Wembanyama vs Antetokounmpo : le choc des titans

Wembanyama vs Antetokounmpo : le choc des titans

DE NOTRE CORRESPONDANT À SAN ANTONIO — Victor Wembanyama et Giannis Antetokounmpo se sont livré un duel d’anthologie, ce jeudi, lors de la défaite des Spurs face aux Bucks (121-125).

Benjamin MoubèchePar Benjamin Moubèche  | Publié  | BasketSession.com / NEWS / Récap

Victor Wembanyama, célébrant son vingtième anniversaire ce jeudi, a émergé du tunnel suivi par les exclamations de la sécurité et des fans : «Joyeux anniversaire!». Alors qu’il entrait sur le parquet une heure avant le match pour s’échauffer, une chorale improvisée l’attendait dans les tribunes. Le petit groupe de spectateurs déjà présents dans la salle a entonné, à l’unisson, un «happy birthday» — simple, mais apparemment efficace.

Visiblement ému, le Français esquissait un large sourire, applaudissant au centre du terrain en signe de gratitude. Il a savouré cet instant de douceur, quitte à retarder sa préparation pour un moment beaucoup moins tendre. Plutôt que de souffler ses bougies, la star des Spurs devait se mesurer aux Bucks, deuxièmes de la Conférence Est, et surtout à Giannis Antetokounmpo.

Deux semaines auparavant, à Milwaukee, une cheville douloureuse avait privé la planète basket de ce duel. Cette fois-ci, rien n’a empêché Wembanyama de se montrer. Devant un Frost Bank Center en fusion et sur antenne nationale, les deux «freaks» européens se sont livré un choc mémorable, encore rehaussé par la prestation étincelante de Devin Vassell (34 points à 14/21 aux tirs). Une défaite de San Antonio (121-125) n’avait jamais été si captivante.

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«Wemby» n’a jamais dissimulé son admiration pour le «Greek Freak», l’un de ses modèles. Pour lui, ce jeudi, il s’agissait simplement d’une source de motivation supplémentaire, d’un catalyseur pour la confrontation à venir. «C’est quelqu’un que j’ai regardé en grandissant et c’est l’un des plus grands joueurs du monde», a-t-il rappelé après la rencontre. «Donc c’est toujours très motivant. Je suis un compétiteur, donc je veux me mesurer à tout le monde. C’était un super matchup.»

Au-delà de leurs racines européennes, Victor Wembanyama et Giannis Antetokounmpo présentent des similitudes. Ils partagent un statut de «freak» — des monstres défiant les lois de la nature. Jamais la NBA n’avait vu un joueur comme Wembanyama, phénomène de 2,24 m maniant le ballon avec la dextérité d’un ailier et agressant le panier avec l’aplomb d’un redoutable intérieur. Tout comme elle n’avait jamais réellement vu un athlète tel qu’Antetokounmpo, doté d’un alliage singulier de puissance physique et de qualités techniques.

Cependant, le rookie et le MVP des Finales 2021 ne sont pas du tout au même point de leur carrière respective. Les mettre sur un pied aujourd’hui serait une injustice totale.

«Wemby est un talent extraordinaire. Il va être formidable. Mais Giannis, avec sa puissance et sa vitesse, c’est une locomotive. Il est unique. Il est dans une catégorie à part», a écarté Adrian Griffin, l’entraîneur des Bucks, lorsqu’il a été interrogé sur la comparaison entre les deux joueurs. «Je pense que Wemby va certainement se faire un nom. Ce qu’il fait, c’est unique pour quelqu’un de sa taille. Il peut shooter, dribbler, faire des passes au-dessus des gens, il peut prendre des rebonds, attraper les lobs… Il est très similaire à Giannis dans le sens où il peut faire énormément de choses. Mais finalement, Giannis est en quelque sorte dans sa propre catégorie.»

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Un spectacle mémorable au Frost Bank Center

Pour son vingtième anniversaire, le prodige français a pourtant regardé la légende grecque dans les yeux, terminant avec 27 points (10/18 aux tirs), 9 rebonds et 5 contres. En deuxième mi-temps, ils ont orchestré un spectacle irréel. Ils se sont emparés de la rencontre, multipliant les highlights, jusqu’à se chercher en un contre un, en isolation, reléguant le reste du match au second plan. Des étincelles dansaient sur le parquet, se mirant dans le regard des spectateurs, derrière leur écran ou dans l’ambiance électrique de l’arène, qui n’avait jamais vibré d’une telle intensité cette saison.

Un festival de prouesses, impossible à véritablement coucher sur le papier.

En pleine transition, Victor Wembanyama a effacé Damian Lillard en faisant passer le ballon dans son dos, avant d’exploser au panier, dédaignant la présence de Brook Lopez, qui lui a donné un lancer franc bonus. Des finitions inconcevables, un changement de direction qui a laissé Giannis Antetokounmpo sur place, un contre immédiatement suivi d’un trois points… La longueur de la liste est déraisonnable. Le rookie des Spurs s’est même offert un alley-oop en solo, après avoir s’être faufilé entre Antetokounmpo et Pat Connaughton.

L’action, comme à son habitude, était spontanée. «C’est arrivé sur le moment. J’ai vu le couloir ouvert, mais j’ai arrêté mon dribble un peu trop tôt. Mais je suis plein de ressources», a-t-il souri.

Son adversaire, loin d’être intimidé, ne s’est pas laissé faire. Il a fini meilleur marqueur du match, avec ses 44 points à 19/28 aux tirs, accompagnés de 14 rebonds et 7 passes décisives. La superstar des Bucks, dans la zone, a échangé des contres avec le premier choix de la draft. Surtout, il a multiplié les dunks et les finitions indéfendables près du panier. Son chef-d’œuvre : un dunk magistral, fruit de son footwork exceptionnel, au-dessus de son vis-à-vis de 2,24 m.

« C’est un talent incroyable. Il peut marquer quand il veut. Il joue de la bonne manière et il joue pour gagner», a reconnu Antetokounmpo après la rencontre. «C’était génial de jouer contre lui.»

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Au bout, une nouvelle défaite pour les Spurs

Cette fois-ci, les fans texans ont tenu jusqu’à la fin, scotchés à leurs sièges. Les Spurs menaient la danse trois minutes avant le buzzer (118-115).

Tandis que San Antonio laissait Giannis Antetokounmpo prendre ses tirs à l’extérieur pour éviter ses drives vers le panier, le Grec a répondu au moment le plus important. Il a inscrit deux trois points en 40 secondes, ses seuls de la partie, renversant la vapeur (118-121). Victor Wembanyama a riposté par un tir primé à une minute du terme (121-121).

Un dunk du Grec, accompagné d’un lancer franc, a propulsé les Bucks devant (121-124). Le coup de sifflet a poussé Gregg Popovich à taper du poing sur la table, littéralement au bord du terrain, métaphoriquement face aux médias. Ssa tentative suivante a été renvoyée par le Français. Son contre a enflammé l’arène et a insufflé un dernier espoir à son équipe.

«Giannis a essayé de lui dunker dessus pour prouver quelque chose. Vic a envoyé un message non seulement à Giannis, mais à toute la ligue, pour dire qu’il est là et qu’il est prêt», a estimé Devin Vassell, lui-même auteur d’une performance exceptionnelle, riche en highlights.

Milwaukee, avec trois points d’avance, obligeait les Spurs à tenter un tir à longue distance. «La stratégie était de feinter un pick and roll (avec Devin Vassell), mais cela devait aboutir à un trois points pour Devin», a expliqué Wembanyama. Seulement, la défense des Bucks a déchiré leurs plans. Les deux meilleurs marqueurs de l’équipe n’étaient pas en position pour prendre ce shot crucial.

L’ultime ballon a été dévolu à Tre Jones, qui n’avait pas réussi de tir extérieur depuis le 23 décembre, isolé dans le corner. Le projectile a manqué sa cible. «C’était un bon tir, il était grand ouvert. Nous croyons en lui pour rentrer ce tir, c’est pour ça qu’il était sur le terrain à la fin du match», a justifié Keldon Johnson, maintenant avec tous ses coéquipiers que ce tir était le choix juste.

L’anniversaire de Victor Wembanyama s’est soldé par une défaite (121-125). Toutefois, il peut trouver du réconfort dans la prestation de son équipe, ainsi que la sienne. Il ne cache pas que celle-ci a été en partie motivée par le nouveau titre de Rookie du mois de Chet Holmgren et sa place dans les votes pour le All-Star Game. «Je sais qu’au bout du compte, j’aurai ce que je mérite. Chaque match est un “statement” (déclaration) à partir de maintenant», prévient-il.

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