Le verdict est tombé et, franchement, il a surpris tout le monde, nous les premiers. Concrètement, qu’est-ce que ces sanctions vont réellement changer pour la franchise des Clippers ? Et si, derrière leur spectaculaire sévérité, elles cachaient tout de même quelques nuances ? C’est le débat central du CQFR du jour présenté par Shaï et Antoine.
Kawhi peut tranquillement passer à autre chose
Commençons par le plus évident : Kawhi Leonard s’en sort remarquablement bien.
Une amende de 700 000 dollars, aucune suspension et un transfert vers Toronto qui devrait désormais pouvoir être validé sans difficulté… À son échelle, l’addition reste très supportable. Il devrait même parvenir à boucler la fin du mois.
Son communiqué nous a d’ailleurs laissé une impression assez étrange. Kawhi accepte sa sanction, regrette les décisions prises par certains membres de son entourage et promet de repartir sur de bonnes bases. En résumé : mon entourage a mal géré, nous ferons plus attention la prochaine fois, merci et au revoir.
Nous avons tout de même beaucoup de mal à croire qu’il n’était absolument au courant de rien. Cela paraît au minimum très arrangeant. Mais, justement, cette version satisfait presque tout le monde. Elle épargne le joueur, évite une confrontation avec son syndicat et permet à la NBA de valider son départ vers Toronto tout en frappant violemment les Clippers.
Kawhi peut donc tourner la page. Son ancienne franchise, beaucoup moins.
Les Clippers contre-attaquent : peuvent-ils faire réduire les sanctions de la NBA ?
La NBA devait frapper un grand coup
Nous nous attendions à une sanction. Peut-être deux premiers tours de Draft retirés, une grosse amende et quelques suspensions dans les bureaux. Certainement pas à une punition aussi spectaculaire.
Mais plus on se replonge dans l’affaire, plus on comprend la volonté de la NBA d’envoyer un message. La ligue n’a peut-être pas établi de manière irréfutable que les Clippers avaient directement contourné le salary cap. Reste une accumulation de pratiques, d’intermédiaires, de sponsors et de demandes financières qui sent franchement mauvais.
On peut tourner autour du pot autant que l’on veut : depuis le début, toute cette histoire ressemble énormément à une douille.
Les autres propriétaires ne pouvaient probablement pas accepter qu’une franchise puisse obtenir un avantage compétitif en trouvant des moyens détournés de rémunérer une superstar. Si la NBA avait choisi la clémence, elle aurait ouvert une brèche dans laquelle tout le monde se serait engouffré. Il fallait donc punir les Clippers, mais surtout prévenir les 29 autres franchises.
Cinq tours perdus, mais pas la fin du monde
À la lecture du verdict, notre première réaction a été assez simple : les Clippers sont dans le mur. Cinq premiers tours de Draft en moins, dans une NBA où ces choix sont devenus la monnaie indispensable pour attirer une superstar, c’est absolument colossal.
En regardant la situation plus précisément, nous avons néanmoins légèrement relativisé. Los Angeles conserve encore quelques premiers tours, notamment grâce au transfert de Kawhi à Toronto. L’effectif n’est pas catastrophique non plus. Il reste du talent, des jeunes intéressants et un coach, Tyronn Lue, qui sait généralement bricoler des équipes compétitives dans des situations compliquées.
Les Clippers ne sont donc pas condamnés à devenir immédiatement la pire formation de NBA. En revanche, ils risquent de connaître quelque chose de presque aussi frustrant : plusieurs saisons dans le ventre mou.
Une autre franchise NBA menacée après les Clippers ?
Ils ne pourront pas vraiment reconstruire par la Draft, puisqu’ils ont perdu une partie de leurs choix. Ils pourront difficilement récupérer une superstar, puisqu’ils ne possèdent plus les assets nécessaires pour monter un énorme trade. Ils pourraient donc rester coincés dans ce que nous appellerons le « milieu médiocre » : suffisamment bons pour gagner quelques matches, mais sans perspective évidente de titre.
Cette situation réduit également leur marge d’erreur. Les jeunes déjà présents devront progresser. Les choix encore disponibles devront être réussis. Darius Garland devra être performant. La franchise ne pourra plus compenser une mauvaise décision en empilant des tours de Draft dans une nouvelle opération.
Tout ça pour une finale de Conférence
Au fond, cette sanction rend surtout le bilan de l’ère Kawhi encore plus douloureux.
En 2019, les Clippers récupéraient le champion NBA en titre, alors probablement considéré comme le meilleur joueur du monde. Ils ajoutaient dans la foulée Paul George, lui aussi dans son prime et tout juste sorti d’une saison de calibre MVP. James Harden les a rejoints quelques années plus tard.
Sept ans après, le résultat tient en une seule finale de Conférence. Kawhi s’en va, les Clippers ont engagé ou perdu une montagne de choix de Draft et la franchise va devoir vivre plusieurs années avec les conséquences de cette aventure.
Non, les Clippers ne sont pas totalement condamnés. Mais pour une équipe qui avait construit le projet le plus ambitieux de son histoire, se retrouver au milieu du classement sans moyen évident d’en sortir ressemble déjà à une sacrée punition.
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