3 équipes qui doivent absolument recruter avant la deadline

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

La plupart des franchises cherchent à dégraisser leur effectif à l'approche de la deadline NBA du 8 février. Mais ces trois équipes ont intérêt à se renforcer.

A chaque deadline NBA, c’est la même histoire. Il y a les équipes qui achètent. Celles qui ont besoin de renforcer leur effectif dans le but de sauver leur saison avec une qualification en playoffs ou d’ajouter une pièce ou deux afin de vraiment être en mesure de luter pour le titre. Puis il y a les franchises qui vendent. Celles qui plient boutique. Prête à tanker après avoir refourguées leurs vétérans.

Avec le contrecoup financier de l’explosion du Cap en 2016, la plupart des organisations ont dans l’optique de faire des économies. Dès maintenant et encore une fois en juillet. Il n’y a plus autant d’argent à offrir sur le marché et les free agents – ceux de la classe moyenne, pas les superstars – vont devoir se contenter des millions de dollars disponibles par-ci, par-là. Il y a donc plus de vendeurs que d’acheteurs à l’approche de la deadline. Mais nous avons tout de même trouvé quatre formations qui ont intérêt à recruter du monde d’ici le 8 février.

La deadline, date clé pour les Cleveland Cavaliers

Les heures passent et l’avenir de LeBron James dans l’Ohio paraît déjà de plus en plus incertain. Chaque jour qui rapproche les Cleveland Cavaliers de la deadline éloignent un peu plus le quadruple MVP des triples finalistes. Parce que, pour l’instant, Dan Gilbert, proprio qui s’est approprié la gestion sportive de l’équipe, reste laxiste. Il se refuse à la tentation de céder le précieux choix de draft non protégé des Brooklyn Nets. Une assurance tous risques pour reconstruire en cas de James. Ironie du sort, c’est peut-être le fait même de conserver ce pick qu’il a lui-même négocié aux Boston Celtics (Gilbert est très actif dans chaque décision depuis qu’il a renvoyé le GM David Griffin fin juin) qui va finir par pousser le King vers la sortie.

LeBron n’a pas souhaité donner d’indication sur son avenir à ses employeurs. Ils avancent donc dans le flou le plus total. Une chose semble acquise : dans l’état, ce groupe n’est absolument pas en mesure de rivaliser avec les Golden State Warriors. Peut-être pas même jouer une quatrième finale consécutive. C’est dire les dysfonctionnements qui rongent la formation coachée par un Tyronn Lue complètement perdu. Pas d’efforts, de défense, de confiance… les soucis se multiplient.

Pour donner un second souffle aux Cavaliers, il va falloir injecter du sang frais. Et de qualité. Du joueur d’impact d’un niveau supérieur à ceux de Kyle Korver, Channing Frye ou Timofey Mozgov, additions qui ont aidé Cleveland à défier trois fois Golden State.

Quelques propositions pour épauler LeBron James

Kemba Walker

Il y a quelques bons joueurs – presque stars – susceptibles d’être dénichés à condition d’y mettre le prix. Michael Jordan a assuré qu’il ne céderait pas Kemba Walker sans contrepartie intéressante mais les Cavaliers ont intérêt à au moins formuler quelques offres pour le meneur des Charlotte Hornets.

CHARLOTTE REÇOIT : Channing Frye (7,4 millions expirants), Iman Shumpert (10,3 millions jusqu’en 2019), Cedi Osman (2,6 millions jusqu’en 2020), le pick 2018 des Brooklyn Nets
CLEVELAND REÇOIT : Kemba Walker (12 millions jusqu’en 2019), Marvin Williams (13,1 millions jusqu’en 2020)

Le contrat de Marvin Williams est presque obligatoire en cas de transfert de Walker. Si les Hornets décident de repartir de zéro, ils auront à cœur de céder le plus de contrats encombrants possibles (Nicolas Batum, Dwight Howard, Michael Kidd-Gilchrist). Le meneur ferait doublon avec Isaiah Thomas et Derrick Rose mais les Cavaliers pourraient toujours couper l’ancien MVP, quasiment inutile cette saison. IT basculerait alors dans un rôle de sixième homme qui correspondrait mieux aux besoins de l’équipe vu son manque de rythme offensif et ses lacunes défensives.

Le retour peut sembler faible pour un All-Star. Mais Walker n’est pas non plus l’un des cinq ou six meilleurs joueurs à son poste. Les Cavaliers céderaient le pick pour le récupérer mais 1) il aurait là un joueur majeur à associer à Kevin Love pour assurer la transition en cas de départ de LeBron James 2) rien ne dit que le rookie drafté avec le choix des Nets devienne un jour aussi fort que l’actuel meneur de Charlotte. Néanmoins, ce transfert semble très, très, peu probable. En effet, les frelons sont revenus dans la course aux playoffs et ils ne sont peut-être plus intéressés à l’idée de lâcher leur meilleur élément. Une autre alternative plus abordable revient à essayer de chopper Lou Williams. Tiens, en parlant des Clippers…

DeAndre Jordan Los Angeles Clippers

LOS ANGELES RECOIT : Channing Frye (7,4 millions expirants), Tristan Thompson (16,4 millions jusqu’en 2020), le pick 2021 des Cleveland Cavaliers (protégé 1-8)
CLEVELAND RECOIT : DeAndre Jordan (22,6 millions expirants)

A noter que si Frye a déjà été envoyé ailleurs, les Cavaliers peuvent inclure un autre joueur (Osman, Ante Zizic ou même les contrats minimums de Derrick Rose ou José Calderon). Ils récupéreraient donc là un autre All-Stars sans céder le pick des Nets. De toute façon, les dirigeants n’oseront jamais échanger ce choix de draft pour un joueur comme DeAndre Jordan. Le pivot des Los Angeles Clippers a l’étiquette d’un All-Star. Mais c’est en réalité un excellent joueur de devoir. Dans son rôle. Dans son style.

Ce transfert peut éventuellement être intéressant pour les Californiens si jamais ils n’ont pas l’intention de prolonger DAJ cet été. Thompson coûte légèrement moins cher et il est moins bon. Mais le pick 2021, une époque probablement post-LeBron ou post-prime-LeBron, est un pari qui peut s’avérer payant si les Clippers se montrent patients. Dans un monde idéal (pour les Cavaliers), James serait donc soudainement entouré de Jordan, Love, Smith et Walker dans le cinq majeur avec Thomas en sortie de banc. Allez, pour le fun :

WASHINGTON REÇOIT : Isaiah Thomas (6,2 millions expirants), Channing Frye (7,4 millions expirants), le pick 2018 des Brooklyn Nets, le pick 2021 des Cleveland Cavaliers (non protégé), le droit de swap les picks en 2020
CLEVELAND REÇOIT : John Wall (18 millions jusqu’en 2023)

John Wall n’est plus apprécié par ses coéquipiers ? Allez, sautons-le. Après tout, son équipe joue bien sans lui, non ? Bon, ce transfert est suicidaire. Irréaliste.

Oklahoma City pour séduire Paul George

Mais qui aurait cru que la perte du manchot Andre Roberson poserait autant de problèmes au Thunder ? Même avec 5 points par match et 22% aux tirs, le maçon a un impact positif sur le jeu de son équipe. Oklahoma City encaisse seulement 96 points sur 100 possessions quand il est sur le parquet. Ce chiffre grimpe de 12 points quand il est sur le banc. Le plus fou, c’est que son incapacité chronique a shooté ne perturbe pas tant que ça le jeu offensif des siens. Le Thunder marque à peine plus de points sans Roberson : 108 contre 106 sur 100 possessions.

Son absence s’est donc évidemment traduit par des revers à répétition. OKC a perdu quatre des cinq matches disputés qu’il s’est blessé au genou. Il est malheureusement out pour la suite de la saison. Il va donc falloir lui trouver un remplaçant dans le même profil. Russell Westbrook et ses coéquipiers sont actuellement cinquièmes à l’Ouest et ils se doivent de faire bonne figure en playoffs pour définitivement convaincre Paul George (et peut-être Carmelo Anthony) de rester à bord du navire. Le seul hic, c’est l’absence totale ou presque d’assets d’une franchise qui a cédé la plupart de ses picks à venir.

Avery Bradley

LOS ANGELES REÇOIT : Jerami Grant (1,5 million expirant), Alex Abrines (5,7 millions jusqu’en 2019), un second tour de draft
OKLAHOMA CITY REÇOIT : Avery Bradley (8,8 millions expirants)

Les Los Angeles Clippers ne savent pas encore quelle direction ils vont prendre dans les mois à venir. Mais il y a des chances qu’ils continuent de dégraisser leur effectif après       avoir déjà transféré Blake Griffin. Bradley est libre à l’issue de la saison et ce serait-là le moyen d’éviter de le perdre sans obtenir une contrepartie. Les Californiens récupéreraient là deux joueurs susceptibles d’être testés en cas de long processus de reconstruction. Le pick s’inscrirait dans la même stratégie. Les dirigeants ont su trouver récemment quelques bons jeunes joueurs – Tyrone Wallace, Jawun Evans – acquis au second tour. Autant continuer dans ce sens.

Le Thunder sacrifierait deux membres importants de son banc de touche, déjà faiblard. Mais Avery Bradley a les capacités pour faire encore mieux que Roberson. C’est un plus petit gabarit mais c’est un défenseur coriace. Peut-être même l’un des plus efficaces sur l’homme de la NBA quand il est motivé – ce qui n’était pas le cas aux Detroit Pistons. OKC se trouverait-là un nouveau chien de garde pour aller mordre du monde en playoffs. Sauf que Bradley est aussi un attaquant plus que correct. Encore 15 pions par match cette saison. Avec surtout 38% derrière l’arc. Il serait le complément vraiment idéal pour partager le backcourt avec Russell Westbrook. Marcus Smart, star locale quand il squattait à Oklahoma State en NCAA, aurait été une option intéressant si le Thunder disposait encore de son premier tour de draft.

Boston, pour chatouiller Golden State

Allez, soyons honnête : les Boston Celtics sont actuellement les favoris pour remporter les playoffs à l’Est. Ce n’est pas du tout cuit, loin de là. Mais à l’instant T, les joueurs de Brad Stevens sont mieux coachés, leur collectif est plus abouti et ils ont plus de talents que les Cleveland Cavaliers. Le King est la seule (énorme) différence entre les deux équipes mais lui-même semble avoir moins de jus après avoir disputé sept finales NBA de suite.

Kyrie Irving et ses coéquipiers ont un vrai coup à jouer. Sauf qu’il va falloir se renforcer pour a) assoir ce statut de favori b) au moins résister contre les Golden State Warriors en cas d’affrontement en juin. Les Celtics ont déjà commencé leur entreprise en signant Greg Monroe, fraîchement coupé par les Phoenix Suns. Ce n’est peut-être qu’un début. Danny Ainge est un génie sans scrupules (ou presque) qui reste à l’affût de la moindre affaire. Le comble, c’est que le GM dispose toujours de suffisamment d’assets pour remporter d’éventuelles enchères sur un joueur. Le tout en étant à la tête de l’une des trois meilleures équipes NBA.

Les Celtics veulent notamment renforcer le banc. Le deuxième cinq manque clairement d’un go-to-guy capable de faire la différence balle en main. La formation se repose essentiellement sur son collectif très abouti et sur les systèmes géniaux de Stevens (et un peu sur le talent de Terry Rozier III) pour s’en sortir quand Irving, Al Horford ou Jayson Tatum se reposent. Mais ça, ça passe vraiment en saison régulière. Nettement moins en playoffs.

Lou Williams

DENVER REÇOIT : Marcus Smart (4,5 millions expirants), un second tour de draft des Los Angeles Clippers
LOS ANGELES REÇOIT : Richard Jefferson (1,5 million expirant), Malik Beasley (1,7 million jusqu’en 2020), un premier tour de draft des Denver Nuggets
BOSTON REÇOIT : Lou Williams (7 millions expirants)

Qui de mieux pour relancer le banc des Celtics que le grandissime favori pour le trophée de meilleur sixième homme de l’année ? Williams joue le meilleur basket de sa carrière (23 pts, 5 pds) et il mérite de jouer pour le titre, à défaut d’avoir été All-Star. A noter que ce transfert peut se faire en deux temps. Il se murmure que Boston chercherait à récupérer un premier tour de draft en l’échange de Marcus Smart, qui sera free agent protégé cet été. La franchise n’aura peut-être pas les sous pour le prolonger. Alors autant le transférer et maximiser le pick obtenu en récupérant l’un des jokers offensifs disponibles sur le marché.

MEMPHIS RECOIT : Un premier tour de draft à déterminer
BOSTON RECOIT : Tyreke Evans (3,2 millions expirants)

Deal moins cher donc plus facile à mettre en place. Ce transfert suivrait donc un éventuel échange impliquant Marcus Smart. Boston se permettrait peut-être même de faire des économies dans le deal. La perte d’une guerrier comme Smart serait évidemment dommage mais elle serait compensée si l’organisation met la main sur un joueur comme Williams ou Evans. Allez, pour le fun :

NEW ORLEANS REÇOIT : Marcus Morris (5 millions jusqu’en 2019), Jaylen Brown (4,9 millions jusqu’en 2020), Marcus Smart (4,5 millions expirants), Aaron Baynes (4,3 millions expirants), Guerschon Yabusele (2,2 millions jusqu’en 2021), le pick 2018 des Los Angeles Lakers (protégé 1 puis 6-30), le pick 2019 des Los Angeles Clippers (protégé 1-14), le pick 2019 des Memphis Grizzlies (protégé 1-8)
BOSTON REÇOIT : Anthony Davis (23 millions jusqu’en 2021), Ian Clark (1,4 million expirant), Frank Jackson (815 000 dollars jusqu’en 2020)

Suicidaire, irréaliste, etc.