Maintenant, les Bleus doivent aller au bout

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Vainqueur héroïque de Team USA, l’équipe de France doit garder les yeux rivés sur l’objectif : la médaille, en Or si possible.

Quelques applaudissements. Un petit cri sorti de nulle part, presque timide. Mais pas de débordement de joie. Pas d’euphorie. Le vestiaire était calme, comme s’il était encore concentré sur la tâche à venir, après la victoire historique de l’équipe de France contre Team USA en quarts de finale de la Coupe du Monde hier (89-79). Avec le message important d’Evan Fournier : « encore deux les gars, encore deux » et la réponse de Rudy Gobert : « on va le faire. »

Et ça, c’est un contraste avec le dernier Mondial. Le dernier exploit. Quand, en 2014, des tricolores pourtant privés de Tony Parker et Nando De Colo, entre autres, avaient éliminé une redoutable armada espagnole sur ses terres, à Madrid, au même stade de la compétition. Le voisin ibérique n’a peut-être pas le prestige américain mais, croyez-le, les sortir, c’était au moins aussi irréaliste. D’ailleurs, quasiment personne – PERSONNE – ne voyait la France gagner ce match contre La Roja à l’époque. Là, il y avait tout de même beaucoup plus d’optimistes avant le quart de finale contre un Team USA fébrile, Kurt Helin en sait quelque chose.

L’Espagne de Pau, Marc Gasol, Navarro, Calderon, Ibaka et compagnie était colossale. Au sommet de son art. Devant son public. Déterminé à en découdre avec les stars NBA après une très courte défaite en finales des Jeux Olympiques de Londres en 2012. Elle avait balayé la France en poules. Hormis Vincent Collet, ses assistants et son groupe, les pessimistes étaient nombreux et ils n’étaient même pas rappelé à l’ordre à l’époque tant la défaite semblait logique. Puis un miracle s’est produit. Un match parfait des Bleus, rugueux, concentrés comme jamais, peut-être même encore plus qu’en 2013 quand ils ont été sacrés champions d’Europe.

La victoire, et nous l’avons vécu sur place, avait été suivie d’un vent de folie. Embrassades, hurlements. Un sentiment dingue. C’était quand même la grande Espagne qui venait d’être envoyée au tapis ! L’ennemi juré. Un vrai moment de bonheur. Et tout le monde s’est enflammé. La France n’était plus qu’à un match de défier les Etats-Unis en finale. Une demie contre la Serbie, à peine renaissante et déjà battue au premier tour. Une formalité presque. Et bien non.

L’équipe de France a manqué de sérieux au tour suivant. Notamment en première mi-temps. Sa défense et sa rigueur ont disparu et ils ont rapidement pris l’eau, après plus de dix points de retard à la pause. La douche froide et l’élimination. Un scénario qu’il faut absolument éviter en Chine. Evan Fournier et Rudy Gobert, deux des nouveaux patrons du groupe, eux qui étaient encore des jeunes joueurs en apprentissage en 2014, ont l’air d’avoir retenu la leçon.

« On est des chiens. On n’a rien lâché. C’est trop facile de dire que ce n'était que mental, il y a eu notre intelligence de jeu, mais ce sont nos couilles qui ont parlé. On a gagné le quart, mais si on perd le prochain on rentre à Paris comme des connards », dixit l’arrière du Magic.

« Tout ça ne veut rien dire si on ne gagne pas l’Or », renchérit son compère du Jazz.

Il ne faut pas avoir peur d’être ambitieux.  Il y a la place. L’Argentine, adversaire surprenant de la demi-finale, est un ton en-dessous sous le papier. Mais c’est la réalité du terrain qui compte. Comme le dit Gregory Schneider, « à un moment, il y a des matches ». Il va donc falloir rester en mission. Surtout que ce sera une rencontre à aborder avec un état d’esprit différent. Il y a peut-être de la pression en plus désormais. Que ce soit contre l’Albiceleste, l’Espagne ou l’Australie. Battre les USA, c’est bien. Mais la médaille d’Or, maintenant, c’est ce qui compte.