Stephen Curry la vraie pierre angulaire des Warriors

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Le meneur des Golden State Warriors a su faire la différence match après match. Il s'est clairement rattrapé de ses deux finales précédentes.

Les Golden State Warriors sont champions pour la deuxième fois en trois ans. Mais ce titre est certainement le plus marquant des deux. Ils ont atomisé une formidable équipe des Cleveland Cavaliers. Kevin Durant, l’homme qui a fait la différence entre un 3-1 remonté en 3-4 et une fessée en cinq manches, devrait récolter la plupart des honneurs. Il est le MVP des finales. Pour certains, il est même le meilleur basketteur de la planète. Mais il ne faut pas complètement reléguer Stephen Curry au second plan.

Le double-MVP a fait une très grande série. 26,8 points par match, 44% aux tirs, 39% à trois-points, 8 rebonds, 9,4 passes et 2,2 interceptions. Cinq rencontres, cinq double-doubles. L’un d’entre eux étant même en réalité un triple-double.

En se montrant tranchant tout au long des finales, à l’exception du Game 4, le meneur des Warriors s’est bien rattrapé de ses deux ratés – relatifs – lors de ses deux premiers passages à ce stade de la compétition. En 2015, il s’était réveillé un peu tard après avoir souffert face à Matthew Dellavedova. Andre Iguodala avait d’ailleurs été nommé MVP. Un an plus tard, une blessure au genou contractée pendant les playoffs l’avait amoindri. Il était nettement moins efficace. Et ses performances ont évidemment été pointées du doigt quand Golden State n’a pas su conclure lors des Games 5, 6 et 7.

On parle d’un joueur d’1,91 m et 84 kilos qui provoque constamment des prises-à-deux

Ce n’est d'ailleurs pas un hasard si les Californiens ont perdu la seule fois où Stephen Curry est passé à côté de son match. S’il n’est pas le meilleur joueur de son équipe, il est devenu le plus important. Un statut autrefois accordé à Draymond Green mais qui doit aussi revenir au meilleur shooteur de la planète. Car si ses statistiques sont épatantes, son impact ne se lit pas forcément dans les chiffres. Et c’est peut-être ça le plus dingue avec lui. Durant a cartonné, c’est indéniable. Mais qu’est-ce qu’il a profité des largesses défensives offertes… par la présence de son coéquipier ! Notamment lors des deux premiers matches de la série.

Stephen Curry, le joueur le plus important des Warriors

Le simple fait d’avoir Curry sur le terrain facilite donc la vie des Warriors. Même s’il ne touche pas la balle. Il suffit de l’observer pendant cinq minutes, et d’analyser les réactions de la défense au moindre de ses mouvements, pour comprendre. Il monopolise en permanence l’attention de deux à trois défenseurs. Ses tirs à trois-points en sortie de dribbles sont tellement démoralisants – et énergisants pour ses camarades – que les adversaires préfèrent le doubler à chaque pick-and-roll. On parle d’un joueur d’1,91 m et 84 kilos tout mouillé qui provoque constamment des prises-à-deux. C’est du jamais vu !

Sur chaque contre-attaque, les Cavaliers ont parfois volontairement laissé le porteur de balle – souvent Durant – foncer vers le panier pour s’assurer que le Splash Bro ne recevrait pas la balle derrière l’arc. Au final, Stephen Curry offre donc bien plus d’espaces à ses coéquipiers que l’inverse. Mais il a tout de même été tranchant quand il avait l’opportunité de marquer ses points. Même cette nuit, ses nombreuses pénétrations vers le panier ont fini par faire céder la défense de Cleveland.

Même quand il était moins en réussite, il a su trouver d’autres façons d’impacter le jeu. Ces finales sont la preuve qu’il est tout sauf un simple shooteur. Il a distribué à merveille les munitions entre les différentes stars de Golden State. Il a pris plus de rebonds que Tristan Thompson sur l’ensemble de la série. Sa défense, parfois injustement critiquée, était à la hauteur de l’événement. C’est bien une superstar complète qui a épaulé KD dans la quête du titre.

Il ne sera peut-être jamais MVP des finales mais son association avec Durant est si phénoménale qu’elle promet d’autres sacres. Et c’est peut-être ça qui compte le plus.