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Est-ce qu’il faut vraiment croire aux Sixers ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Philadelphia Sixers ont déniché Al Horford, l’un des principaux joueurs sur le marché. Mais l’ensemble laisse perplexe.

Un All-Star qui part, un autre qui arrive. Alors que le Miami Heat finalise l’arrivée de Jimmy Butler via un « sign&trade » (pour un nouveau contrat de 141 millions sur quatre and), les Philadelphia Sixers s’apprêtent à recruter Al Horford. Le pivot dominicain est attendu pour quatre saisons et un montant total de 109 millions de dollars. Au réveil de la première soirée (folle) de la Free Agency, la franchise de Pennsylvanie a donc toujours un quatuor. En effet, Tobias Harris a aussi prolongé pour 180 millions sur cinq ans ! Les deux joueurs prêteront main forte à Joel Embiid et Ben Simmons, les deux jeunes superstars de Philly.

Et ce n’est pas fini ! Josh Richardson, meilleur joueur du Heat l’an dernier, devrait atterrir aux Sixers dans le cadre du transfert de Butler. Une autre belle pioche. Ça donne un cinq de costaud avec Simmons, Richardson, Harris, Horford et Harris. Cinq joueurs confirmés. Trois All-Stars. Alors c’est bien beau… mais est-ce que ça peut vraiment marcher ?

La signature d’Harris, par exemple, nous interroge. L’addition est salée mais elle est logique. 180 millions. C’était le prix à payer – le maximum – pour conserver le joueur de 26 ans. Après tout, les Sixers avaient lâché plusieurs assets (Landry Shamet, Wilson Chandler et des tours de draft) pour le faire venir en février. Ça n’aurait pas eu de sens de le laisser partir aussi facilement ensuite. Surtout, il aborde la meilleure période de sa carrière. En fait, son salaire semblera un poil élevé uniquement si l’alchimie ne se développe pas.

Et c’est justement ce qui nous fait peur. Plus que le contrat, c’est le rôle réservé à Harris qui nous fait réfléchir. Le staff a donc l’intention de le faire jouer à l’aile – au poste trois – alors qu’il évoluait en quatre au côté d’Embiid lors des derniers mois. C’est difficile pour nous de l’imaginer en trois. Pas avec l’évolution actuelle de la ligue. Il nous paraît un peu lent pour ralentir les ailiers adverses – qui sont en réalité de plus en plus des arrières. Pareil en attaque, il n’a pas forcément l’explosivité pour déborder son vis-à-vis en partant loin du cercle. Alors que dans un corner ou en pick-and-pop… c’est une arme redoutable.

Tobias Harris est un tireur adroit mais ce n’est pas un sniper non plus. Il ne convertissait que 32% de ses tentatives à trois-points après son arrivée à Philadelphia. Il avait déjà du mal à trouver sa place. Ça ne risque pas de s’arranger avec maintenant Al Horford autour de lui. La raquette est blindée et l’ancienne star des Clippers va constamment devoir jouer au large ! Du moins quand le cinq majeur sera aligné.

Horford a été formé en tant qu’ailier-fort. C’est son poste naturel. Ou du moins c’était. Encore une fois, la NBA a évolué. Il y a de plus en plus de « small ball », surtout en playoffs. Alors oui, le Dominicain est capable d’étirer les lignes avec son adresse extérieure. Mais comme Harris, ce n’est pas la première caractéristique de son jeu. Il va aussi vouloir des ballons près du panier ou à mi-distance. Ça peut boucher les espaces pour Harris mais aussi surtout pour Embiid. Le Camerounais n’aime pas partager ses positions préférentielles. Peut-être qu’il sera plus indulgent avec Horford, un autre All-Star.

Mais les deux risquent de se marcher un peu sur les pieds malgré leur talent. Ils sont tous les deux très forts mais peuvent-ils se tirer vers le haut ? C’est le prochain défi pour le staff. Comme si ça ne suffisait pas, les coaches devront composer avec un Richardson qui aime bien avoir la balle entre les mains. Sans même parler d’un Simmons qui doit absolument développer un tir fiable pour franchir un cap.

L’ensemble manque de cohérence, à première vue en tout cas. C’était exactement le même problème lors des derniers mois ! C’est comme si les Philadelphia Sixers avaient remplacé un groupe incompatible par un autre groupe incompatible. Il faudra bien sûr attendre de voir sur le terrain pour réellement en juger mais il nous semble justifié d’émettre quelques réserves.

Ça reste très fort sur le papier. Et ça peut aller loin en playoffs. Mais aller au bout ? Gagner le titre comme l’espèrent les dirigeants ? Pour l’instant, nous avons du mal à y croire.