Chris Paul va enfin découvrir les finales de Conférence !

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Souvent raillé pour son absence de résultat en playoffs, Chris Paul peut souffler un grand coup. Vainqueur avec les Houston Rockets cette nuit, le meneur All-Star a passé le second tour pour la première fois de sa carrière.

Oh celle-là, Chris Paul la voulait. Fortement. Et il est donc allé la chercher comme un bonhomme. Les Houston Rockets n’avaient besoin que d’une victoire supplémentaire pour éliminer le Utah Jazz. Mais pour CP3, il y avait bien plus en jeu. Une première finale de Conférence à la clé. Il a donc tout donné pour délivrer la plus belle performance de sa carrière en playoffs. 41 points, 8 tirs primés, 10 passes décisives et pas la moindre balle perdue. Il est même le premier joueur de l’Histoire à terminer avec plus de 40 pions et 10 caviars sans ballon perdu.

« Quelque chose ne tournerait pas rond si Chris n’avait pas atteint les finales de Conférence avec une telle performance », remarquait son coach Mike D’Antoni. « Il est entré sur le terrain et il a pris le contrôle du match. Il n’avait encore jamais eu cette opportunité et il l’a saisi », ajoutait James Harden.

Le vétéran a inscrit 20 de ses 41 points dans le dernier quart temps sous les chants de la foule. « CP3, CP3, CP3 ». Il a fait la différence en enchaînant les paniers importants au moment où le Jazz était repassé devant au tableau d’affichage. Il a effectivement saisi sa chance. Enfin saisi. Parce qu’en réalité, il avait déjà eu des opportunités. S’il la voulait autant, cette qualification, c’est d’abord parce qu’il la longuement attendue. 13 saisons en NBA et 10 campagnes de playoffs pour finalement passer le second tour. Paul a beau être l’un des quinze meilleurs joueurs de l’Histoire à son poste – un futur Hall Of Famer – il s’était surtout taillé une réputation de loser. De mec qui craque lors des matches à enjeux. Faux, faux et faux, à l’exception d’une ou deux boulettes du multiple All-Star.

Il a toujours été excellent en playoffs. Mais les résultats ne parlent pas en sa faveur. C’est vrai. Il était pourtant tellement fort en 2008... Ses New Orleans Hornets avaient poussé les San Antonio Spurs, champions en titre, jusque dans leurs derniers retranchements avec un ultime Game 7 perdu par Chris Paul et les siens. Il manquait alors de talents à ses côtés. Il marchait aussi sur l’eau en 2015 quand il a sorti ces mêmes Spurs, là encore sacrés un an auparavant, à l’issue du septième manche justement. Avec un game winner pour conclure la série. Mais ses Los Angeles Clippers ont – inexplicablement – lâché prise alors qu’ils menaient 3-1 contre les… Rockets au tour suivant. Ils se sont finalement inclinés 3-4.

Des tas de mauvais souvenirs et d’actes manqués presque balayés d’un revers de la main après la victoire cette nuit. C’est quasiment une consécration, même si les Texans ont évidemment des ambitions beaucoup plus grandes. Les joueurs jureront d’ailleurs que cette saison constituerait un échec s’ils ne remportaient pas le titre. Ils veulent aller au bout et tout autre résultat serait décevant. Mais cette qualification pour les finales est tout de même un mini-événement à l’échelle de CP3. Il a réussi son pari en rejoignant Houston. Son association avec Harden a parfaitement fonctionné. Ensemble, ils ont roulé sur le championnat pendant la saison régulière. Leur tandem a fonctionné quasiment instantanément alors que les plus sceptiques n’imaginaient pas deux maestros cohabiter. Paul va donc jouer sa première finale de Conférence dès sa première saison aux Rockets.

Ils vont maintenant disputer le choc des titans contre les Golden State Warriors. Une découverte à ce niveau pour le joueur de 33 ans. Il n’a jamais affronté une équipe aussi forte. Lui et ses coéquipiers vont donc devoir se surpasser pour sortir les triple-finalistes. Peut-être que c’est presque trop en demander d’un coup. Peut-être qu’il faut y aller étape par étape (avec une première finale NBA disputée l’an prochain en cas de signature de LeBron James à Houston ?). Mais quoi qu’il arrive au tour suivant – sauf un sweep honteux, évidemment – cette simple qualification pour les finales de Conférence est déjà une petite revanche pour Chris Paul.

Le carton de Chris Paul contre Utah