Philadelphie a ouvert une brèche énorme en sortant Boston au Game 7. Et si la soirée n’avait fait que commencer ? À l’Est, deux autres favoris sont encore en danger : Detroit face à Orlando, puis Cleveland face à Toronto.
Dans la première série, le scénario est presque absurde. Detroit, n°1 de la conférence, a failli sortir dès le premier tour contre un Magic accrocheur, physique, pénible à jouer. Orlando a mené 3-1, a fait douter Cade Cunningham et a imposé par séquences son basket le plus dur : défense haute, longueur partout, pression sur les lignes de passe, et Paolo Banchero comme point d’ancrage offensif. Même quand l’attaque cale, le Magic reste dans les matches parce qu’il transforme tout en combat.
Le problème, c’est que Detroit a survécu. Et pas n’importe comment : en effaçant 24 points de retard dans le Game 6, pendant qu’Orlando s’écroulait complètement offensivement. Ça peut traumatiser une équipe. Mais ça peut aussi la réveiller. Pour réussir l’upset, le Magic devra retrouver ce qui l’a mis en position de conclure : ralentir Cade, forcer les autres Pistons à créer, éviter les pertes de balle qui nourrissent la transition, et surtout ne pas paniquer si l’adresse n’est pas là. Orlando n’a pas besoin d’un match parfait. Il lui faut un match sale, haché, bas en scoring. Exactement son terrain.
Toronto, de son côté, arrive avec une autre énergie. Les Raptors ont arraché le Game 7 sur un tir complètement fou de RJ Barrett en prolongation, après un match où Scottie Barnes a encore montré qu’il pouvait être le joueur le plus complet de la série. Cleveland reste favori, surtout à domicile, avec Donovan Mitchell, James Harden, Evan Mobley et l’avantage du terrain. Mais les Cavs ont laissé trop de doutes s’installer.
Toronto les a gênés par son volume athlétique, sa capacité à changer défensivement, à courir, à attaquer les mismatches et à faire durer les possessions. Surtout, les Raptors ont réussi à faire sortir Cleveland de sa zone de confort. Mitchell n’a pas dominé comme attendu sur l’ensemble de la série, Harden a alterné création et maladresse, et les fins de match des Cavs ont parfois ressemblé à une équipe qui joue avec le poids de l’échec.
Pour Toronto, la recette est claire : Barnes doit dicter le tempo, Barrett doit continuer à attaquer sans hésiter, et les role players doivent mettre assez de tirs pour empêcher Cleveland de fermer la raquette. Si le match devient nerveux dans le quatrième quart-temps, la pression changera de camp.
Après l’exploit de Philly, l’Est sait déjà qu’un Game 7 ne respecte ni les seeds, ni les certitudes. Orlando et Toronto n’ont plus rien à perdre. Detroit et Cleveland, eux, ont beaucoup trop à protéger.
