Lakers-Clippers, qui a gagné la course à l’armement ?

Lakers-Clippers, qui a gagné la course à l’armement ?

Les Lakers et les Clippers étaient très attendus dans cette free agency. Qui a frappé le plus fort parmi les deux teams de Los Angeles ?

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

On a vu l'année dernière que la course à l'Ouest ne se résumait finalement pas à un duel entre les deux équipes de Los Angeles. Que le contexte de la bulle ait joué un grand rôle là-dedans ou non, les Clippers ont craqué et manqué le rendez-vous annoncé avec leur voisin. Maintenant que le format de la saison va reprendre un aspect un peu plus "normal", la logique voudrait que les deux teams de L.A. soient à nouveau sur le devant de la scène en 2021. Sans surprise, Lakers et Clippers se sont livrés une petite course à l'armement lors des premiers jours de la free agency.

Analysons un peu ce que les deux mastodontes de l'Ouest ont fait et qui en est éventuellement ressorti "vainqueur".

Los Angeles Lakers

Les Lakers pouvaient déjà s'appuyer sur l'axe LeBron James-Anthony Davis, ce qui est déjà la meilleure base possible en NBA à ce jour. Restait à verrouiller quelques joueurs importants de la rotation et à pallier les départs probables de ceux qui cherchaient un autre projet et/ou un plus gros chèque. C'est un euphémisme de dire que Rob Pelinka, avec l'aide de Rich Paul, a bien bossé.

Le backcourt

On a vite compris que Rajon Rondo, pièce essentielle des Lakers en playoffs, allait partir. Avant même que le meneur vétéran ne s'engage avec les Hawks, Dennis Schröder est arrivé via un trade. Un très, très joli coup, puisque l'Allemand, qui sera sans doute remplaçant de LeBron sur le poste 1, a encore été l'un des meilleurs 6e hommes de la saison dernière avec Oklahoma City.

Schröder est un vrai boost à la finition par rapport à Rondo, mais n'a ni son expérience des grands rendez-vous, ni sa qualité de passe ou son leadership. Dans l'idée, les Lakers ont en revanche peut-être trouvé leur "Lou Williams", capable de claquer entre 15 et 20 points sans forcer tous les soirs, en relais des deux superstars.

Défensivement, les Lakers se sont dégarnis sur les postes 2 et 3 également. La re-signature de Kentavious Caldwell-Pope ne faisait aucun doute vu sa connexion avec Rich Paul - mais L.A. semblait pouvoir conserver Avery Bradley. Même s'ils ont remporté le titre sans lui dans la bulle de Disneyworld, ses énormes qualités défensives faisaient de lui une recrue de choix. Raté, il est parti rejoindre l'adversaire des dernières Finales, le Miami Heat.

Théorie du complot : Dennis Schröder n'est qu'un pion pour faire venir Giannis aux Lakers

Danny Green n'était plus que l'ombre de lui-même la saison dernière et son départ - dans le cadre du trade de Dennis Schröder -  ne chagrinera pas forcément les fans. En récupérant Wes Matthews, les Lakers ont un profil assez similaire à celui de Green, avec évidemment moins de bagues aux doigts. Dans l'absolu, et pour 3.6 millions de dollars sur un an, Matthews est une magnifique affaire sur le papier, même s'il n'est plus le même joueur depuis sa rupture du tendon d'Achille avec Portland.

Sur les postes 1, 2 et 3 - LeBron James est un cas particulier - les Lakers vont donc a priori débuter la saison avec : LeBron James, Dennis Schröder, Alex Caruso, Kentavious Caldwell-Pope, Wes Matthews et Talen Horton-Tucker. Un créateur avec un peu de bouteille à la mène, même pour 10 minutes par match, ne serait peut-être pas de trop. Si en plus il est capable de jouer poste 2 et de défendre, c'est encore mieux.

Le frontcourt

Difficile de ne pas parler de LA prise de guerre majeure des Lakers : Montrezl Harrell. En soi, ce n'est peut-être pas le meilleur fit s'il s'agissait de remplacer directement Dwight Howard (parti à Philadelphie après un tweet fail) et JaVale McGee (envoyé à Cleveland la nuit dernière). Mais psychologiquement et financièrement, quel énorme coup !

Les Clippers se doutaient que Harrell partirait, mais ils s'attendaient à ce que ce soit pour une autre destination et pour un énorme contrat. L'ancien joueur de Louisville, 6e homme de l'année en titre, a signé pour 2 ans et 19 millions de dollars avec le voisin et rival, à la surprise générale.

Défensivement, Montrezl Harrell n'est pas le joueur le plus impactant de la ligue, mais sa relation sur pick and roll avec Lou Williams chez les Clippers était l'une de leurs meilleures armes. Les Lakers étant déjà meurtriers en la matière, Harrell n'aura aucun mal à s'acclimater et à décharger un peu LeBron et AD des tâches offensives de temps à autre. Sa présence permet aux Purple and Gold de proposer des line up plus small que l'année dernière.

Marc Gasol a choisi les Lakers, McGee envoyé à Cleveland

L'autre gros coup des Lakers, c'est évidemment l'arrivée de Marc Gasol. L'Espagnol a beau avoir bientôt 36 ans, avoir réussi à le convaincre de différer son comeback à la maison est une petite prouesse. Son expérience, ses qualités défensives et son leadership vont faire énormément de bien au vestiaire californien. Il va tenter, sur ses deux années de contrat, de revenir à hauteur de son frère Pau en termes de palmarès.

Dans le cadre du trade de JaVale McGee, les Lakers ont aussi accueilli - pour le moment en tout cas - deux autres intérieurs. Jordan Bell, ancien champion NBA avec les Warriors et un peu trimballé partout depuis, qui devrait être coupé, et Alfonzo McKinnie, dont les qualités au poste 4 pourraient compenser une éventuelle perte de Markieff Morris.

Pour le moment, sur les postes 4 et 5, L.A. va donc a priori débuter la saison avec : Anthony Davis, Marc Gasol, Montrezl Harrell, Kyle Kuzma et Alfonzo McKinnie. Plutôt très propre - d'autant que LeBron est aussi capable de jouer 4, en attendant possiblement d'autres ajustements.

Le Grand LIVE de la Free Agency NBA équipe par équipe

Serge Ibaka

Los Angeles Clippers

L'intersaison a évidemment été moins fun du côté des Clippers. Doc Rivers est parti à Philadelphie, Tyronn Lue l'a remplacé dans un scepticisme général, et l'atmosphère autour du tandem Kawhi Leonard-Paul George n'a pas été idyllique.

Pour le moment, après le premier rush de la free agency, difficile d'être extrêmement optimiste pour les Clippers, moins actifs que la plupart de leurs concurrents. Evidemment, leur duo de stars, s'il joue à son meilleur niveau, n'a théoriquement presque pas d'égal, mais cela reste encore à démontrer.

Il faut quand même noter que les Clippers ont assez joliment entouré Lue sur le banc : Kenny Atkinson, Chauncey Billups, Dan Craig, Larry Drew et Roy Rogers, c'est du très, très solide.

Le backcourt

Kawhi Leonard avait assez explicitement indiqué que l'arrivée d'un meneur en complèment de Pat Beverley était importante. Pour le moment, les Clippers ne se sont pas exécutés. Beverley est une teigne défensive, Lou Williams un magnifique attaquant, mais il manque toujours aux Californiens un "floor general" expérimenté et capable d'organiser le jeu.

A l'arrière, ils ont récupéré Luke Kennard, l'ancien Dukie, et son shoot extérieur. Plutôt une bonne pioche pour une équipe qui manquait de spécialistes en artillerie. Il a quand même fallu pour cela se séparer d'un autre sniper, Landry Shamet.

Reggie Jackson est free agent et pour le moment le backcourt des Clippers ressemble à ça : Patrick Beverley, Lou Williams, Luke Kennard, Terance Mann et... le 55e pick de la Draft 2020, Jay Scrubb. Paul George et Kawhi Leonard aiment avoir la balle et peuvent officier comme ball handlers principaux, mais on n'imagine pas les Clippers ne pas se renforcer dans ce secteur.

Le frontcourt

Avec le départ surprise et contrariant de Montrezl Harrell aux Lakers, les Clippers se devaient de réagir. Ils n'ont finalement réussi à devancer les autres contenders que sur un seul dossier : celui de Serge Ibaka. L'international espagnol n'a que 31 ans et encore de belles choses à apporter des deux côtés du terrain. Ce n'est pas pour rien que les Nets le voulaient et que les Lakers étaient aussi sur le coup. Que ce soit en 4 ou en 5, quand les Clippers voudront jouer plus stretch, c'est un joli coup. Son contrat est en plus très raisonnable, puisqu'il est exactement le même que celui dont disposera Harrell aux Lakers, 19 millions sur deux ans.

L'une des priorités identifiées par le front office des Clippers était de conserver Marcus Morris. Le cadet des jumeaux Morris - pour 7 petites minutes - n'est pas là pour apporter de la poésie au roster des Clippers, mais en termes de dureté et d'agressivité, il paraît effectivement essentiel pour lutter avec les meilleures équipes de l'Est. Il a prolongé pour 64 millions sur 4 ans, ce qui est un gros investissement que tout le monde n'aurait sans doute pas fait.

Montrezl Harrell aux Lakers, Patrick Beverley l'a mauvaise

Il se dit que Markieff Morris est intéressé par une réunion avec son frangin. Il devra pour cela probablement ne pas se montrer trop gourmand. Patrick Patterson, qu'on a finalement peu vu la saison dernière (13 minutes par match et 2 apparitions en playoffs) est lui resté pour un nouveau contrat d'un an.

Un autre coup de poignard est arrivé dans la foulée de celui asséné par Montrezl Harrell. Tout est relatif, évidemment, mais voir JaMychal Green, très précieux dans la rotation intérieure, filer à Denver, l'équipe qui les a humiliés en remontant un 3-1 l'année dernière, a dû faire mal au front office des Clippers.

Ivica Zubac est toujours là, Joakim Noah (que l'on espère voir nettement plus) aussi, mais ce serait suicidaire pour les Clippers d'en rester là et ne pas viser d'autres joueurs dans la raquette. Pour le moment, on y trouve que : Serge Ibaka, Marcus Morris, Ivica Zubac, Joakim Noah, Patrick Patterson et Mfiondu Kabengele.

Bilan

L'impression sera peut-être différente dans quelques semaines ou quelques mois, mais les Los Angeles Lakers ont pour le moment fait une bien meilleure free agency que leurs voisins. Ils ont un profil peut-être un peu plus offensif, mais ne sont pas non plus complètement déplumés défensivement.

Les Clippers gardent une ossature qui leur permet notamment de voyager assez sereinement en saison régulière - en partie grâce à Kawhi Leonard et Paul George - mais le groupe manque de variété et de role players. S'il faut mettre une pièce sur l'une des deux équipes, dans l'hypothèse où elles arrivent sans blessés majeurs en playoffs, ce sera pour le moment sur les Lakers.

Le LISTING complet de tous les trades et signatures

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