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Evan Fournier, la rage au coeur du vrai leader des Bleus

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

La déception d'Evan Fournier n'est pas passée inaperçue dimanche, alors que les Bleus fêtaient leur belle troisième place au Mondial en Chine.

La scène a marqué tout le monde. Alors que l'ensemble du groupe France était en liesse sur le terrain, puis lors du protocole de remise des médailles, un homme tirait une tête de 10 mètres de long. L'oeil hagard, le teint pâle. Puis les larmes aux yeux. Evan Fournier n'a pas attendu deux secondes avant de retirer la breloque que lui ont tendu les organisateurs pour récompenser la troisième place des Bleus dans cette Coupe du monde 2019 en Chine.

Ce n'est pas la première fois qu'un athlète retire sa médaille immédiatement. Généralement, c'est en signe de protestation parce qu'un juge ou un arbitre a "volé" au sportif en question un classement plus flatteur. Pour Evan, c'était autre chose. De la déception et même plus encore. Une sorte de sentiment de honte et de gâchis lorsque survient tout autre dénouement que la victoire.

C'est cette mentalité qui rend Evan Fournier indispensable

Est-ce qu'enlever une médaille de Coupe du monde de son cou alors qu'elle a longtemps été un rêve inaccessible pour une génération de basketteurs et de fans français est à saluer ? Non, évidemment. Mais c'est exactement ce genre de mentalité qui fait d'Evan Fournier un compétiteur à part et un joueur inestimable pour l'équipe de France. Lui demander de se réjouir d'avoir fini troisième alors que la moindre défaite ou contre-performance le rend presque physiquement malade depuis l'enfance est injuste. On se plaint suffisamment de la culture de la lose ou de l'absence de culture de la gagne dans le sport français depuis des siècles pour éviter de tirer à boulets rouges sur un joueur avec un son de cloche un peu dissonant.

"Pour être honnête, je me fous de la troisième place ou de battre Team USA. Nous sommes venus ici pour gagner la médaille d'or. Par pour ramener le bronze ou battre les Américains", a expliqué Evan Fournier au micro d'Eurohoops après la rencontre. Quand on regarde les effectifs, je ne me dis pas que l'Espagne et l'Argentine étaient les deux meilleures équipes du tournoi. Pourtant, elles ont mieux joué et elles ont gagné. C'est ça, le basket FIBA. Tout se joue sur un match", a déploré l'arrière du Magic.

Contre l'Argentine et même face à l'Australie dimanche, Evan a eu du mal à porter l'équipe sur ses épaules offensivement comme il l'a fait tout au long de la compétition. Malgré ça, on a quand même l'impression qu'il s'est passé quelque chose pour lui en Chine. Il avait déjà été l'homme le plus en vue des Bleus dans des compétitions par le passé. Mais pour la première fois, on a eu l'impression de voir un leader, un patron et un capitaine de route.

Son style de jeu ultra agressif et sa capacité à galvaniser les autres témoignent d'une évolution naturelle vers un rôle de n°1 sur le terrain et dans le vestiaire. Parions que cette immense déception et cette réaction à chaud auront des effets. Autant sur sa carrière en NBA, où il tentera de tout casser avec Orlando, qu'avec les Bleus. Tokyo n'est que dans un an et un immense défi attend l'équipe de France. Aujourd'hui, on ne peut plus l'imaginer rivaliser avec les meilleures nations mondiales sans Evan Fournier.