Les nouveaux Cavaliers font déjà kiffer !

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Retour et analyse de la première sortie très encourageante des Cleveland Cavaliers remaniés en profondeur le soir de la deadline. Les recrues ont déjà brillé !

Il n’a suffit que d’une seule séance d’entraînement pour que les Cleveland Cavaliers paraissent transfigurés. A défaut d’avoir développé des automatismes, les membres de cette équipe remaniée dans les grandes largeurs le soir de la deadline affichaient quelque chose d’encore plus important : des sourires. L’envie de s’éclater ensemble. De se défoncer les uns pour les autres sur le terrain. Et ça, c’est exactement ce qui manquait au groupe qui vivait mal avant d’être détruit à grands coups de hache par le GM jeudi dernier.

La mauvaise atmosphère du vestiaire a été évacuée. Les dirigeants ont expédié tous ceux qui ne voulaient pas être là. Isaiah Thomas et son mal-être, son incompatibilité avec LeBron James et sa frustration. Le fantôme de Jae Crowder, le cadavre en décomposition de Derrick Rose, le corps vieux, usé et fatigué de Dwyane Wade, les états d’âme d’Iman ShumpertChanning Frye est peut-être le seul qui va vraiment manquer aux Cavs. Mais il n’était plus en mesure de vraiment contribuer sur le parquet.

Les tensions ont donc été apaisées. Et du sang neuf a été injecté. De la jeunesse. Jordan Clarkson, Rodney Hood et Larry Nance Jr, les trois recrues de 25 ans récupérées, faisaient bien leur âge pour leur première avec leur nouvelle équipe contre les Boston Celtics hier soir. Et ce dans le sens positif du terme. Ils étaient débordants d’énergie. Plein de gouache. Même George Hill, 31 balais, semblait plus frais après avoir enfin quitté le marasme dans lequel il s’était lui-même plongé en signant aux Sacramento Kings l’été dernier.

Le GM Koby Altman avait promis un James « rajeuni » par tous ces transferts. C’est effectivement le cas. Le King était lui aussi tout pimpant hier soir, et ce malgré une petite frayeur au genou qui l’a éloigné du parquet quelques minutes en première période. Il a frôlé un troisième triple-double de suite (24 points, 8 rebonds et 10 passes en 28 minutes). Mais surtout, il avait donc enfin retrouvé son large sourire jusqu’aux oreilles quand, depuis le banc, il assistait au récital de ses nouveaux coéquipiers.

Si le quadruple MVP a achevé les Celtics à coup de trois-points ou de pénétrations, il a aussi bien profité du travail de ses camarades. Et eux ont parfaitement bénéficié de ses passes décisives. Une relation donnant/donnant pour cette nouvelle version des Cleveland Cavaliers très séduisante pour sa première sortie. Il y a quelques constats – pas des conclusions, des constats – très intéressants à faire de ce match contre Boston. Globalement, les joueurs de Tyronn Lue ont été bien meilleurs (qu’ils ne l’étaient avant tous ces changements) des deux côtés du parquet. Ils ont maintenu les Celtics sous les 100 points tout en inscrivant 121. Une complète métamorphose pour une formation qui se mangeait plus de 120 pions du Magic il y a quelques jours.

Quand LeBron James est entouré de shooteurs capables de faire la différence en dribbles, le danger vient d’absolument partout pour Cleveland. Jeff Green, Cedi Osman, Hood ou Hill ne sont pas des stars NBA mais ils sont les compléments idéaux d’un porteur de balle comme le natif d’Akron. Il y avait plus d’espaces. Un meilleur spacing bien exploité par James qui a perforé plusieurs fois la défense des Celtics en isolation.

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Autant d'espace pour LeBron James, c'est panier automatique.

George Hill, nouveau chien de garde des Cleveland Cavaliers

Seul titulaire parmi les recrues, George Hill est peut-être celui qui a le plus impacté le jeu. Alors que ses statistiques ne sont paradoxalement pas les plus frappantes. Le nouveau meneur des Cavaliers a inscrit 12 points à 3/8 aux tirs. Il a perdu trois ballons et n’a distribué qu’une seule passe décisive. Mais son différentiel est déjà plus parlant : +17 en 21 minutes. C’est surtout en défense qu’il a fait le boulot. Le vétéran n’est pas particulièrement grand (1,88 m) mais il a une sacrée envergure pour son poste (2,06 m). Ses longs bras lui permettent de contenir des adversaires plus longs que lui. Ça c’est vu sur les changements de vis-à-vis après écran. Il a su tenir Jayson Tatum (9 pts) et Marcus Morris, incapables d’exploiter les duels a priori avantageux. Il a aussi limité Kyrie Irving (18 points, 1/7 à trois-points).

C’est évidemment une énorme amélioration par rapport à Thomas. Le meneur de poche n’est pas en mesure de ralentir qui que ce soit dans cette ligue. Or les Cleveland Cavaliers ont besoin d’une solide base défensive sur la ligne arrière.

Hood, Clarkson et Nance pimpants en sortie de banc

Jordan Clarkson et Rodney Hood ont un tout autre rôle. Il leur est demandé de défendre – pas la spécialité du premier mais le second a les atouts physiologiques – mais surtout d’apporter du jus en sortie de banc. Ça change carrément d’un second cinq avec Dwyane Wade ! Ils ont les jambes. L’adresse extérieure. Trois paniers primés chacun et deux belles performances offensives : 17 et 15 points en 11 tirs tentés. Leur camarade Larry Nance Jr n’a pas marqué autant mais il a lui aussi apporté son énergie, ses écrans, ses courses, etc.

« C’est comme s’ils avaient toujours été là », commentait un LeBron James enthousiaste après la rencontre. « Tout a commencé avec George Hill qui a mis la pression en défense. Ensuite les trois gars sont sortis du banc. Ils ont bien débuté. C’est un bon départ pour toute notre équipe renouvelée. »

Ce n’est qu’un seul match. Comme dit plus haut, ce sont des constats, pas des conclusions. Et ils sont pour l’instant très positifs. Boston n’avait pas encore été dominé de la sorte par un candidat au titre. Mais les Celtics semblaient eux aussi bien palots. Il y aura d’autres tests pour ces Cleveland Cavaliers new look. En saison régulière puis évidemment en playoffs, quand l’intensité sera d’un tout autre niveau.