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Draymond Green, le meilleur vilain de la NBA

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Détesté partout en dehors d’Oakland mais pourtant si précieux pour les Golden State Warriors, Draymond Green va avoir un rôle primordial sur ces finales NBA. Pour le meilleur… ou pour le pire.

Les deux bras levés vers le ciel, acclamé par la foule. Il n’y qu’à l’Oracle Arena d’Oakland que le public considère Draymond Green comme un héros. Son héros. Le « bad boy » sait comment enflammer les esprits de ses partisans et de ses adversaires. Et entre ses provocations, ses excès d’humeur, ses fautes bien méchantes, ses petites danses, ses gestes et son blabla permanent, il a probablement soûlé tous ceux qui ne souhaitaient pas voir les Golden State Warriors gagner cette nuit.

Odieux personnage pour la majorité des passionnés, homme arrogant et même « abruti » parfois (au moins quand il risque de blesser ses vis-à-vis avec des coups vraiment déplacés). Green joue sans filtre. Parfois à la limite de l’absurde. Comme cette nuit, quand il a osé contester une décision arbitrale pendant dix plombes, au point de prendre une technique, alors qu’il venait ni plus, ni moins que de mettre une mandale dans la figure de LeBron James alors que ce dernier montait au cercle. La faute était évidente, presque grotesque. Mais il a tout de même craché sa rage. Ça, c’est lui tout craché. Et ça peut gonfler.

Sauf que cette attitude de « connard fini » est aussi ce qui lui permet de se booster. C’est ainsi que Draymond Green fait du Draymond Green et, vu son statut d’intérieur All-Star NBA, c’est globalement une note positive. Alors, nous, fans, journalistes, tous juges, aimerions évidemment qu’il mette de l’eau dans son vin. Qu’il se canalise. Ses âneries contrastent avec la classe d’un Klay Thompson, la bienveillance d’un Stephen Curry (jamais le dernier pour chambrer cela dit), l’impérialité d’un David West ou le charisme d’un Shaun Livingston. Des mecs droits. Et le pitre autour. Même Kevin Durant a arrêté de brailler toutes les deux possessions !

Mais c’est peut-être aussi ce qui fait la force de ce groupe. Les Dubs ont besoin d’un moteur. C’est Green. Ils le reconnaissent eux-mêmes. Ils ont besoin de lui. De son énergie. De ses coups de gueule. Et donc même de ses dérives. Le tout forme un ensemble. Alors, que retenir du bonhomme ? Doit-il vraiment essayer de se limiter ? Est-ce utopique que de penser qu’il est à même de garder son rôle sans pour autant tomber dans sa propre caricature ?

Aimé ou non, le constat est évident : il a une vraie influence sur cette équipe. Il peut la faire payer, comme lors des finales 2016. Dray a pété un boulon lors du Game 4 et il a été suspendu pour le Game 5. Le reste appartient à l’Histoire. Il devra veiller à ne pas commettre l’irréparable, à savoir une bourde du même ordre. Il a déjà plus ou moins provoqué une incartade avec Tristan Thompson lors du Game 1 cette nuit…

Mais au-delà des éventuelles sanctions et autres coups de péripatéticienne, Draymond Green est toujours un homme clé du système de Steve Kerr. Il défend dur, prend des rebonds et crée du jeu. 13 points, 11 rebonds, 9 passes, 5 interceptions et 2 blocks cette nuit. Tellement propre. Son vice fait oublier à quel point sa présence est indispensable. N’empêche que ça frôle le triple-double.

La série dépendra aussi de lui. Et notamment de sa capacité à rentrer ses tirs. Les Cavaliers vont souvent le laisser grand ouvert à trois-points. C’est de bonne guerre. C’est même presque contraint. Les adversaires des Warriors doivent déjà penser à ne pas laisser le moindre centimètre d’espace à Curry, Durant et Thompson. Alors, forcément, Green est invité à prendre ses tickets. C’est à lui de faire. C’est à lui de les mettre. Il restait d’ailleurs sur 20 ratés sur ses 22 dernières tentatives avant de planter les deux qu’il ne fallait surtout pas louper. Il est là, le charme. Manquer, manquer, manquer pour finalement inscrire les deux plus importants.

D’abord à moins de cinq minutes du buzzer. Un panier primé pour débloquer les compteurs. 97-94 suite à cette flèche décollée de loin. Il en a mis un autre, cette fois en prolongation, pour enterrer Cleveland pour de bon en donnant dix points d’avance aux siens.

Draymond Green l’ouvre sans cesse alors il est attendu au tournant. C’est donc à lui de se calmer suffisamment pour ne pas craquer. Suffisamment pour ne pas pénaliser son équipe. C’est surtout à lui de continuer à mettre les tirs importants pour faire gagner. S’il est assez adroit, les Warriors devraient rouler vers le titre. Et une troisième bague à agiter sous le nez de ses détracteurs serait sans doute la plus belle des récompenses