107 DAL
104 HOU
107 IND
97 SAC
106 ATL
98 DEN
116 CLE
101 WAS
104 NYK
112 BKN
77 CHI
133 BOS
88 MEM
111 LAL
113 POR
105 MIN
98 LAC
121 MIA

50 nuisances de Gray

Jean-Sébastien BlondelPar Jean-Sébastien BlondelPublié

Propulsé sur le devant de la scène par son excellent Final Four lors de sa saison freshman, Grayson Allen s’est depuis fait une réputation d’ennemi public numéro 1 à faire pâlir de jalousie Christian Laettner.

Visiblement, Grayson Allen a bien l'intention de garder en NBA la réputation de joueur plein de vice qu'il s'était fait en NCAA. L'occasion pour nous de vous proposer ce portrait que nous avions fait de lui dans le REVERSE #65.

Tout avait pourtant magnifiquement commencé, avec un scénario digne des films de sport les plus prévisibles : le jeune prodige renfermé sur lui-même, cloué sur le banc depuis le début de l’année, limité à quatre petits points par match, mais dont le talent est évident, saisit sa chance au meilleur moment et sort le match de sa vie en finale NCAA… Le scénario, on le connaît. Mais cette fois-ci, la suite est différente.

Pas de passage prématuré chez les pros, surfant sur la hype de son exploit. Une deuxième saison universitaire d’abord superbe, puis l’inexplicable, pétage de plombs sur pétage de plombs et, d’un coup, un gros WANTED rouge placardé en biais sur une carrière prometteuse. Dernier en date d’une longue tradition dukienne de stars blanches détestées du grand public, Grayson Allen est celui pour qui la haine est la plus forte. Et la plus justifiée.

Les belles valeurs du Christian-isme

Christian Laettner avait jusqu’ici l’honneur, puisque c’en est quasiment un, d’être le joueur de Duke le plus universellement haï. Certes, de l’avis même de Mike Krzyzewski, J.J. Redick s’est pris encore plus d’insultes dans les différentes salles du pays que son ancien dream-teamer de prédécesseur, mais Redick était surtout détesté parce qu’il était blanc, froid et monumentalement fort, et qu’il suffit qu’un Blue Devil combine ces trois caractéristiques pour que les fans NCAA crachent sur lui toute leur haine de sa fac. J.J. n’a pas mérité le dixième de l’hostilité dont il a été la victime.

Laettner, lui, a fini par se dire que tant qu’à être détesté, autant faire quelque chose de détestable. « Se faire marcher dessus » est une expression qui parle d’elle-même et dont l’équivalent américain est pratiquement identique. Le meilleur marqueur de l’histoire du tournoi NCAA, deux fois champion en quatre Final Four (dont trois finales), membre honorifique à sa sortie d’université de la meilleure équipe jamais assemblée, était tellement au-dessus du lot qu’il a pu se permettre, tout en jouant un match ahurissant (10/10 aux tirs, 10/10 aux lancers-francs) de s’essuyer les pieds sur le torse d’un joueur de Kentucky. Faute technique, indignation unanime, scandale. Puis derrière, un game-winner totalement dingue.

Christian Laettner, père spirituel de Grayson Allen

À première vue, Grayson Allen est le digne successeur de J.J. Redick, un arrière scoreur à l’adresse redoutable. Mais ne vous y trompez pas : il est en réalité le fils spirituel de Christian Laettner. En plus vicieux, plus caractériel, moins dominateur. Sur le terrain, gourou et disciple sont tout sauf comparables, mais dans cette nébuleuse névrose qu’est l’imaginaire collectif, là où Duke, en se faisant tant haïr, a pris un ascendant psychologique sur le reste du basket universitaire, Grayson est en train de dépasser son maître.

Pour endosser dignement le costume du méchant, il faut non seulement être le meilleur joueur – ou l’un des meilleurs joueurs – de Duke, être (cela va sans dire) blanc et surtout se complaire dans son image de méchant, au moins assez pour donner aux fans de tout le pays l’impression que toute la haine qu’ils daignent déverser, toute cette énergie qu’ils auraient pu dépenser autrement mais qu’ils ont choisi de transformer en bile la plus immonde, est amplement méritée. Et ça, si Grayson n’avait pas réussi à le faire par ses deux gestes inexcusables contre Florida State (un taquet mis à un assistant coach en tentant de sauver un ballon) puis Louisville (un croche-patte dans les formes de l’art) lors de sa (superbe) saison sophomore, sa balayette minable contre Elon lors de sa (très décevante) saison junior s’en est définitivement chargée.

Compilation des actions sales de Grayson Allen

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