Tyrese Haliburton et les Pacers vont-ils devoir se réinventer ?

Tyrese Haliburton retrouve enfin les Pacers, mais Indiana devra probablement modifier son identité de jeu après les arrivées d'Ivica Zubac et Kelly Oubre. Une transition qui pourrait définir toute sa saison.

Tyrese Haliburton et les Pacers vont-ils devoir se réinventer ?

Les Indiana Pacers ne retrouveront pas simplement Tyrese Haliburton la saison prochaine. Ils vont devoir déterminer quelle version de leur meneur est encore capable de diriger leur projet et, surtout, quelle équipe ils souhaitent devenir autour de lui.

Finalistes NBA en 2025, à une mi-temps d’un titre, les Pacers ont depuis perdu Myles Turner et Benedict Mathurin. Ivica Zubac a été recruté pour occuper la raquette, tandis que Kelly Oubre est venu renforcer une rotation moins profonde que lors de leur parcours jusqu’aux Finales. Le retour d’Haliburton, après une saison complète d’absence, ne suffira donc pas nécessairement à replacer Indiana parmi les prétendants. Un sujet longuement abordé dans le dernier CQFR par Antoine et Théo.

Quel Haliburton après une année sans jouer ?

La première interrogation concerne évidemment le meneur. Haliburton revient de la même grave blessure que Jayson Tatum, mais avec un calendrier très différent. Là où la star de Boston avait pu rejouer dès le mois de mars, le joueur des Pacers n’a toujours pas retrouvé la compétition.

« On sait que ça ne va pas être aussi simple pour lui de retrouver du rythme », rappelle Théo. Une incertitude d’autant plus importante que le succès d’Indiana reposait en grande partie sur sa capacité à imposer un rythme effréné pendant 48 minutes, à courir après chaque rebond et à attaquer avant que la défense adverse ne puisse se replacer.

La question n’est donc pas seulement de savoir si Haliburton sera capable de produire 17, 18 ou 19 points avec huit ou neuf passes. Il faudra observer la manière dont il y parviendra.

« J’ai l’impression que son jeu d’isolation va être encore plus stéréotypé. Ça va être essentiellement des step-backs à trois points », craint Antoine. Haliburton n’a jamais été l’un des meneurs les plus solides lorsqu’il s’agit d’aller au cercle. Après une longue absence, avec un rythme potentiellement encore irrégulier et une confiance à reconstruire, son efficacité extérieure pourrait devenir déterminante.

Or la marge est mince. « Un Haliburton très tranchant et un Haliburton un cran en dessous, c’est la différence entre une équipe qui termine quatrième de la conférence Est et une équipe qui se qualifie pour le play-in », poursuit Antoine.

Zubac oblige Indiana à changer

L’autre transformation majeure concerne Ivica Zubac. Sur le papier, le pivot représente une acquisition très solide. Il apporte de la taille, du rebond, de la présence au poste bas et un profil devenu relativement rare dans la conférence Est.

Mais il ne joue pas comme Myles Turner. Zubac ne va pas écarter la défense de la même manière, ce qui pourrait réduire certains espaces dont Pascal Siakam avait l’habitude de profiter. La raquette sera davantage occupée et le jeu d’Indiana nécessairement moins fluide dans certaines configurations.

« Tu ne joues pas tout à fait de la même manière », insiste Théo. « Si d’un coup tu es une équipe un peu plus classique (par rapport au jeu affiché lors de leur run an playoffs), avec des joueurs qui sont bons mais pas extraordinaires, tu te démarques moins », confirme Antoine.

Le pari n’est pas pour autant incohérent. Indiana avait besoin d’un intérieur confirmé et savait précisément ce qu’il récupérait avec Zubac. Le cinquième choix de Draft abandonné dans l’échange peut nourrir les regrets, mais rien ne garantit que le joueur sélectionné à cette place aurait atteint un jour le niveau du Croate.

Surtout, Zubac pourrait offrir à Rick Carlisle de nouvelles solutions. Indiana ne surprendra plus autant avec sa pression tout terrain et son jeu de transition permanent. Plusieurs équipes ont depuis intégré des principes similaires et sont mieux préparées à les affronter.

Le défi de Carlisle sera donc de construire une nouvelle identité sans renier l’ancienne.

Une équipe solide, mais plus vraiment un contender ?

Les Pacers disposent encore de nombreux joueurs fiables : Pascal Siakam, Andrew Nembhard, Aaron Nesmith, Obi Toppin, T.J. McConnell ou encore Jarace Walker. L’effectif reste équilibré et suffisamment talentueux pour viser les playoffs.

Mais il paraît difficile de les replacer immédiatement au niveau de leur parcours de 2025. Leur banc est moins profond, Haliburton reste une inconnue et leur style ne constitue plus la même anomalie tactique.

« Cette équipe est forte. Mais si on s’attend à une reprise en mode : “Elle était finaliste, elle doit viser la même chose”, je pense qu’on va tomber des nues », prévient Antoine.

Indiana devra peut-être accepter de repartir d’un peu plus bas. Retrouver Haliburton, intégrer Zubac, redéfinir la place de Siakam et reconstruire une identité collective capable de résister en playoffs.

Les Pacers ne repartent pas de zéro. Mais ils ne pourront probablement pas reprendre exactement là où ils s’étaient arrêtés.

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