Les Pelicans ont gagné Mirotic mais l’avenir est toujours flou

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les New Orleans Pelicans ont acquis le convoité Nikola Mirotic en provenance des Chicago Bulls. Un bon deal qui annonce cependant des nouveaux casse-têtes pour les dirigeants.

Cette fois, c’est bouclé. Après une première tentative avortée, les New Orleans Pelicans ont finalement mis la main sur Nikola Mirotic. L’Espagnol débarque des Chicago Bulls tandis que Tony Allen, Omer Asik et Jameer Nelson font le chemin inverse. Un précieux premier tour de draft (protégé top cinq en 2018, top huit en 2019 et non protégé en 2020) des Pelicans a été ajouté dans le deal. C’est même l’élément central de l’échange pour Chicago, qui s’apprête à couper Allen.

Le transfert avait d’abord capoté. Et pour cause, les dirigeants de New Orleans n’étaient pas vraiment intéressés par l’idée de conserver Mirotic – et ses 12,5 millions de dollars au-delà de la saison en cours. Les Bulls devaient d’abord activer l’option sur l’exercice 2018-2019 de l’ancien joueur du Real Madrid. Dans le cas contraire, il disposait toujours de son droit de veto. Et lui ne voulait pas rejoindre les Pelicans pour un quart de saison. La franchise de Louisiane a fini par céder et a donc accepté de prendre en charge le salaire du bonhomme jusqu’en 2019.

Nikola Mirotic, l'atout idéal... dans l'immédiat

Sur le papier, cela peut valoir le coup dans l’immédiat. Mirotic est le parfait « stretch four » à associer à Anthony Davis – même si ce dernier se refuse à jouer pivot. Il réalise la meilleure saison de sa carrière avec presque 17 points et 6 rebonds par match tout en sortant du banc. Le tout avec un excellent 43% derrière l’arc. La paire qu’il s’apprête à former avec Davis rappelle celle que la superstar constituait avec Ryan Anderson. Ce duo faisait exploser les défenses adverses.

L’ajout est d’autant plus intéressant puisqu’il permet aux Pelicans de continuer à viser les playoffs malgré la blessure de DeMarcus Cousins. Le pivot All-Star est out pour environ huit mois. Septième à l’Ouest, New Orleans peut croire à la post-saison avec ce renfort. Il se murmure même que la franchise veut recruter Greg Monroe, originaire de Louisiane. Alvin Gentry lui aurait promis un rôle de titulaire. Ce serait tout de même étrange d’aligner simultanément Nikola Mirotic, Davis et Monroe. Les Pelicans sont une anomalie en NBA. Ils font effectivement jouer deux grands – DMC et Davis – ensemble. Mais ils ne sont pas si « old school » que ça. Leurs deux intérieurs sont capables de jouer face au panier. Ils sont assez mobiles pour dépasser leurs adversaires en dribbles et pour les contenir en défense. Cousins tente aussi beaucoup sa chance derrière l’arc.

Monroe, ce n’est pas pareil. Il ne s’aventure que rarement au-delà des quatre-cinq mètres du cercle. Son jeu de jambes n’est pas aussi développé. Sa vitesse et son agilité non plus. Et si Mirotic est adroit derrière l’arc, il n’est pas assez vif pour jouer ailier en NBA. Elle est finie, l’époque FIBA. C’est un ailier-fort.

Une masse salariale blindée, un effectif moyen

Le problème, avec cette organisation, c’est le besoin constant de blinder les lignes sans cohérences. Il faut comprendre que le propriétaire, Tom Benson, presse son GM depuis des années maintenant. Il n’aime pas perdre. Lui qui possède aussi les Saints (NFL) tient absolument à amener l’équipe au sommet. Mais son impatience nuit finalement au développement de sa franchise. Les Pelicans ont multiplié les moves effectués dans l’urgence saison après saison. Quitte donc à sacrifier des picks ou de la flexibilité financière.

L’arrivée de Nikola Mirotic est intéressante d’un point de vue purement basket dans les mois à venir. Mais quid de son impact économique à très court terme ? Avec ses 12,5 millions garantis, les Pelicans ont déjà plus de 76 millions de dollars à payer pour quatre joueurs sur la prochaine saison : Anthony Davis (25,4 M), Jrue Holiday (26,1), Solomon Hill (12,7) et donc Mirotic. Et c’est sans même compter les contrats d’Alexis Ajinça (5,2) et E’Twaun Moore (8,8) ! Le Cap est estimé à hauteur de 101 millions de dollars pour la saison prochaine.

Pour faire plus simple : si DeMarcus Cousins prolonge pour le maximum à NO, les Pelicans seront bien, bien, bien au-dessus du Cap avec une équipe semi-compétitive. Sans enveloppe pour recruter de vrais bons joueurs de devoir à mettre autour. Que peuvent réellement viser Cousins, Davis, Mirotic et Holiday ensemble ? Un premier tour de draft au mieux ? Et c’est dans l’optique où l’Espagnol parvient à se trouver une place dans la rotation derrière la doublette phare du groupe. Les Pelicans auraient la masse salariale d’un candidat au titre sans en avoir l’effectif ou le potentiel.

Il va pas falloir pleurer en 2019...

Anthony Davis

Manquer de compétitivité, c’est prendre le risque de voir « Unibrow » se barrer. Le champion Olympique ne cache absolument pas son admiration pour les plus grandes équipes de la ligue. Que ce soit Boston ou Golden State… Il est d’ailleurs assez proche des joueurs des Warriors. Tous ces All-Stars, il les a côtoyés pendant l’été avec Team USA. Il les a vus gagner pendant que lui est coincé au sein d’une équipe du milieu de tableau. Il a beau être sous contrat, les rumeurs à son sujet se sont intensifiées depuis un an et demi. Parce que de nombreux analystes voient bien Davis être le prochain joueur vraiment majeur à demander son transfert.

En 2018, il sera à moins de deux ans de l’expiration de son contrat. L’Histoire récente prouve qu’il est préférable d’échanger une superstar à qui il reste plus d’un an garanti (Kyrie Irving, Jimmy Butler) afin d’éviter de se retrouver avec seulement quelques assets (Carmelo Anthony et Paul George même si les Indiana Pacers s’en sont très bien sortis sur ce coup). Si Cousins prolonge, il serait très peu probable que Davis demande son transfert. Mais si New Orleans déçoit en 2018-2019, l’été suivant sera très chaud à un an de la fin du bail de son meilleur joueur.

Mais l’effort est au moins à saluer. Il y a des équipes qui optent systématiquement pour le tanking. Les Pelicans ne s’inscrivent pas dans cette logique. Ils vont essayer de jouer le jeu. Quitte à tout perdre à moyen terme.