Coach, recrues, LeBron et les jeunes… l’été sera chaud à L.A.

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Alors que les playoffs s'éloignent, les Los Angeles Lakers doivent déjà travailler sur leur chantier estival et les dilemmes qui se présentent.

Les Los Angeles Lakers ne sont mathématiquement pas encore éliminés de la course aux playoffs. Un miracle est toujours possible et passe par une victoire dans le derby de L.A. la nuit prochaine. Néanmoins, seules 0.9% des équipes dans leur situation comptable à ce stade de la saison sont parvenues à décrocher un spot par le passé. Même pas 1%... Voilà qui oblige, déjà, à se pencher sur l'après. Une fois les Lakers envoyés en vacances prématurées, le chantier californien sera le plus surveillé de l'été avec celui des New York Knicks. Que se passera-t-il donc en cas de non-qualification ?

Le cas du coach sera sans doute réglé en un éclair. En début de saison, déjà, Magic Johnson était allé remonter les bretelles de Luke Walton en présence d'autres membres du front office, pour lui expliquer qu'il fallait commencer à gagner des matches. Le président avait alors expliqué qu'il faudrait un événement exceptionnel pour que Walton soit licencié avant la fin de la saison. Une 9e ou 10e place à l'Ouest réglerait assurément son sort. L'ancien assistant de Steve Kerr n'est ni un "homme de Magic", ni un "homme de LeBron", ce qui l'avait de toute façon placé sur un terrain glissant une fois le tandem Johnson-Pelinka en place. Jeanie Buss lui a réaffirmé sa confiance en cours de route, mais on voit mal l'ancien joueur de la franchise être maintenu la saison prochaine s'il est le coach de la première équipe avec laquelle LeBron ne participera pas aux playoffs depuis 14 ans.

Le choix de son successeur ne sera pas à prendre à la légère. Deux noms ont pour le moment fuité et aucun ne séduira sans doute la majorité des fans : Tyronn Lue, libéré par les Cavs en en début de saison, ancien Laker et champion 2016 avec LeBron James, et Mark Jackson, sans club depuis 2014 mais client de Klutch Sports, l'agence de Rich Paul, proche de qui vous savez. D'ici cet été, d'autres pistes auront sans doute été explorées.

Les stars veulent-elles encore jouer avec LeBron ?

Le cas des joueurs est un peu plus délicat qu'il n'y paraît. Les Lakers ne peuvent pas simplement trader tout le monde pour recruter Anthony Davis et faire leur marché sur la free agency pour monter une superteam. C'est peut-être ce qu'espéraient Magic et LeBron au début de leur collaboration. Les difficultés de l'été 2018 ont prouvé que ce projet avait du plomb dans l'aile. Les joueurs majeurs de la ligue ne se bousculent clairement pas pour adjoindre leurs forces à celles du "King". On l'a vu lorsque Paul George n'a même pas daigné accorder un entretien aux Lakers avant de re-signer avec OKC, quand l'entourage de Kawhi Leonard a laissé fuiter sa préférence pour les Clippers, ou lorsque Kevin Durant a déploré l'attention perpétuelle avec laquelle devait composer LeBron au quotidien. Autant d'indices qui laissent penser que sur tous les dossiers d'agents libres à venir, les Angelenos ne sont pas favoris.

Kevin Durant et Kyrie Irving sont plutôt annoncés à New York (Kyrie a tout de même renoué les liens avec LeBron au cas où), Kawhi Leonard semble donc hésiter entre les Clippers et un séjour plus long dans l'Ontario, et Klay Thompson attend sagement son premier contrat vraiment massif avec les Warriors. Les autres noms importants dont le contrat expire n'ont a priori pas assez de standing pour changer à eux seuls le rapport de force dans la Conférence Ouest. Kemba Walker, Jimmy Butler, Nikola Vucevic ou Khris Middleton sont tous All-Stars, mais leur seule présence n'est pas une garantie de succès.

Il y a bien le cas DeMarcus Cousins, mais rien n'indique que "Boogie" saura redevenir le monstre qu'il était à Sacramento. Même à 34 ans et en léger déclin sur le plan individuel, LeBron James reste un phénomène médiatique et sportif capable d'éclipser tout le monde. Lorsque les choses vont mal, le "Chosen One" a toujours réussi à contrôle la narration des événements pour ne pas être tenu responsables des échecs, relatifs ou non, de ses formations. Pas étonnant que des joueurs dans la force de l'âge et qui rêvent d'exposition positive et de bagues n'aient pas envie de prendre le risque d'être désignés coupables si les choses tournent au vinaigre.

Quid de l'ego d'Ingram, Kuzma et Ball ?

Anthony Davis ne fait pas partie de ceux-là et n'est pas effrayé par une association avec LeBron Mais la star des Pelicans n'a pas son mot à dire avant la fin de saison prochaine. New Orleans le tradera là où se matérialisera la meilleure contrepartie. Si les Lakers avaient un avantage sur la concurrence, Boston notamment, avant la deadline, il s'est dilapidé lorsque Rich Paul, Davis et les Lakers se sont mis les Pels à dos en forçant un trade à 10 jours de la clôture du marché.

Une alternative existe : améliorer l'effectif, mais conserver une grande partie des fameux "jeunes atouts" qui composent l'équipe depuis 2 ou 3 ans. Paradoxalement, Brandon Ingram, Kyle Kuzma, Lonzo Ball et Josh Hart ont été à la hauteur et ont franchement progressé ces dernières semaines malgré les mauvais résultats. Petite question épineuse toutefois : le fait d'avoir été a priori tous inclus dans un package pour Anthony Davis a-t-il froissé leur ego et entamé leur envie de tout donner pour un projet collectif ?

Si les "young guns" seront tous encore sous contrat à la rentrée, 7 joueurs pourront sortir de la grille salariale si les Lakers ne les prolongent pas : Rajon Rondo, Kentavious Caldwell-Pope, Tyson Chandler, Lance Stephenson, JaVale McGee, Reggie Bullock et Mike Muscala. Il y aura de la place pour recruter, mais encore faudra-t-il viser plus juste ce coup-ci pour entourer LeBron. Tout ça sera évidemment remis en question si le "King" et sa bande parviennent à se sortir de cette situation très compromise. Embryon de réponse au Staples Center cette nuit.