La loterie pré-Draft en 6 questions

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Cette nuit, à 2h30 du matin, on saura sans doute où atterrira Zion Williamson. Mais cette loterie NBA 2019 comporte d'autres intrigues intéressantes.

Qui aura la chance de drafter Zion Williamson ?

Il existe bien un scénario où une équipe ambitieuse immédiatement récupère le 1st pick et se dit qu'il vaut mieux l'utiliser dans un trade, mais les chances sont quand même minimes. Même les Los Angeles Lakers et leur attractivité en berne n'oseraient sans doute pas. On peut donc affirmer à 99.9% que la franchise qui tirera le gros lot cette nuit sera celle qui draftera Zion Williamson le 20 juin prochain. Ce n'est quand même pas rien. On n'est jamais sûrs de rien, mais Zion fait partie de ceux qui donnent l'impression d'être des valeurs sûres et des incarnations futures de la NBA après leur parcours universitaire. Depuis le début de la décennie, il n'y a sans doute qu'avec Kyrie Irving, Anthony Davis et Ben Simmons que l'on a eu cette sensation.

Rappelons les pourcentages de chance pour que chaque équipe présente dans cette loterie décroche le first pick :

Les trois plus gros cancres de la saison régulière, à savoir les Phoenix Suns, les New York Knicks et les Cleveland Cavaliers, ont pour la première fois cette année la même chance théorique : 14%.

Derrière, c'est décroissant.

Les Chicago Bulls (12.5%), les Atlanta Hawks (10.5%), les Washington Wizards (9%) ont un espoir raisonnable de prétendre à une "zionification". Pour les autres, c'est du long shot. Les New Orleans Pelicans, les Memphis Grizzlies et les Dallas Mavericks ont 6%. Devront espérer un miracle : les Minnesota Timberwolves (3%), les Los Angeles Lakers (2%), les Charlotte Hornets (1%), le Miami Heat (1%) et les Sacramento Kings (1%).

On rappellera quand même que l'impossible se réalise parfois au point d'alimenter les théories du complot. L'année où Chicago a drafté Derrick Rose, les Bulls avaient 1.7% de chances d'obtenir le 1st pick. Quinze ans plus tôt, en 1993, Orlando, avec 1.5% de chances, avait pu drafter Chris Webber en #1 avant de le trader contre Penny Hardaway. En 2011, Cleveland toujours, n'avait que 2.8% de décrocher le 1st pick. Le pick obtenu grâce à un trade précédent avec les Clippers s'était donc transformé en... Kyrie Irving.

Les Hawks vont-ils voler le pick des Mavs mis en jeu dans le trade Doncic/Young ?

Lorsque les Atlanta Hawks ont échangé Luka Doncic contre Trae Young le soir de la Draft 2018, il y avait quand même une petite gâterie cachée dans la transaction. On saura cette nuit si celle-ci va se matérialiser ou non. Dans tous les cas, les Hawks disposent de leur 1er tour et ont de bonnes chances de drafter l'un des meilleurs talents de la cuvée. Mais si le pick de Dallas se situe au-delà du top 5, Atlanta le récupérera et pourra alors se targuer de posséder deux jeunes joueurs talentueux de plus, ou utiliser ce gros asset dans une transaction pour améliorer leur roster déjà intéressant.

Le scénario rêvé pour Atlanta : ils tirent le 1st pick (donc Zion Williamson) et les Mavs sont contraints de leur envoyer le pick; qui ne peut être compris qu'entre le 9e et le 13e s'il est effectivement hors du top 5.

Pat Ewing bouclera-t-il la boucle pour les Knicks ?

Depuis que le grand Pat a été drafté avec le 1st pick en 1985 lors de la première loterie de l'histoire (les complotistes aiment rappeler les théories de la "Frozen Envelope" ou de l'enveloppe cornée pour permettre à David Stern de ramener NYC sur le devant de la scène), les New York Knicks ont connu un paquet de saisons décevantes. Mais jamais Gotham n'a pu jouir à nouveau de l'opportunité de drafter avant tout le monde. Et donc, potentiellement, du meilleur joueur de sa classe de Draft et d'un talent possiblement transcendant. Même les saisons volontairement dramatiques sportivement n'ont pas pu être exploitées au maximum, soit parce que les Knicks avaient déjà bazardé leur 1er tour dans une transaction foireuse, soit parce que la chance ne leur a pas souri.

Le plus haut pick tiré par New York depuis 1985 ? Le 4e, en 2015, utilisé pour sélectionner Kristaps Porzingis. Ce serait un clin d'oeil sympathique (mais pas forcément mérité vu le personnage qui possède la franchise) que Pat Ewing soit l'homme qui ramène le 1st pick à Big Apple.

Les Cavs vont-ils encore avoir le cul bordé de nouilles ?

On dit souvent que lorsque l'on n'est pas un gros marché et que l'on ne peut du coup pas trop compter sur l'intérêt des free-agents de luxe, mieux vaut avoir de la chance au tirage. Les Cleveland Cavaliers sont quelque part bénis des dieux. Leur capacité à drafter LeBron James avec le 1st pick en 2003 ne doit rien au hasard. Ils avaient, avec 22.5%, les meilleures chances d'hériter du pick grâce à une belle saison de lose. Mais là où la plupart des franchises doivent attendre 20 ans pour retirer le gros lot, celle de l'Ohio a fait banco sur la durée.

Après le premier départ du "King" en 2010 pour exporter ses talents à South Beach, ça n'a pas traîné. En 2011, Cleveland pu drafter Kyrie Irving en première position malgré 2.8% de chances avant la loterie. Deux ans plus tard, en 2013, bingo again. Malgré la troisième meilleure chance théorique, les Cavs héritent du 1st pick et l'utilisent pour... Anthony Bennett, l'année où Victor Oladipo, Giannis Antetokounmpo et Rudy Gobert débarquent en NBA. Le loto est clément une fois de plus avec Cleveland l'année suivante. Avec seulement 1.7% de chances, la propriété de Dan Gilbert décroche le 1st pick (Andrew Wiggins) et s'en sert pour monter un trade avec Minnesota pour faire venir Kevin Love, qui sera l'un des lieutenants de LeBron James, de retour après quatre ans d'exil.

Cinq ans après sa dernière participation à la loterie, Cleveland sera-t-il encore frappé par la grâce ?

Pourquoi les Celtics ont-ils envoyé un représentant ?

Parce que Danny Ainge n'a pas encore épuisé son trésor de guerre, pardi ! Au petit jeu des trades et opérations passées, Boston peut se retrouver avec deux jolis picks. Si les Sacramento Kings ne décrochent pas le 1st pick (si c'est le cas, il reviendra à Philadelphie), ils seront obligés d'envoyer leur pick à Boston. Si les Memphis Grizzlies n'ont pas de pick dans le top 8, ce sera à nouveau les Celtics qui s'en délecteront. Memphis a quand même 31% de chances d'hériter du pick n°8, mais 34% de tomber sur le n°9 et d'être donc obligé de l'envoyer sous paquet cadeau à Danny Ainge.

Qui sont les potentiels porte-bonheur ?

Chaque équipe présente dans cette loterie a envoyé un représentant dans l'espoir qu'il soit leur trèfle à quatre feuilles. Parfois, on peut se demander si certaines équipes n'ont pas simplement choisi la seule personne disponible et pas encore partie en vacances...

Dans l'ordre alphabétique, donc :

Atlanta Hawks - Jami Gertz, l'actrice américaine, co-propriétaire de la franchise avec son mari.

Boston Celtics - Rich Gotham, le discret président des Celtics, souvent éclipsé par Danny Ainge ou le proprio Wyc Grousbeck. Les gars se sont sans doute dit, "il s'appelle Gotham, l'un des surnoms de New York, ça peut marcher".

Charlotte Hornets - James Borrego, le head coach.

Chicago Bulls - Horace Grant, l'homme aux goggles, élement-clé des trois premiers titres des Bulls et aujourd'hui conseiller spécial du président.

Cleveland Cavaliers - Nick Gilbert, le fils du propriétaire Dan Gilbert, opéré d'une tumeur au cerveau l'année dernière.

Dallas Mavericks - Cynthia Marshall, PDG de la franchise. Mark Cuban s'est sans doute dit qu'après le scandale autour de l'atmosphère toxique pour les employées des Mavs pendant des années, il fallait marquer le coup...

Los Angeles Lakers - Kyle Kuzma, probablement parce qu'il n'y a plus aucun dirigeant sûr d'être encore là à la rentrée ?

Memphis Grizzlies - Elliott Perry, actionnaire minoritaire.

Miami Heat - Alonzo Mourning, vice-président du programme de développement des joueurs. C'est toujours bon de montrer qu'il reste un peu de star power dans la franchise après la retraite de Dwyane Wade.

Minnesota Timberwolves - Gersson Rosas, tout juste nommé président des opérations basket.

New Orleans Pelicans - Alvin Gentry, le head coach.

New York Knicks - Le Grand Pat, 34 ans après.

Philadelphie Sixers - Chris Heck, le président. Comme ça, si Philly décroche le 1st pick grâce à Sacramento, on pourra s'exclamer : "What the Heck ?!"

Phoenix Suns - Deandre Ayton, le 1st pick 2019. Les Suns voulaient sans doute envoyer Josh Jackson, mais il a eu quelques petits soucis avec la police...

Washington Wizards : Raul Fernandez, le vice-président de la franchise. Pour amener la même réussite que les Capitals, l'équipe de NHL championne 2018 qu'il a chapeautée ?