Gagnants, perdants : Les notes de la trade deadline

Gagnants, perdants : Les notes de la trade deadline

Le bilan complet de la trade deadline, avec des notes pour chaque équipe impliquée dans les transferts mis en place ces deux derniers jours.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié

Minnesota Timberwolves : B

Il y a eu tellement de mouvements aux Timberwolves depuis deux jours qu’il en devient difficile de tous les compter. Le plus important d’entre eux reste l’arrivée de D’Angelo Russell. La franchise tient désormais son « one, two punch », un combo entre un extérieur et un intérieur, avec D-Lo et Karl Anthony Towns. Deux All-Stars de moins de 25 ans. Mais surtout deux amis (qui chercheront sans doute à faire venir Devin Booker à Minneapolis dès que l’occasion se présentera) sous contrat pendant plusieurs années. Un nouveau duo pour bâtir, encore une fois, une équipe qui se veut compétitive.

Les Wolves ont intérêt à vite relever la barre parce que le pick qu’ils ont envoyé aux Warriors n’est protégé que top-3 pour 2021. Si Minnesota traîne autour de la neuvième ou dixième place l’an prochain, c’est un choix potentiellement autour du top-10 de la draft qu’ils vont refourguer aux Dubs.

Les dirigeants ont récupéré quelques pièces intéressantes : Malik Beasley, arrière de 23 ans, 11 points à 40% à trois-points en sortie de banc l’an dernier mais moins en vue avec les Nuggets cette saison. Il est éligible à une extension cet été et il peut faire légèrement doublon avec Jarrett Culver. Mais ça reste un potentiel intéressant. Tout comme Juancho Hernangomez. Les Timberwolves ont aussi réussi à se débarrasser du contrat de Gorgui Dieng pour mettre la main sur le solide James Johnson, un vétéran qui peut tenir le vestiaire. C’est plutôt pas mal dans l’ensemble. Le destin de l’organisation est désormais entre les mains de Towns et Russell. Ont-ils vraiment l’âme des grands champions ? L’avenir nous le dira (non).

Golden State Warriors : B+

Le transfert de D’Angelo Russell a provoqué des réactions mitigées auprès des passionnés de basket. Il y a ceux qui sont ravis de voir un vrai poste trois, Andrew Wiggins, débarquer à San Francisco. Il y a ceux, qui craignent que le style de jeu et la mentalité du Canadien limitent constamment son explosion. Puis il y a ceux qui pensaient que les Californiens récupéreraient plus d’atouts en l’échange du meneur All-Star. Pour Russell, ils ont donc obtenu Wiggins et son gros contrat (27 millions cette saison, 33 à l’expiration du deal en 2023), qui limite clairement la signature d’un joueur majeur dans un futur proche, un premier et un second tour de draft. Et c’est tout.

Les Warriors n’étaient pourtant pas pressés. Ils auraient pu attendre cet été pour se séparer de leur meneur. Et ainsi éventuellement faire monter les enchères. Mais peut-être qu’ils accordent une vraie importance à Wiggins. Peut-être aussi que le marché n’était tout simplement pas si emballant pour un joueur qui a été All-Star à l’Est, sur une saison creuse, et dont le bilan collectif des Nets était aussi le fruit de l’énorme travail du coach, des joueurs de devoir et de Spencer Dinwiddie.

Il faut voir le transfert autrement : Golden State a perdu Kevin Durant pour récupérer un ailier talentueux 24 ans (bientôt 25) et un pick probablement entre la dixième et la vingtième place l’an prochain. Autant d’assets qui peuvent d’ailleurs être refourgués dans un package si jamais une superstar venait à demander soudainement son départ en 2021 (coucou les Bucks). S’il y a bien une franchise qui peut relancer Wiggins, premier choix de la draft 2014 quand même, c’est celle-là. Les Warriors ont une culture établie et des vrais leaders. C’est le moment ou jamais pour le natif de Toronto de se secouer.

Surtout qu’il ne sera plus attendu comme une superstar. Sa mission sera de défendre (mais vraiment cette fois et il en a les capacités), de mettre des tirs ouverts et d’attaquer les espaces sur des décalages de Stephen Curry et Klay Thompson. Il est évidemment moins fort que KD mais il est plus doué qu’Harrison Barnes, l’ailier titulaire en 2015 et 2016.

Andrew Wiggins NBA

Detroit Pistons : F

F, comme « Fuck you ». Un beau bras d’honneur à Andre Drummond et aux supporteurs de la franchise. Les Pistons ont drafté le pivot en neuvième position en 2012. Ils en ont fait un All-Star, le boss de l’organisation – et c’était déjà une erreur – ils lui ont filé un contrat maximum et tout ça pour finalement le refourguer contre des cacahuètes. Mais vraiment des cacahuètes. John Henson, Brandon Knight (il joue encore au basket ?????) et un second tour de draft des Cavaliers… en 2023 ! Une contrepartie purement symbolique, histoire de dire qu’ils ne l’ont pas juste donné.

Juste pour marquer le coup, répétons : un pivot All-Star de 26 ans à 18 points et 16 rebonds échangé contre deux vétérans sans sucre et un second tour de draft. Le pire scénario possible pour Detroit. Les statistiques de Drummond sont trompeuses sur son impact réel – un grand bébé qui pleure beaucoup – mais le garçon n’est pas un manche non plus. Mettez-le dans un bon environnement et il peut clairement contribuer (manque de pot, il se retrouve à Cleveland).

Tout ceci étant dit, « Dre » n’allait de toute façon sans doute pas rester à Detroit. Il compte bien renoncer à sa dernière année de contrat et se présenter sur un marché très faible cet été, dans l’espoir de signer un deal gigantesque (pari : un Tacos trois viande – beurk – qu’il ne choppe pas le maximum). En le transférant maintenant, les Pistons vont tenter de reculer dans les classements à l’Est (ils sont actuellement dixièmes) pour essayer de récupérer un bon pick à la draft.

Cleveland Cavaliers : B-

Les Cavaliers n’ont quasiment rien lâché pour récupérer Andre Drummond donc c’est une belle victoire, non ? Reste à voir quand même quel est le plan pour la franchise de l’Ohio. Si la mayonnaise prend vite, Cleveland va se mettre à gagner des matches et sortir de la zone rouge – ils sont derniers à l’Est – sans pour autant se retrouver en course pour les playoffs. Ou comment passer d’un premier choix de draft potentiel à un quatrième ou cinquième pick.

Si la mayonnaise ne prend pas, Drummond risque juste de se barrer et les trois mois passés sous la tunique des Cavs resteront anecdotiques. Dans tous les cas, il peut partir où il veut cet été. La franchise veut-elle vraiment se reconstruire avec Drummond, Sexton et Garland, voire Love ? Drôle de plan. Mais ça vaut le coup d’essayer pour l’instant.

Los Angeles Clippers : A

Les Clippers avaient déjà l’un des effectifs les plus terrifiants de la NBA sur le papier. Ils ont récupéré le meilleur joueur disponible le soir de la deadline. Un seul move, mais un bon move. Marcus Morris vient renforcer un groupe très talentueux. Il leur donne une option offensive de plus – il était à 18 points par match aux Knicks – et c’est idéal vu que Paul George et Kawhi Leonard sont souvent mis au repos. Surtout, les Angelenos ont maintenant un potentiel cinq majeur dévastateur pour les fins de match : Morris, Kawhi, PG, Lou et Harrell ou même Beverley pour rivaliser avec le super « small ball » des Rockets.

La perte de Mo Harkless n’est pas si grave. Les Clippers ont d’autres très bons stoppeurs sur les ailes. Là, au moins, ils mettent la main sur un joueur d’expérience capable de mettre des tirs importants. Morris a été bon partout où il est passé. Même en playoffs. Il va leur faire du bien.

Marcus Morris Knicks

Miami Heat : B

La planète basket s’est un peu enflammée sur le Heat après le transfert d’Andre Iguodala à South Beach mercredi soir. Mais c’est toujours un peu comme ça quand une équipe déjà forte se renforce à la deadline : on a tendance à les voir trop beaux. Surtout que ça parlait aussi de Danilo Gallinari en Floride. Au final, l’Italien reste au Thunder. La franchise ne voulait pas lui offrir un contrat au-delà de 2021 – afin de partir à la chasse aux superstars dans deux étés. « Gallo » peut toucher plus d’argent en devenant Free Agent en juillet. Logique, donc, que l’affaire ait capotée.

Miami a tout de même fait venir Andre Iguodala, triple champion NBA et MVP des finales 2015. Mais n’oublions pas qu’il a 36 ans et qu’il avait déjà l’air cramé l’an dernier… mais il va pouvoir apporter son expérience, il sera frais pour les playoffs et probablement utile sur des séquences de 15 minutes. La vraie belle recrue, c’est peut-être Jae Crowder, ailier ‘3 and D’ combatif parfait pour le Heat. C’est aussi un ancien coéquipier de Jimmy Butler (à Marquette). Au final, les Floridiens ont lâché des joueurs qu’ils n’utilisaient plus : Winslow, Johnson, Waiters, pour des éléments utiles. L’équipe était solide, elle l’est encore plus. Mais pas assez pour viser juin.

Memphis Grizzlies : B-

OK, les Grizzlies devaient transférer Andre Iguodala et c’est vraiment pas mal d’avoir récupérer Justise Winslow en échange d’un vétéran qui refusait de mettre les pieds dans le Tennessee. Par contre, était-ce vraiment nécessaire de se coltiner autant de contrats pourris ? Waiters touchera encore plus de 12 millions en 2021 et Gorgui Dieng 17 plaques. Avec les 13 millions de Winslow, ça limite la marge de manœuvre et ça fait cher payé pour jeter un œil à un jeune ailier blessé. La franchise a le temps de toute façon. L’avenir, c’est Ja Morant et J.J. Jackson. Tout le reste n’est qu’accessoire.

Philadelphia Sixers : C+

En manque de banc et de shooteurs, les Sixers ont fait venir Alec Burks (Warriors) et Glenn Robinson III (Warriors) en l’échange de trois seconds tours de draft. De l’anti-Sam Hinkie à son summum. Mais au moins l’effectif est un peu plus fourni. Après, soyons honnêtes, ce n’est pas là le vrai problème. Le vrai problème, c’est la cohésion d’équipe et la complémentarité entre les différentes pièces majeures.

Sacramento Kings : C-

Dewayne Dedmon voulait partir et les Kings auraient pu obtenir au moins un second tour de draft pour le pivot. Au final, ce sont eux qui se retrouvent à lâcher deux picks pour céder leur joueur en l’échange de l’énigmatique Jabari Parker et d’Alex Len. Parker, deuxième choix 2014, a du talent (15 pts de moyenne avant de se blesser cette saison) mais son intérêt est limité au sein d’un effectif qui compte déjà Marvin Bagley III. Point positif : les Kings n’ont pas cédé Bogdan Bogdanovic.

Atlanta Hawks : B

Travis Schlenk continue petit à petit de faire des bons coups. Les Hawks ne voulaient pas tanker cette saison. Alors le GM a essayé de leur donner vie sur cette fin d’exercice en faisant venir Clint Capela. Enfin un pivot pour boucler la raquette ! En plus, il est jeune (25 ans) et peut donc se mêler au noyau dur – Trae Young, Kevin Huerter, John Collins, DeAndre Hunter, Cam Reddish – de la franchise pendant quelques années. C’est aussi un partenaire de plus sur pick-and-roll pour Young. Il se régalait avec James Harden, il sera encore servi à Atlanta. Dewayne Dedmon est sa nouvelle doublure. Pour tout ça, les Hawks n’ont lâché que des contrats expirants et un pick, celui des Nets.

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