Anthony Davis l’homme qui peut (va) faire la différence pour les Lakers

Agressif, actif et déterminant, Anthony Davis est l’homme clé des Los Angeles Lakers dans leur quête du titre NBA. La superstar qui va tout changer.

Anthony Davis l’homme qui peut (va) faire la différence pour les Lakers
Brandon Ingram. Lonzo Ball. Josh Hart. Et même quatre tours de draft, dont un dans le top-cinq. Et pourtant, ça valait quand même le coup. Ça valait le coup pour les Los Angeles Lakers de se séparer d’autant d’atouts pour acquérir les services d’Anthony Davis l’été dernier. Parce qu’une superstar, en NBA, ça n’a pas de prix. A.D. est l’un des cinq ou six (trois ?) meilleurs basketteurs de la planète. Il l’était d’ailleurs déjà aux New Orleans Pelicans. La misère de la franchise – malchances, mauvais choix, blessures – cachaient juste la plénitude de son talent. Tout le monde savait qu’il était fort. Mais c’est maintenant qu’il porte les couleurs des mauves et ors que certains réalisent à quel point. Un « game changer ». Purement et simplement. Et peut-être même LE « game changer » au sein d’une formation qui compte pourtant LeBron James, triple champion NBA et quadruple (bientôt quintuple ?) MVP. Si le King reste le plus populaire, le visage de l’effectif et de la ligue, c’est son coéquipier qui a pourtant les cartes en main pour offrir aux Lakers la dix-septième bannière tant attendue. Et il n’a pas fallu attendre la « bulle » de Disney World pour tirer ce constat. Mais les premières sorties de Davis dans l’environnement si particulier d’Orlando donne encore plus de poids à cet argument. Pour son entrée en lice, le mono-sourcil le plus féroce du milieu s’était payé les voisins, les Los Angeles Clippers, en compilant 34 points, 8 rebonds et 4 passes. Pour une courte victoire (103-101) dont beaucoup ont surtout retenu le panier pour la gagne de James. Mais sans la domination de son partenaire dans la raquette – et ce des deux côtés du parquet – les Lakers n’auraient même pas été en mesure de gagner. Il a ralenti Kawhi Leonard sur certaines séquences et il s’est baladé au cœur de la défense des Clips pendant toute la rencontre. Mais deux jours après, les Toronto Raptors le limitaient à 14 petits points et un très discret 2 sur 7 aux tirs. Pour une défaite de 15 points des Angelenos. Pourtant, lui avait le sentiment d’avoir fait son boulot.

« J’ai fait les bonnes lectures. Nous n’avons pas été en réussite aux tirs, ni même à trois-points.  Ce qui les a poussés à continuer à faire des prises-à-deux sur moi. Je pense que si nous avions rentré un ou deux tirs, ça aurait changé leur plan de jeu. »

Les Dinos n’ont pas voulu se faire écraser par l’astéroïde Anthony Davis. La tactique était claire : le serrer de près pour l’empêcher de manœuvrer. Et ainsi le forcer à ressortir la gonfle. Ce qu’il a fait. Sans l’adresse de ses camarades (35%), l’emporter paraissait impossible. Mais à charge de revanche pour le joueur de 27 ans. Cette nuit, il s’est lâché sur le Jazz et Rudy Gobert, double lauréat du trophée de DPOY. 42 points en 28 tirs, 12 rebonds, 4 passes et 3 interceptions. Dont 23 en première mi-temps. La vingtième fois qu'il atteint la barre des 20 pions avant la pause cette saison. Une première depuis Kobe Bryant en 2013.

« Le coach m’a demandé d’être plus agressif. Il a eu le sentiment que j’ai laissé Toronto imposer son plan de jeu sur moi et je suis d’accord. Je faisais les bons choix mais j’aurais quand même dû être plus agressif », avouait le héros de la soirée.

Et ça change tout pour les Lakers ! Parce qu’ils sont très durs à battre quand un géant de sept pieds aussi agile et adroit se met à attaquer le panier action après action. L’équipe d’Utah, pourtant réputée pour sa défense, est restée sans solution.

« Ils sont désavantagés sur ce duel selon moi », note Alex Caruso. « Donc ils mettent Rudy Gobert sur lui. Quand c’est un défenseur plus petit, il [Davis] peut poster. Et quand c’est un adversaire plus grand, il le fait sortir de la raquette. C’est ce qu’il a fait en fin de match. Il a sorti Rudy de la peinture pour mettre des gros tirs. »

Quatre nouveaux paniers à trois-points pour Anthony Davis. Dont un step back monstrueux, en tête de raquette après avoir posé quelques dribbles, avec la faute de Gobert. Une action à quatre points qui a scellé la victoire de Los Angeles dans la dernière minute. Un panier digne d’un meneur, le poste qu’occupait A.D. quand il était adolescent. Il a gardé des réflexes tout en prenant des centimètres. Et c’est ce qui le rend si injouable. Le Jazz n’avait pas de solution. Mais c’est le cas pour de nombreuses équipes (sauf peut-être… Milwaukee). Les Clippers, par exemple, sont bâtis pour contrer LeBron avec Leonard et Paul George dans le périmètre. Mais ils n’ont personne pour ralentir le mastodonte. Ni Marcus Morris, ni Montrezl Harrell ne semblent aptes à cette tâche. Joakim Noah aurait pu le faire… il y a cinq ans. Et ce n'est pas comme si son impact se limitait à l'attaque. Il brille aussi en défense. Suffisamment long pour gêner les pivots mais assez mobile pour rester devant des attaquants plus rapides. Un sérieux favori au trophée de meilleur défenseur justement.

« C'est une licorne. Il peut tout faire. Je suis conscient de ses talents à l'intérieur et à l'extérieur », témoignait LeBron James.

Avec 30 points, 43% à trois-points, presque 9 rebonds et 4 passes en trois matches disputés dans la « bulle », Anthony Davis confirme qu’il est en grande forme. Il n’a peut-être pas une grande expérience des playoffs (13 matches) mais il a brillé à chaque fois qu’il s’est retrouvé à ce stade de la compétition (30-13 de moyenne). Petit paradoxe, il est certainement le meilleur défenseur ET le meilleur attaquant des Lakers sans être considéré comme la première superstar de l’équipe. Mais s’il y a bien un joueur qui peut les mener au bout, c’est lui.

Les 42 points d'Anthony Davis

https://www.youtube.com/watch?v=UGnskAi6114