Le Wembanya-mois : un duel vs LeBron et une cheville qui pose problème

Le Wembanya-mois : un duel vs LeBron et une cheville qui pose problème

Chaque mois, notre correspondant à San Antonio dresse un bilan du parcours de Victor Wembanyama avec les Spurs.

Benjamin MoubèchePar Benjamin Moubèche  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Victor Wembanyama a vécu un mois de décembre trépidant. Le Français a changé de poste, vaincu LeBron James, mis un terme à la série de défaites des Spurs, et rencontré ses premiers pépins physiques en NBA.

Chaque mois, Benjamin Moubèche, correspondant à San Antonio pour BasketSession, dresse le bilan du parcours de Victor Wembanyama. Un rendez-vous à retrouver jusqu’à la fin de la saison.

Les performances : toujours des défaites, mais des changements visibles

Décembre s’est ouvert par un changement de cinq majeur. Zach Collins a rejoint le banc, devenant le remplaçant de Victor Wembanyama, nouveau «pivot» de San Antonio — guillemets de rigueur. «Je ne le considère pas comme un poste 5. Il prend beaucoup de tirs à trois points, il est partout offensivement», a en effet expliqué son coach Gregg Popovich. «Dans notre attaque, j’ai beau être le poste 5 sur le papier, je suis le meneur 30 % du temps […] Le poste n’a pas vraiment d’importance», a confirmé l’intéressé.

Cet ajustement a deux conséquences notables. Premièrement, l’intérieur de 2,24 m défend désormais le big man adverse. Deuxièmement, il bénéficie de plus d’espace en attaque avec Julian Champagnie (40,2 % à trois points) dans le cinq et Collins hors de la raquette. Les fruits de ce changement sont palpables : le Français profite visiblement de ce spacing, enchaîne les double-doubles, et ses pourcentages sont en hausse.

Plus largement, le jeu des Spurs a indéniablement évolué. Keldon Johnson a lui aussi intégré la second unit, avec l’idée de mettre l’accent sur Wembanyama et sur Devin Vassell sur le plan offensif. L’attaque passe de plus en plus par ce tandem. La productivité du groupe de remplaçants s’est également envolée. La circulation de la balle se fluidifie, la qualité du jeu s’améliore dans son ensemble : le collectif va dans le bon sens.

Malgré ces progrès, San Antonio ne s’est pas métamorphosé en l’espace d’un mois. Leur attaque et leur défense stagnent parmi les pires de la NBA. Les défaites s’accumulent. En décembre, l’équipe affiche un maigre bilan de 2-12.

Wembanyama et les Spurs concluent 2023 sur une note amère

Janvier présente un calendrier plus clément. Néanmoins, Victor Wembanyama ne sera pas à 100 %. Popovich a annoncé que le Français serait ménagé durant «quelques semaines». À cause d’une récente douleur à la cheville, son temps de jeu sera limité et il ne jouera pas en back-to-back (deux matches en deux jours). L’athlète assure qu’il se sent bien et proteste pour jouer davantage, mais la franchise a décidé de prendre un maximum de précautions avec son joyau.

Ses moyennes du mois de décembre : 18,1 points, 11,4 rebonds, 3,7 passes, 3,8 contres, 1,1 interception, 45,3 % aux tirs, 33,3 % à trois points, 73,3 % aux lancers francs en 28,6 minutes par match. En vert, les statistiques qui ont augmenté par rapport au mois d’octobre. En rouge, celles qui ont régressé.

Trois anecdotes : quelques conseils pour Wembanyama, une histoire sordide de ball boy, une victoire contre LeBron

1. Le ball boy et la cheville : Si l’intérieur de 2,24 m est ménagé par son équipe, c’est un incident improbable qui en est à l’origine. En s’échauffant à Dallas, il a trébuché sur le pied d’un ramasseur de balles des Mavericks, légèrement avancé sur le terrain. «C’était un incident fou. Je n’avais jamais vu ça», a réagi Gregg Popovich, visiblement irrité. Wembanyama revenait tout juste d’une absence due à une douleur à la même cheville. Alors, San Antonio a opté pour la prudence en le mettant sur le banc, puis en instaurant un protocole pour protéger sa cheville. «Je n’en veux pas [au ball boy]», a rassuré le Français.

2. Les conseils des stars : Sous le sapin, Victor Wembanyama a reçu les conseils de nombreuses stars — souvent emballés de platitudes. «Il ne faut pas croire que l’on doit transformer la franchise dès la première année», lui a glissé Anthony Davis, l’incitant à «prendre son temps» et à ne pas se mettre trop de pression. LaMarcus Aldridge et Joel Embiid lui ont suggéré d’épurer son jeu : se trouver un go-to move, se concentrer sur ce qui fonctionne, entrer dans un rôle plus défini. Giannis Antetokounmpo lui a conseillé de «prendre soin de son corps», Luka Doncic de «profiter du moment» et Kristaps Porzingis d’écouter sagement Popovich.

3. La victoire face à LeBron James : L’opposition entre Victor Wembanyama et LeBron James, deux premiers choix séparés par deux décennies et deux phénomènes médiatiques uniques, a captivé la planète basket. «C’est un match un peu plus important que les autres, avait admis le natif du Chesnay. Ce sera encore plus spécial que d’habitude.» Le King, de son côté, avait passé les jours précédant la rencontre à regarder des vidéos de joueurs encensant «Wemby» pour se motiver, selon Vincent Pialat du Parisien. Avec cet enjeu en tête, c’est ce jour que les Spurs ont réussi à mettre un terme à leur série de défaites historique, avec 13 points et 15 rebonds pour le rookie. Cependant, face aux micros, ni l’un ni l’autre n’a voulu s’épancher sur son adversaire et ils n’ont pas cherché à échanger.

Victor Wembanyama vs LeBron James : le choc des générations

La déclaration : «Je déteste perdre, mais je reste concentré sur l’objectif à long terme»

En NBA, Victor Wembanyama apprend aussi à perdre : «Bien sûr, ce n’est pas facile, mais nous savons que nous n’avons pas le choix de continuer à travailler. Le bon côté, c’est que personne ne doute qu’à long terme, nous serons les gagnants. Je déteste perdre, mais je reste concentré sur l’objectif à long terme.»

«C’est sûr que je n’en ai pas l’habitude. Ça change de l’Europe, où tout peut basculer d’une saison à l’autre pour un club, voire d’un début de saison à une fin de saison. Ici, c’est différent. C’est dur, mais on garde l’objectif en tête.»

Comme l’a rappelé Gregg Popovich, les Spurs doivent traverser tout un processus avant de devenir compétitif : «Il n’y a pas grand-chose à faire quand on reconstruit, si ce n’est faire son travail, et cela prend du temps. Toutes ces choses avancent par cycles […] Notre période faste s’est étalée sur trois décennies différentes — c’était assez long, je ne pense pas que quelqu’un ait fait cela. Maintenant, nous sommes à l’autre bout de la chaîne. Et vous n’avez qu’un seul choix : celui de vous mettre au travail tous les jours et de développer autant de joueurs que vous le pouvez, de surveiller les agents libres, de bien drafter et d’assembler le tout.»

Comment Wembanyama et les Spurs traversent le « process »

Les matches à ne pas manquer en janvier :

  • Jeudi 4 janvier : contre les Bucks, son premier duel face à Giannis Antetokounmpo
  • Mercredi 10 janvier : contre les Pistons, le choc des pires équipes de la NBA
  • Vendredi 19 janvier : contre les Hornets, le premier choix de la draft face au deuxième
  • 20 et 29 janvier : contre les Wizards, les retrouvailles avec Bilal Coulibaly
  • Lundi 22 janvier : contre les 76ers, son premier duel face à Joel Embiid
  • Mercredi 24 janvier : contre le Thunder, la course avec Chet Holmgren pour le Rookie of the Year

Le Wembanya-mois de novembre

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