Cette fois-ci, LeBron James était (très) bien entouré

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Le sweep infligé par les Cleveland Cavaliers aux Toronto Raptors est le résultat d’un travail collectif. Il n’y a pas que LeBron James qui a brillé contre la franchise canadienne. Rendons hommage à ses coéquipiers.

C’est le one-man-show permanent à Cleveland. Celui de LeBron James, un homme qui tient à tirer toutes les ficelles. Un King qui a l’attrait du pouvoir. Autant sur le terrain, où il domine et s’approprie quasiment exclusivement toute la création du jeu, qu’en coulisses, où il s’évertue à placer ses fidèles et ce même s’il fait mine de ne pas s’y intéresser. Le spectacle du basketteur le plus doué et le plus influant de la planète. Cela donne de belles histoires qui alimentent déjà et alimenteront encore sa légende pendant des années. Comment un homme, presque seul, a démantelé à 33 ans les Indiana Pacers au premier tour des playoffs en claquant trois matches à plus de 40 pions.

La superstar était bien esseulée. Au point où la question venait même à se poser : jusqu’où James emmènerait ce groupe construit à la hâte en février dernier ? Une autre série plus tard, l’analyse peut varier. Le natif d’Akron a encore une fois fait des ravages contre les Toronto Raptors – un match à 43 points, un triple-double et un buzzer-beater. Mais il n’était pas seul. Plus seul. Ses coéquipiers se sont vraiment mis au niveau sur cette demi-finale de Conférence. Et ce dès le début. Ils ont notamment pris le relais quand leur champion manquait d’adresse lors du Game 1 (12/30 aux tirs).

Il estimait qu’il s’agissait là de son « plus mauvais match de la saison », tout de même bouclé avec 26 points, 11 rebonds et 13 passes. Fort heureusement, d’autres joueurs se sont illustrés ce soir-là. Tristan Thompson a poursuivi sur sa lancée du Game 7 contre Indiana en postant un nouveau double-double (14 pts, 12 rbds). Kyle Korver et J.R. Smith ont eux planté 19 et 20 points. Les seconds couteaux réglaient enfin la mire. Ils sont restés chauds les trois matches suivants. Et encore, ce n’était qu’un apéritif. C’est finalement tout le collectif de Tyronn Lue qui est monté en puissance au fur et à mesure de la série contre Toronto.

« Mes coéquipiers ont été merveilleux depuis le Game 1 », notait LeBron James. « J’ai été horrible dans le Game 1 et ils m’ont suppléé. J’ai essayé de suivre leur exemple du Game 2 au Game 4. »

Le réveil de Kevin Love est peut-être le plus marquant. Lui aussi s’est raté en ouverture des demi-finales de Conférence. Il a parfaitement rebondi depuis. L’intérieur All-Star avait été malmené par Thaddeus Young au tour précédent. Replacé en pivot pour que les Cavaliers pratiquent un basket plus rapide et plus espacé – bel ajustement de Lue – il a terrorisé les grands des Raptors. Il reste donc sur trois rencontres à 31, 21 et 23 points. Soit 20 unités par match contre 11 au premier tour. Il était alors le seul joueur de Cleveland à passer la barre des 10 points (LeBron James mis à part).

Ils étaient cinq à le faire contre Toronto. 14,5 pour un Korver insolent d’adresse (56% à trois-points). Plus de 12 pour Smith et Jeff Green. Et enfin 10 points pour un Hill ressuscité. Ce petit monde a fait la différence entre une équipe malmenée en sept manches et une formation dominatrice contre la tête de série à l’Est. Ils étaient attendus. Ils ont répondu présent. Enfin.