On savait qu’il faudrait un peu de patience. Une nouvelle équipe, de nouvelles habitudes, un équilibre à trouver autour de Giannis Antetokounmpo : personne ne pouvait garantir que tout fonctionnerait immédiatement. Mais entre attendre quelques réglages et regarder Miami prendre la sauce contre Charlotte, il y a une marge.
Après trois rencontres, le Heat est peut-être notre plus grosse déception de ce début de saison, devant les Knicks. Même les Bucks, eux aussi battus lors de leurs trois premiers matches, nous ont montré davantage de choses. Les attentes ne sont évidemment pas les mêmes, ce qui rend la comparaison imparfaite. Reste que Miami ne nous donne pas grand-chose auquel nous raccrocher pour l’instant.
Le match contre Charlotte concentre assez bien le problème. Les Hornets étaient privés de Kon Knueppel et de Coby White. Brandon Miller a pris feu, certes, mais cela n’explique pas tout. Le Heat a compté plus de vingt points de retard avant de revenir, de repasser devant… puis de reperdre. Cinq points d’écart à l’arrivée, c’est presque flatteur par rapport à certaines séquences.
Le passage le plus troublant, c’est que Miami a retrouvé son basket lorsque Giannis s’est assis. Du jeu rapide, sans écran, et une équipe qui a enfin réussi à renverser la dynamique. Voilà une observation qu’on aurait préféré ne pas faire aussi tôt. Elle ne permet évidemment pas de conclure que le Heat serait meilleur sans son nouveau joueur majeur. En revanche, elle montre à quel point son intégration reste un chantier.
Comment retrouver ce rythme avec lui sur le terrain ? Pour le moment, on attend encore la réponse. Giannis possédait même le pire plus/minus de la ligue après cette rencontre. Son temps de jeu et les défaites de Miami contribuent forcément à ce chiffre, inutile de lui faire raconter toute l’histoire. Mais il accompagne une impression visuelle qui, elle non plus, n’est pas très réjouissante.
Et c’est peut-être là que se situe notre principale inquiétude : les têtes.
On regarde les visages, les attitudes, et on a parfois l’impression de voir une équipe qui vient d’enchaîner quatorze défaites en plein milieu de saison. Giannis paraît abattu. Le groupe semble déjà préoccupé par ce qui ne fonctionne pas. Trois matches, et cette ambiance-là ? C’est tôt pour tirer aussi fort la tronche.
Cela rappelle malheureusement certaines images de Milwaukee. Giannis est le point commun entre ces équipes, ce qui mérite d’être relevé, sans pour autant lui attribuer toute la responsabilité de leur humeur. On aime énormément le joueur. Justement, on aimerait le voir dans un ensemble qui dégage autre chose que cette frustration immédiate.
Bam Adebayo traverse lui aussi un début compliqué, avec 13 points de moyenne à 42 % au tir. Les émissions de débat américaines ne le ratent pas, ressortant notamment son match à 83 points pour mieux attaquer son niveau offensif actuel. Espérons que le groupe ait coupé la télé et les réseaux quelques heures. Il y a déjà suffisamment de problèmes à régler sur le parquet.
Pour autant, on garde pleinement confiance en Erik Spoelstra. Il a déjà traversé des tempêtes avec des équipes très attendues. Trois rencontres ne vont pas nous faire oublier cela, ni transformer ce démarrage en échec définitif.
Miami reçoit Dallas pour tenter de se lancer. On attend des ajustements, une meilleure connexion, et surtout une équipe qui ne donne plus l’impression d’être épuisée par sa propre saison. Elle vient à peine de commencer.
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