Le « vrai » money time qui a relancé la série GS-Houston

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Après trois matches à sens unique, les Golden State Warriors et Houston Rockets se sont (enfin) battus jusqu’au bout du temps réglementaire. Retour, constat et mise en perspective.

Les finales avant les finales. La série inévitable et tant attendue entre les Golden State Warriors et les Houston Rockets a été bien vendue – y compris par nos soins. Une opposition entre les deux meilleures équipes du monde. Mais jusqu’à hier soir, peu de matches passionnants. Les deux armadas se sont échangé les coups. Les champions en titre ont frappé les premiers avec une victoire assez nette (119-106). Les Texans ont ensuite riposté en dominant leurs adversaires (127-105). Avant de se faire cogner par les Dubs au Game 3 (126-85). Nous avons donc enfin assisté à une rencontre serrée et engagée jusque dans les dernières minutes cette nuit. Chris Paul et ses coéquipiers ont fini par l’emporter sur le fil (95-92).

Il y a plusieurs points à retenir de ce premier money time des finales de Conférence Ouest. En soulignant d’abord la très belle prestation défensive des Rockets. Les joueurs de Mike D’Antoni savent vraiment défendre, même contre l’une des attaques les plus efficaces de toute l’Histoire de la NBA. Ils ont mis de l’intensité. Ils ont imposé un défi physique à des adversaires souvent mal à l’aise quand ils sont bousculés. Les tirs ont été contestés, les espaces restreints. Avec donc à l’arrivée seulement 92 points pour Golden State. Devant son public. 92 points à 39% aux tirs.

Les joueurs de Houston ont su alterner les possessions où il était nécessaire de switcher – à savoir le plus souvent – mais aussi les moments où il était préférable de se battre à travers l’écran pour éviter d’accorder un duel trop avantageux à Stephen Curry, Kevin Durant et consorts. Ils ont fait les efforts. Tous. Même James Harden, toujours assez solide quand il s’agit de défendre avec un attaquant dos au cercle. Le barbu n’est évidemment pas un modèle d’application défensive. Mais quand il a ses appuis ancrés dans le sol, il est difficile à bouger. Il est puissant. Robuste. Raison pour laquelle il est nécessaire de le déborder en le perdant à travers différents écrans.

Plus difficile à faire quand la superstar est vraiment impliquée des deux côtés du parquet. Les Rockets l’étaient donc hier soir. Ils ont maintenu les Warriors loin du panier. Les hommes de Steve Kerr ont donc eu du mal à faire circuler la gonfle correctement. Ils ont peiné à mettre leur jeu en place. Illustration avec les 16 ballons perdus. Ou encore les 12 petites passes décisives. Une statistique à laquelle le coach d’Oakland prête beaucoup d’attention. Son groupe a tout de même été perturbé par la bonne défense adverse. C’est indéniable.

Mais on peut tout de même se demander si les Dubs n’ont pas aussi simplement… raté des tirs. Enfin, oui, ils en ont manqué. Un paquet même. Et ce dans les plus mauvais moments. N’oublions pas qu’ils avaient le match en main, à 82-70 en début de quatrième quart temps. C’est là qu’ils ont vraiment commencé à gâter. Les Warriors n’ont converti que 16% de leurs tentatives dans les douze dernières minutes. 3/18, pour être encore plus parlant. Pas un seul panier inscrit dans les trois ultimes minutes. Avec donc cinq ratés pour finir le match.

Le pire QT des Golden State Warriors

Les Rockets y sont pour quelque chose, évidemment, mais pas seulement. Il y a eu quelques bons angles de tirs gâchés. Un Curry absolument ouvert à trois-points qui rate sa cible. Un Draymond Green absolument seul qui foire son dunk. Autant d’actes manqués qui pèsent lourds dans un match aussi serré. Des tirs que les Warriors auraient peut-être mis 9 fois sur 10. C’était juste le mauvais soir. Pour le double-MVP, on peut d’ailleurs se demander s’il est vraiment en bonne santé. Il semble évidemment moins explosif, notamment sur ses démarrages. Logique, après une blessure au genou. Il a parfois eu du mal à déborder Clint Capela. Alors, OK, le Suisse est mobile pour sa taille. Mais pas au point de museler un Curry en pleine possession de ses moyens.

De toute façon, à ce stade de la saison, toutes les équipes sont un peu diminuées. Chris Paul joue aussi blessé. Et il a fait la différence dans ce money time. Les Rockets se dirigeaient tout droit vers une sortie de route expéditive et brutale. Au final, ils sont toujours en vie. Parce qu’ils ont su exploiter au mieux le pire quart temps (adresse, points marqués) de Golden State version Kevin Durant. La série est donc relancée ! Le Game 5 s'annonce d'ailleurs déjà épique...