Danny Green et Gary Neal les facteurs X des San Antonio Spurs

A l'image de leur incroyable match 3, les surprenants Danny Green et Gary Neal ont un rôle prépondérant dans ces finales pour les San Antonio Spurs.

FX RougeotPar FX Rougeot | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
L'un ne va pas sans l'autre. On pourrait presque les appeler Gary Green et Danny Neal. Dans ces Finales NBA, le duo de shooteurs des San Antonio Spurs Danny Green et Gary Neal constitue une menace offensive de poids, avant tout derrière la ligne à trois-points. Les deux lascars s'en donnent à cœur joie dans cet exercice cher à leurs glorieux aînés Sean Elliott et Mario Elie, puisqu'ils tournent à 31/50 en cumulé, soit un irréel pourcentage d'adresse - en Finale NBA, sur autant de tentatives ! - de 62%.
"Quand on voit d'où ils viennent, leur histoire à tous les deux est incroyable", résume Tim Duncan dans les colonnes de Yahoo! Sports. "Gary a joué à l'étranger, puis il a été repéré. Danny s'est retrouvé avec nous quelquefois. Puis il s'est fait couper, il s'est accroché et Pop a continué d'être derrière lui. C'est devenu un grand joueur dans notre équipe."

L'EUROPE POUR NEAL, LA D-LEAGUE POUR GREEN

Les deux role-players ont parcouru un long chemin pour en arriver là. Cette saison et encore plus dans ces finales, face au champion sortant, ils rattrapent le temps perdu, confirmant au passage la pertinence des choix des dirigeants de San Antonio, à commencer par R.C. Buford, le GM, et Pop, "l'oeil de Moscou" - à distance - des Spurs dans les championnats européens. Avec Gary Neal (28 ans) et Danny Green (25 ans), les Spurs ont déniché deux joueurs de caractère, dont les trajectoires, pourtant totalement distinctes (Neal s'est aguerri sur le Vieux Continent, Green en D-League), finissent par se rejoindre dans le Texas, avec pour dénominateur commun la capacité de rebondir après de nombreux aléas.
"J'ai l'impression que tout le monde dans cette équipe a une histoire. Pop et R.C. Buford sont de toute évidence excellents dans l'art de trouver des gars dans des endroits bizarres", s'amuse Danny Green, 2ème tour de draft 2009 (46e choix) dont l'un des principaux fait d'armes était de taper des pas de danse avec LeBron James avant les matches des Cavs.
[youtube hd="0"]http://www.youtube.com/watch?v=8G0wPTUZvak[/youtube] [caption id="attachment_116976" align="alignright" width="350"] En cas de victoire finale des Spurs, Green apparaît déjà, au même titre que Duncan, TP et Leonard, comme un MVP des finales potentiel.[/caption] Quatre ans plus tard, Green (de son vrai prénom Daniel) en est à marquer plus de points que le quadruple MVP en Finale NBA. Allez comprendre... Shooteur pur et élégant, l'ancien de North Carolina est tout simplement devenu le meilleur scoreur de la franchise texane dans ces finales (16,5 pts à 67,9% à 3 pts en 32,8 minutes), alors qu'il ne tournait qu'à 8,8 points en 28 minutes contre les Grizzlies, en finale de conférence. Ainsi, le même joueur que les Spurs ont déjà coupé à deux reprises, celui-là même qui s'était montré très discret contre OKC l'an passé en finale de conf', fait figure après quatre matches de première option offensive, devant Tim Duncan (15,3), Tony Parker (13,8), Neal (13,5), Kawhi Leonard (11,3) et - le porté disparu - Manu Ginobili (7,5 à 34,5%, 18,8% à 3 pts...). En cas de victoire finale des Spurs, il apparaît déjà, au même titre que Duncan, TP et Leonard, comme un MVP des finales potentiel.
"Je n'aurais jamais pensé, pas même en un million d'années, qu'un truc pareil puisse arriver", soufflait Green après son insensé match 3.
Ses 27 points du match (record en carrière en postseason) à 9/15 (dont 7/9 à 3 pts) en 30 minutes font figure d'apothéose dans ces playoffs 2013, playoffs durant lesquels Green affiche un incroyable 47/93 (50,5%) derrière l'arc !
"J'ai essayé d'être actif défensivement (ndlr : sur LeBron, notamment). Quand je suis actif défensivement, cela m'aide à rester dans le rythme en attaque", souligne l'intéressé, auteur d'un sympathique 6/7 après la pause (4/4 dans le 4ème acte). "Et Pop a réalisé un superbe travail en nous disant de nous lâcher (ndlr : littéralement, Pop a dit lors d'un temps-mort dans le 2ème quart-temps : "Feel confident, let 'em fly, get your name in the paper").

Les 27 points de Green dans le match 3

[youtube hd="0"]http://www.youtube.com/watch?v=TxxD122GVwc[/youtube]   Ce match 3 à sens unique (113-77) aura été celui du binôme Green - Neal. Les deux snipers, surnommés pour l'occasion "Tango & Cash" par le site Grantland, auront à cette occasion planté 13 des 16 tirs primés des Spurs - un record en finales NBA. De Neal, plus que son épatant 6/10, on retiendra surtout cet énorme shoot au buzzer juste avant la pause, alors que le Heat semblait revenir dans la partie (de +3 à +6). [youtube hd="0"]http://www.youtube.com/watch?v=FGltzck9wOg[/youtube]   L'arrière shooteur aura lui aussi signé sur le parquet de l'AT&T Center un record personnel en playoffs, grâce à ses 24 points à 9/17 en 25 minutes, le tout en sortie de banc.

Les 24 points de Neal dans le match 3

[youtube hd="0"]http://www.youtube.com/watch?v=NgRf4iOIXeA[/youtube]   On parle là d'un joueur qui n'a jamais affiché un temps de jeu moyen supérieur à 20 minutes avant ces finales (de 12 minutes contre Memphis à 24 face au Heat !). D'un joueur auteur d'une saison régulière somme toute moyenne (9,5 pts à 41,2%). D'un joueur non drafté à sa sortie de fac, jamais invité à un training camp, auteur de passages anonymes à Karsiyaka (Turquie) et au FC Barcelone (2,3 pts de moyenne en Euroleague en 2007-08...), mais finalement repéré par les Spurs au Benetton Trévise, où il a explosé (19,4 pts à 62,8% et 4,1 rbds en 2009-2010) - il aura terminé son épopée européenne à Malaga.

DES BAHAMAS AU TEXAS

[caption id="attachment_116975" align="alignright" width="350"] Neal a reporté sa lune de miel quand les Spurs l'ont convié à la Summer League de Las Vegas, à l'été 2010.[/caption] L'histoire raconte que Neal a reporté sa lune de miel quand les Spurs l'ont convié à la Summer League de Las Vegas, à l'été 2010.
"J'ai dû faire passer ça tranquillement à ma femme", plaisante Neal au microphone de Dan Wetzel, de Yahoo! Sports.
Neal a zappé une semaine aux Bahamas ? Bien lui en a pris. Petit à petit, l'oiseau a fait son nid dans le nid douillet des Spurs. Dans un registre offensif plus polyvalent que Green (son shoot midrange est notamment bien plus fiable), Neal a lui aussi trouvé sa place dans le roster multi-têtes des Spurs. L'ancien de La Salle et Towson s'avère posséder un précieux impact offensif dans ces playoffs 2013, lui qui a signé jusque-là un très correct 21/58 derrière l'arc (36,2%). Tandis que le Big Three des Spurs apparaît jusqu'ici encore en rodage (problème à la cuisse droite de TP, Gino hors tempo), le binôme Green - Neal, a.k.a. "the Nearly Lost Two", met ainsi en valeur la profondeur du roster des Spurs. Et ce même si dans le match 4, à l'image de toute l'équipe (seulement 16 3-pts tentés, notamment, contre 32 au match précédent), les deux compères ont eu plus de mal à exister que deux jours auparavant, compte tenu de la défense ultra-agressive du Heat (18 TO pour les Spurs). Green a terminé la partie à 10 unités à 3/8 (3/5 à 3 pts), quand Neal a scoré 13 points à 4/7 (3/4 à 3 pts).
"C'est dans l'ensemble que notre activité a été meilleure", explique Shane Battier à Zach Lowe, de Grantland. "Je ne pense pas qu'en termes de schémas (défensifs), on a réalisé quelque chose de différent. On a fait les efforts. La différence, quand tu es plus près de Danny Green et Gary Neal - même de 60 cm (il dit "two feet"), c'est une différence de 15, 16 ou 17 points".
Dans une finale difficile à déchiffrer (un Game 1 serré, les trois suivants à sens unique), où chaque coach s'est ajusté à l'autre match après match, il est maintenant bien difficile de prévoir si la "Greal connection" fera encore des ravages. Il apparaît cependant évident que cette nuit, Pop aura besoin de ses artilleurs pour dynamiter un minimum la défense du Heat, dans un match 5 dont le vainqueur sera probablement le champion 2013.

UN JEU DANGEREUX POUR SAN ANTONIO ?

Pour briller - mais ils ne tourneront sans doute pas jusqu'au bout des Finales à 62% -, Green et Neal auront certainement besoin que les stars des Spurs, TP et Gino en tête, leur créent des espaces en pesant significativement au cœur de la défense floridienne, notamment par le biais de leurs pénétrations. Au regard du match 4 joué par le trio James-Wade-Bosh (85 pts au cumulé, contre 40 au Big Three des Spurs), il est d'ailleurs apparu évident que lors des deux ou trois derniers matches des finales, la décision passera d'abord par les joueurs majeurs des deux équipes, avant que les role-players ne profitent de leur impact pour se révéler. [caption id="attachment_116528" align="alignright" width="300"] Ce soir, Green et Neal auront certainement besoin que les stars des Spurs, TP et Gino en tête, leur créent des espaces.[/caption] De là à dire qu'il est dangereux que San Antonio s'appuie autant sur ces deux role-players décomplexés, à ce stade de la compétition ? C'est un peu noircir le trait, car la franchise texane à toujours justement étonné par sa capacité à briller de mille feux (cf. la prolifique rentrée de Babac dans le match 4), mais il y a fort à parier que Pop cherchera avant tout à intensifier le rendement de son trio magique TD-TP-Gino la nuit prochaine pour reprendre les rênes de la série, plutôt que de compter outre mesure sur son tandem de shooteurs, si adroit soit-il. Reverra-t-on Green et Neal à la fête dès cette nuit, pour la dernière des Spurs à l'AT&T Center ? Même si Spo est parvenu à limiter leur rendement offensif jeudi dernier, on imagine mal le duo de shooteurs lever le pied à cet instant précis, surtout après avoir vécu tant de rebondissements dans leurs carrières respectives.
"C'est un rêve qui devient réalité", expliquait Neal après le match 3. "Danny et moi, on a traversé beaucoup de choses ensemble. On était des gars qui arrivaient deux heures avant l'entraînement pour shooter et pour prouver au coaching staff qu'on méritait (notre place), et qu'on allait faire tout ce qu'il faudrait faire pour obtenir des minutes."
Jusqu'ici, Gary Green et Dany Neal en font très bon usage...
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