-
-
- TOR
- NOP
-
-
- LAC
- LAL

Kyle Lowry, la résurrection du « choker »

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Longtemps moqué pour ses matches ratés dans les grands rendez-vous, Kyle Lowry a été excellent cette nuit. Et il est désormais un champion NBA.

« Toronto, Canada, on l’a ramené à la maison, on l’a ramené à la maison bébé. » Ce n’est pas un son de Vegedream. Ce sont les mots de Kyle Lowry, premier joueur à soulever le trophée de champion NBA après ce Game 6 épique entre les Toronto Raptors et les Golden State Warriors. Comme un symbole. Parce que le joueur emblématique de cette franchise, finalement, c’est lui. Il l’est depuis le transfert de DeMar DeRozan aux San Antonio Spurs en août dernier, échange qui a mené au sacre presque un an plus tard sous l’impulsion de Kawhi Leonard.

DeRozan s’est senti « trahi » par Masai Ujiri, le Président de l’organisation, après avoir été brutalement expédié dans le Texas alors qu’il était le visage de l’équipe. Lowry, son meilleur ami, a aussi souffert de cette décision. Il était vexé. Mais il n’a pas exprimé son mécontentement publiquement. Il est resté fidèle à une franchise qui a pourtant bien failli le transférer à plusieurs reprises. Sa patience, son travail et sa loyauté ont finalement été récompensés avec cette bague. La première dans l’Histoire des Raptors. Sa première à lui aussi.

Ce titre, le meneur All-Star l’avait déjà au bout de ses doigts au match précédent. C’est lui qui avait hérité du ballon sur la toute dernière possession du Game 5. Mais son tir avait été dévié par Draymond Green avant de finir sa trajectoire sur la tranche. Plus une excellente défense qu’une mauvaise attaque mais cette issue donnait un peu plus de poids à la triste réputation du bonhomme. Pendant des années et des années, Kyle Lowry a été qualifié de « choker ». Un joueur absent des grands rendez-vous. Pas tout à fait vrai parce qu’en réalité il impacte le jeu bien au-delà de ses points marqués.

Mais il a un statut de star. Et les stars doivent marquer des paniers, surtout dans les grands moments. Lui, son adresse l’a souvent fuit en playoffs. Pas cette nuit. Pas sur ces finales. Il a donné le ton de la partie en démarrant en trombe ! 8 points d’entrée ! Les 8 premiers du match ! Et même un 11-2 entièrement grâce à lui dans les premières minutes. Ce n’était que le début du show. Déterminé, concentré et agressif, il a profité de l’attention portée par la défense des Warriors sur Leonard pour aller marquer ses points. Et c’était justement ce dont les Raptors avaient besoin. D’une seconde lame capable de tenir l’équipe.

Toronto a pris les devants dans son sillage. 21 points, 6 rebonds et 6 passes à la mi-temps. Quand il affiche de telles statistiques sur un match entier, ça donne déjà comme une belle prestation. Là, c’était juste la pause. Il s’est calmé en seconde période, surtout parce qu’il a pris une quatrième faute et qu’il a été contraint de rejoindre le banc un bon moment. Mais il a continué à se montrer précieux une fois revenu sur le parquet. Il y a notamment cette interception très importante en fin de troisième quart temps pour couper une contre-attaque de Golden State alors que la dynamique était en faveur des Californiens.

26 points, 7 rebonds et 10 passes au total. Des bons choix. L’homme de la rencontre avec Fred VanVleet – quel facteur X encore celui-là ! Kyle Lowry a sorti le match de sa vie lors du match le plus important de sa vie. Et Toronto a gagné le titre suite à une très belle prestation de sa part. Quelle ironie. Quelle belle revanche. Quel beau champion.