Les Spurs ont la réputation de bien drafter. Pas seulement parce qu’ils choisissent des bons basketteurs mais aussi des hommes avec des personnalités à même de coller avec la culture de la franchise. Bien sûr, parfois, ils se trompent. Mais les dirigeants ont globalement abattu un travail remarquable depuis plus de vingt-cinq ans pour faire de cette organisation un club à part en termes de standing, de réussite, etc.
Drafter David Robinson, Tim Duncan et maintenant Victor Wembanyama, bien sûr que ça aide. Même obtenir le deuxième choix pour récupérer Dylan Harper, un joueur fortement coté à la fac, deux ans après sélectionné le Français, relève aussi d’une part de chance à la loterie. Il ne fallait pas être un génie pour bien piocher ces années. Ils ne font donc pas partie de cette liste de « trouvailles » du front office de San Antonio à la draft.
En revanche, nous en avons classé dix, la plupart piochés en fin de premier tour, voire carrément au second. Ça n’inclut pas Carter Bryant, 14eme choix de la dernière draft et dont le potentiel semble être celui d’un ailier titulaire très solide en NBA. Parmi les autres mentions, retenons Cory Joseph (29eme choix en 2011), un meneur à la carrière solide, Tiago Splitter, le coach actuel de Portland et ancien pivot sacré champion NBA avec les éperons 28eme choix en 2007, Tre Jones (41eme choix en 2020) ou encore le vétéran Kyle Anderson (30eme choix en 2014).
10. Luis Scola (56eme choix en 2002)
Commençons par un joueur qui n’a finalement jamais mis les pieds à San Antonio mais évoluait plutôt pour le voisin texan à Houston. Ami et coéquipier de Manu Ginobili en sélection argentine, Luis Scola ne s’est pas pointé avec les Spurs et il est resté briller en Europe avant que ses droits sont finalement envoyés aux Rockets des années plus tard. Même s’il n’a pas joué avec Tim Duncan et compagnie, le simple fait de l’avoir réperé en se tournant vers l’Europe, où Scola dominait royalement avec Vitoria, illustre l’ouverture d’esprit précoce de la franchise vers l’international là où les autres équipes de la ligue continuaient, pour la plupart, de sous-estimés grandement les grands championnats européens.
9. George Hill (26eme choix en 2008)
Il n’est resté que trois ans à San Antonio mais George Hill était un pur produit des Spurs, de leur service de scouting et de leurs coaches chargés du développement. Arrivé dans l’anonymat après quatre années passées dans une fac qui n’a jamais formé un autre joueur NBA que lui, le meneur s’est imposé comme le chouchou de Gregg Popovich et un homme fiable des deux côtés du terrain. Pop et RC Buford ont même hésité, brièvement, à lui donner les clés, quitte à sacrifier Tony Parker si une belle offre s’était présentée. C’est finalement Hill qui est parti dans un deal détaillé plus tard dans ce classement.
8. Devin Vassell (11eme choix en 2020)
C’est l’un de ceux draftés le plus haut dans cette liste. Mais Devin Vassell reste une forme de trouvaille en quelque sorte. Parce que piocher au onzième rang ne garanti pas de dénicher un joueur aussi solide (et encore moins un MVP comme Shai Gilgeous-Alexander, pris sur cette position deux ans avant). Vassell a le talent individuel d’un ailier qui pourrait être un potentiel All-Star dans d’autres formations. Mais il a aussi l’intelligence de comprendre qu’il est plus intéressant pour lui de se contenter d’un rôle un poil moins important dans ce groupe toujours en course pour les finales NBA. C’est tout à son honneur. Ça rappelle que les Spurs ne draftent pas que des joueurs mais aussi des individus.
7. Dejounte Murray (29eme choix en 2016)
Quinze ans après avoir mis la main sur Parker, San Antonio lui cherchait son successeur. Et qui aurait cru qu’il était possible de trouver à nouveau un All-Star en piochant quasiment à la même place ? Alors, évidemment, Dejounte Murray est loin, très loin, de la carrière, des accomplissements et du niveau de jeu du Français qu’il a fini par supplanter dans la rotation. Il est tout de même devenu un All-Star au bord du triple-double de moyenne (21-8-9) avec le club texan en 2021.
6. Keldon Johnson (29eme choix en 2019)
Un peu comme pour Vassell mais en allant le chercher beaucoup plus loin à la draft ! Non seulement Keldon Johnson était finalement l’un des meilleurs attaquants de sa cuvée mais en plus, lui aussi a su s’adapter à un changement de scénario qui n’aurait pas plu à tout le monde. Parce qu’il a tout de même bouclé une saison avec 22 points de moyenne, a été élu champion Olympique et il doit désormais sortir du banc. Avec brio, comme en témoigne son trophée de meilleur sixième homme.
5. Stephon Castle (4eme choix en 2024)
C’était dur de le mettre aussi haut alors qu’il a pourtant été pris dans le top-5 de la draft. Mais il faut se souvenir des circonstances. Cette cuvée était assez indécise et elle est toujours considérée comme faible car démunie en superstar. Stephon Castle en est clairement son meilleur joueur aujourd’hui. Les Spurs ont donc récupéré le plus fort de la promotion en draftant en quatrième position. Surtout que plusieurs spécialistes l’imaginaient plus bas et préféraient des stars de G-League comme Matas Buzelis ou Rob Dillingham. Castle était un joueur de devoir dans une équipe d’UConn sacrée championne NCAA. Il court désormais après un titre NBA.
4. Derrick White (29eme choix en 2019)
Certains l’ont peut-être oublié mais Derrick White s’est révélé à San Antonio, là il a débuté après avoir été retenu en toute fin de premier tour. Le management avait encore une fois eu la vision. Pas suffisamment pour le garder. Les dirigeants ont tout de même récupéré deux premiers tours de draft en l’échange de White. Un trade considéré comme un désastre pour… les Celtics par certains blogueurs du Massachusetts. Il y a fort à parier qu’ils ont changé d’avis depuis.
3. Kawhi Leonard (15eme choix en 2011)
Bon, oui, ce sont les Pacers qui l’ont drafté mais à la demande des Spurs. Et c’est quelques minutes après avoir été appelé par David Stern que Kawhi Leonard a finalement appris qu’il prenait la direction du Texas. Parce que San Antonio avait un deal en plus avec Indiana et refusait de communiquer, jusqu’au dernier moment, le joueur ciblé. Ils avaient réperé Leonard, là où peu croyaient en lui finalement. Ils ont même sacrifié George Hill, le chouchou de Popovich, pour le ramener au club ! C’est dire. Un trade qui a changé le destin des Spurs, sacrés en 2014 avec un Kawhi élu MVP des finales.
2. Tony Parker (28eme choix en 2001)
Quel pari fou que de miser sur un meneur adolescent originaire de France. Un inconnu pour le public américain, à une époque où les joueurs internationaux se comptent sur les doigts d’une main. Et ce ne sont pas des meneurs ! Impossible de faire confiance à un gamin qui jouait dans le championnat de France. Mais Sam Presti, le GM actuel du Thunder qui était alors assistant de RC Buford aux Spurs, a bassiné son boss avec des vidéos de Tony Parker au Paris Basket Racing. Suffisamment pour que TP vienne faire un workout… catastrophique. Heureusement, Pop lui a laissé une deuxième chance. Et quelques mois plus tard, la saison à peine commencée, il en faisait son titulaire au poste un. La suite appartient à la légende.
1. Manu Ginobili (57eme choix en 1999)
L’un des plus beaux coups de l’Histoire. Manu Ginobili n’est pas le meilleur joueur de tous les temps drafté au second tour puisque Nikola Jokic existe. Mais 57eme choix. Un Hall Of Famer de ce calibre au 57eme choix. Les Spurs ont été tellement en avance sur tout le monde. L’Argentin venait de quitter son pays natal un an auparavant, pour rejoindre l’Italie et essayer d’y faire carrière. Personne ne le connaissait aux Etats-Unis, ou presque. C’est d’ailleurs la première fois que les Spurs choisissent un joueur qui n’est pas passé par la NCAA. Buford l’avait remarqué à la Coupe du Monde U22 en Australie. C’est finalement seulement en 2002 que Ginobili s’est pointé en NBA… et San Antonio a fini champion dans la foulée. La première des quatre bagues d’El Manu.
