un peu testé. Du coup, quand je suis rentré, j’ai discuté avec le GM. Je lui ai dit : je sais qu’on a le premier choix de draft, et je sais que vous voulez Chris Webber mais je reviens juste de jouer avec ce gars, Penny Hardaway, et c’est lui qu’il nous faut. J’ai mis un petit coup de pression en parlant de ma fin de contrat qui arrivait dans deux ans, s’il ne le prenait pas… »
Le Magic de Shaq et Penny, plus fort que les Bulls de Jordan
Le message est passé. Enfin, presque. Orlando a quand même pioché Webber avec son premier choix. Et Shaq était parti pour tout casser dans sa propre baraque… avant de comprendre que le Magic a en réalité drafté l’intérieur pour l’échanger aux Warriors contre Penny Hardaway. La naissance d’un duo… magique. Deux jeunes superstars complémentaires. Un meneur flamboyant, athlétique, explosif et un intérieur surpuissant, agile et vif. « C’était parfait. C’était le remix du duo Magic Johnson – Kareem Abdul-Jabbar ! », notait le géant. Malgré leur inexpérience, les deux compères mènent alors leur équipe en playoffs. Un premier coup d’essai et une balayette, 0-4, contre les Indiana Pacers de Reggie Miller. Mais peu importe, il y a le temps. Vient donc cette fameuse saison 94-95. Jordan n’est plus là. Il a pris sa (première) retraite et la route semble dégagée pour une nouvelle dynastie. Surtout que les Houston Rockets, champions en titre, sont en difficultés pendant la saison régulière. Orlando est devenu une place forte à l’Est. Horace Grant, pilier des Bulls, a rejoint O’Neal et Hardaway. Nick Anderson et Dennis Scott sont les deux gâchettes qui complètent le cinq majeur. Un groupe vraiment solide. Et même plus solide que celui de Chicago… pourtant renforcé par le retour du numéro 23. Enfin du numéro 45. De Jojo, quoi. https://www.youtube.com/watch?v=hTAcKVvzTT4 Quelques semaines avant les playoffs, le triple champion NBA annonce son retour au basket après un passage éphémère au baseball. Il n’a évidemment plus la même confiance. Il est brillant, mais un peu rouillé. Et le Magic en profite. Malgré 38 points de Jordan dans le Game 2, 40 dans le Game 3 et 39 dans le Game 5, les Floridiens se qualifient pour les finales à l’Est en l’emportant en six manches (4-2). Ils se hisseront même jusqu’en finales. Pour y retrouver les Rockets, impitoyables et surprenants pendant les playoffs. Mais même avec Hakeem Olajuwon en face, Shaq et Penny se sentent favoris.« Nous étions trop sûrs de nous », reconnait le meneur fantasque.
