LeBron James pouvait-il encore en faire plus ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Aussi dominant soit-il, le King ne pouvait finalement pas faire grand chose de plus pour faire tomber des Warriors impressionnants.

Encore une performance époustouflante de LeBron James lors d’une rencontre des finales NBA. 41 points, 13 rebonds et 8 passes. L’an dernier, pareille prestation aurait sans doute garanti une victoire à ses Cleveland Cavaliers. Mais pas cette saison. Pas contre ces Golden State Warriors.

Encore une campagne de playoffs surhumaine pour le King. 32,8 points, 9,1 rebonds et 7,8 passes par match. A 32 ans, il était plus fort que jamais. Plus puissant qu’en 2016, quand ses exploits répétés ont offert à l’Ohio son premier titre majeur depuis plus d’un demi-siècle.

LeBron en défense face à Stephen Curry.

Encore des finales incroyables pour le natif d’Akron. 33,6 points à 56% de réussite aux tirs, 38% derrière l’arc, 12 rebonds et 10 passes en cinq rencontres. Un triple-double… insuffisant. Comment est-ce même possible ? Comment un triple-double collecté par l’un des joueurs les plus dominants de tous les temps peut-il passé au second plan ? C’est dire la domination impressionnante des Warriors de Stephen Curry, Kevin Durant et compagnie. Il est en tout cas le premier à finir des finales en triple-double.

Encore une défaite pour James, la cinquième en huit finales. Une statistique peu flatteuse qui pèsera peut-être lourd au moment de faire les comptes une fois la superstar partie à la retraite. La plupart penche déjà le regard sur les cinq perdues, et non sur les huit jouées. Pourtant, c’est déjà un accomplissement exceptionnel. D’ailleurs, nous vous avertissons de suite : estimer qu’il ne peut pas devenir un jour, au sens purement technique, purement basket, le meilleur joueur de l’histoire en raison de cet échec précis, contre ces Warriors-là, serait une erreur.

Car, franchement, avec un léger recul de deux heures après le quatrième revers en cinq manches de Cleveland, il est difficile d’imaginer ce que LeBron pouvait bien faire de plus pour éviter ce scénario. Il a absolument tout donné. Malgré la fatigue évidente qu’il a voulu nier devant la presse. Il refuse toujours de montrer des signes de faiblesse (il n’y a pourtant rien d’honteux à être humain…) et ses cartons constants tendent à lui donner raison.

Mais le défi était finalement beaucoup trop grand, même pour un joueur de sa trempe. Déjà, avant les finales, les analystes les plus réputés de la planète basket affirmaient que les deux équipes ne boxaient pas dans la même catégorie. Golden State est une formation historiquement forte, sans faiblesse majeure guidée par deux MVP. Cleveland est une équipe extrêmement talentueuse, bien trop complète pour sa Conférence, menée par la force la plus dominante de la ligue mais elle a aussi un paquet de lacunes. Failles qui ont été exploitées tout au long de la série par les nouveaux champions NBA. Il y avait une classe d’écart. Et malgré ça, nombreux étaient ceux à croire aux Cavaliers. Tout simplement parce qu’ils croyaient en LeBron James.

LeBron James a besoin de sang neuf à ses côtés

Même à 3-1, après la victoire éclatante des hommes de Tyronn Lue sur leur parquet, certains se sont mis à rêver d’un comeback encore plus dingue que celui de juin dernier. C’était pourtant irréaliste, impensable et complètement irrationnel. Choisissez le synonyme qui vous plait. Mais avec LeBron James, tout est possible. Ou presque.

Concours de têtes basses entre les deux lieutenants de BronBron.

Les Warriors étaient simplement trop au-dessus. Surtout pour des Cavaliers qui se sont quasiment exclusivement reposés sur deux joueurs : LeBron et Kyrie Irving. Ils ont été les seuls à vraiment mettre à mal la défense adverse sur la continuité. Ils étaient souvent esseulés. Forcés à l’exploit. Ça a fini par payer lors du Game 4. L’équipe était finalement bien trop dépendante de ses deux stars. Et même surtout de James. Cleveland n’a perdu que de sept points lors des 212 minutes cumulées par le quadruple MVP sur le parquet. En revanche, les Cavs ont pris le bouillon lors des 28 petites minutes jouées sans lui (-27).

L’organisation doit maintenant mettre en place un plan pour améliorer un effectif dont la masse salariale est déjà bien lourde. Les dirigeants ont très peu de marge de manœuvre, ce qui peut les pousser à transférer l’une des pièces importantes (Kevin Love… ?) pour essayer de se mettre au niveau stratosphérique des Warriors. Car il a beau être extraordinairement doué, LeBron James risque de se heurter encore bien souvent à KD et ses ouailles dans les années à venir.