Equipe de France : des Bleus trop softs ?

La France n'effraie plus. Vice-champions d'Europe en titre, les Bleus ont été, hier, les victimes d'une équipe serbe plus agressive et plus combative. En quart, ils devront sonner la révolte pour espérer passer.

Syra SyllaPar Syra Sylla | Publié  | BasketSession.com / NEWS / Équipe de France
Equipe de France : des Bleus trop softs ?
Alors que les bancs serbes et croates sont constamment sous la menace d’une sanction arbitrale pour trop plein d’agitation, chez les Bleus, peu démonstratifs, les effusions de joie ou révoltes suite à un coup de sifflet suspicieux se font (trop ?) rares durant les matches. Hier, l’équipe de France est de nouveau restée passive sur son banc. Les décisions arbitrales discutables, les assauts défensifs serbes ou encore la tentative de comeback menée par Nando De Colo dans le money time n'ont pas fait lever les foules. Les Bleus ont subi dans la peinture, sur les lignes extérieures, offensivement mais également défensivement. Auteur d’un match de mammouth, Nenad Krstic a fait une véritable démonstration. Alexis Ajinça d’abord puis Joffrey Lauvergne et Johan Petro n’ont à aucun moment su apporter l’opposition suffisante pour le limiter. De l’autre côté du terrain, les Français ont passé de longs moments à discuter les choix des officiels (à juste titre ou non). Malgré ses nombreuses percussions, Tony Parker n’a eu le droit qu’à deux lancers francs et a passé la plupart de son temps à cirer le parquet sans pour autant obtenir de coups de sifflets en sa faveur.
« On a été dominé en termes de dureté. Les Serbes jouaient très dur et on a semblé surpris par le niveau d’agressivité. Il faut absolument qu’on ait le même niveau que la Serbie mercredi et que ce soit comme ça jusqu’au bout de l’Euro. Il faut s’adapter à la situation proposée. En l’occurrence, là ça laisse beaucoup jouer. Donc il faut absolument qu’on ait la dureté qu’avaient les Serbes aujourd’hui », analysait Vincent Collet après la rencontre.
[caption id="attachment_121278" align="alignright" width="300"] « En termes de dureté et d’agressivité, il faut monter d’un cran." Collet[/caption] Contre la Serbie, les Français ont dû faire face à une grosse pression défensive. Cette même pression qui les avait empêchés de développer un jeu offensif léché face à la Lituanie.
« Certains ont été surpris et ne pensaient pas que la Serbie serait prête contre nous. 40 minutes, c’est énorme. Le truc dans cet Euro, c’est que les arbitres laissent beaucoup jouer. On a été attaqués et surpris. On n’a pas su répondre. C’est le match le plus intense que j’ai joué », avouait Nicolas Batum ce matin.
Les Serbes ont d’ailleurs été les premiers surpris par le niveau médiocre affiché par la France, vice-championne de l’Euro 2011.
« L’équipe de France est une bonne équipe et elle n’a pas joué à son niveau. C’était plus facile pour nous. Nous avons donné le meilleur pour gagner ce match et la France n’était pas à son niveau », nous confiait Bogdan Bogdanovic hier.
La France trop soft ? Les grandes nations européennes que sont la Serbie et la Lituanie n’ont en tout cas pas hésité à lui marcher dessus et, en quart de finale, la sanction sera la même. Le sélectionneur des Bleus en est bien conscient.
« En termes de dureté et d’agressivité, il faut monter d’un cran pour être prêt pour ce type de match. Ça sera vraiment un match de combat. »
[superquote pos="d"]"La présaison est terminée, la compétition commence maintenant." Batum[/superquote]Les Bleus ont-ils les armes nécessaires pour répondre à ce genre de défi ? En 2011 en Lituanie, la sélection française affichait un visage hargneux et était montée en intensité tout au long de la compétition. Hier soir, c’est tête baissée que Tony Parker et ses coéquipiers ont rejoint le vestiaire à l’issue de leur match. Vincent Collet expliquait la semaine dernière que les attitudes différaient effectivement de celles de 2011 mais que cela s’expliquait par la nature des joueurs, plus calmes, moins expressifs. L’inexpérience de certains est également à prendre en considération selon Batum, habitué aux grandes compétitions :
« On a beaucoup de jeunes qui vivent leur première expérience et il y a de la frustration parce qu’on n’arrive pas à montrer le jeu qu’on a envie de montrer. A la fin dans le vestiaire, on était tous agacés. »
Le manque de réaction, qui s’apparenterait parfois à un manque d’envie, pourrait en tout cas coûter très cher en quart de finale. La France a de grandes chances d’affronter l’Espagne, championne en titre et qui a dans ses rangs le meilleur intérieur européen en la personne de Marc Gasol, ou la Slovénie, qui aura derrière elle 12 000 personnes pour la soutenir. Mais si l’on en croit le discours de Nicolas Batum, les Bleus seront prêts.
« La présaison est terminée, la compétition commence maintenant. Je ne nous vois pas ne pas passer le quart de finale. Ça fait deux mois qu’on bosse pour ce match-là, le quart de finale. On a montré qu’on pouvait perdre contre tout le monde mais on peut aussi battre tout le monde. L’Espagne, on connaît l’histoire qu’on a avec eux. Les Slovènes, ce sont eux qui ont la pression. Ce sont deux équipes différentes. La Slovénie, ça court, tout le pays est derrière, si ça prend feu ça peut faire mal. L’Espagne, on les connaît. Je ne peux pas dire l’équipe qui convient le mieux. Je sais que l’on peut battre les deux. »
La défaite face à la Serbie permettra-t-elle à Vincent Collet de remobiliser ses troupes et de retrouver des Bleus révoltés, prêts à tout pour remporter leur quart de finale ? Une réaction est en tout cas attendue et la France aura besoin d’un collectif soudé et affamé pour rivaliser avec son adversaire mercredi, quel qu'il soit.
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