Evan Fournier vide son sac

Evan Fournier est sorti de son silence après sa non-sélection pour les Jeux Olympiques. Sans surprise, l'arrière du Magic n'a pas fait dans la langue de bois et a déploré le manque de considération à son égard.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Article
Evan Fournier vide son sac
On se disait ces derniers jours qu'Evan Fournier avait fait preuve de maturité et de lucidité après sa mise à l'écart du groupe France pour les JO 2016. Un silence presque étonnant, quand on connait le franc-parler de l'arrière du Magic et son attachement aux Bleus depuis les sélections de jeunes. La perspective d'être, quoi qu'il arrive, un pion essentiel du futur de l'équipe de France, était une bonne raison d'avaler la pilule et de s'abstenir de toute déclaration tapageuse ou décision hâtive comme avait pu le faire Edwin Jackson à l'époque. [superquote pos="d"]"Un manque de respect de la part de la Fédération".[/superquote]Finalement, Fournier avait tout de même besoin de vider son sac et d'exprimer son mal-être. La compétition décevante des hommes de Vincent Collet a évidemment créé encore davantage de frustration chez lui et c'est ce qui transpire de l'entretien qu'il a accordé à Yann Ohnona de L'Equipe cette semaine. On n'est évidemment pas dans le registre de ce qu'avait pu dire Alexis Ajinça en marge du TQO et on n'imagine pas l'avenir de "More Champagne" en sélection complètement remis en question. Simplement, le malaise est palpable quant aux méthodes employées pour lui faire connaître le choix de Vincent Collet et le manque de considération dont il a pu faire l'objet malgré les efforts consentis pour être disponible pour la compétition malgré un contexte professionnel particulier.
"J'avais la haine. Pendant la compétition, je ne voulais pas intervenir et dire un truc maladroit. Je connais les mecs, eux ont besoin d'être tranquilles, de faire leur tournoi, cela ne servait à rien. Mais j'ai appris ma non-sélection sur Twitter. Je m'en doutais depuis une semaine en lisant que seul Rudy Gobert était cité parmi ceux qui rejoindraient le groupe sans avoir disputé le TQO. J'ai eu un message vocal de Vincent Collet après la sortie de la liste qui m'expliquait sommairement les raisons". "Je pouvais prétendre à plus concernant mon contrat. J'avais demandé à mon agent de régler ça vite, pour ne pas risquer de manquer les Jeux. Le maillot bleu, c'est tout pour moi. Depuis mes quinze ans, je n'ai jamais manqué une sélection, sauf l'année de ma draft. J'estime qu'il y a eu un manque de respect de la Fédération par rapport à tout cela.
Et Evan Fournier de déplorer "l'absence de suivi et de contact durant la saison", que ce soit de la part de Collet ou du DTN Patrick Beesley.
"Les seul moment où j'ai entendu parler de la Fédération cette année, c'est pendant une visite de Patrick Beesley à Orlando où on m'a indiqué les dates du TQO et des JO. On ne m'a jamais dit : 'si tu ne viens pas à Manille tu ne viens pas à Rio'. Le deuxième contact, c'est un SMS de Vincent Collet, le seul en trois ans en-dehors des compétitions. C'était pour me demander des places pour un match pour un ami. [...] Je ne fermerai jamais la porte à l'équipe de France. Mais ces événements m'envoient un message clair : je ne suis pas dans le projet. C'est aussi simple que cela, et ça fait mal".
[superquote pos="g"]"J'aurais fait n'importe quoi pour y aller".[/superquote]Cette sortie du meilleur marqueur français en NBA la saison passée n'est pas qu'une vengeance d'un joueur qui considère que les Bleus auraient fait mieux sans lui. Sans surprise, Fournier "ne comprend pas" sa non-sélection "sur le pur plan sportif", mais c'est encore une fois le procédé qui, à juste titre, l'a interpellé et l'a poussé à s'en émouvoir publiquement 15 jours après la fin du parcours des Bleus au Brésil.
"S'il avait fallu faire ce qu'a fait Nico, je signais. Quelques dizaines d'heures d'avion ne m'auraient pas tué. Je comprends que la Fédération ne pouvait pas faire ça pour trois ou quatre joueurs, mais j'aurais apprécié qu'on me le propose. Les JO, c'est le rêve absolu. Je ne sais pas si j'aurai une autre occasion d'y aller... J'ai grandi à l'INSEP, dans une famille de sportifs. J'ai vu mes parents partir aux Jeux de Sydney en 2000. J'aurais fait n'importe quoi pour y aller".
Il sera intéressant d'entendre Vincent Collet à ce sujet prochainement, lui qui se défile rarement lorsqu'il est mis en cause. Favori à sa propre succession malgré les critiques récentes sur son coaching et son choix des hommes, le sélectionneur des Bleus pourra-t-il décemment éviter une vraie discussion avec Evan Fournier s'il entend faire de lui un cadre de l'équipe maintenant que certains "historiques" ont raccroché ? On guettera aussi l'éventuelle réaction du DTN, en espérant qu'il fera preuve d'un peu plus de pédagogie que son homologue du tennis Arnaud Di Pasquale. Au même titre que Kristina Mladenovic et Caroline Garcia, Evan Fournier a critiqué l'institution et ses méthodes...    
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