Miami voulait construire l’une des meilleures défenses de la ligue autour de son nouveau duo. Après 7 matchs, le Heat est à 2-5. Quand Bam Adebayo est sur le terrain, l’équipe encaisse 124 points pour 100 possessions, contre 106 quand il est sur le banc. C’est l’un des pires écarts de l’effectif. Mais isoler Bam ne dit pas grand-chose : 58 % de ses possessions se jouent avec Giannis Antetokounmpo. La vraie question est donc celle du duo.
Quatre configurations au lieu d’une
On découpe les possessions de Miami selon que Bam et Giannis sont sur le terrain ensemble, chacun sans l’autre, ou tous les deux sur le banc. Le résultat est clair : quand les deux sont sur le terrain, soit la majorité du match, c'est le pire résultat. Ensemble, sur 124 minutes, Miami encaisse 11,8 points de plus qu’il n’en marque pour 100 possessions. Bam sans Giannis : −5. Giannis sans Bam : −1,9. Le cas « aucun des deux » ne représente que 18 minutes, trop peu pour en tirer quoi que ce soit.
Il faut d’abord retirer la part de chance
Une partie du problème vient du 3 points adverse. Quand le duo est sur le terrain, les adversaires shootent à 47 % de loin. Sur l’ensemble de la saison, ils tirent à 41 % à 3 points contre Miami, deuxième pire total de la ligue. Pourtant, ces mêmes équipes ne tirent qu’à 34 % contre les autres adversaires. Et Miami concède moins de tirs grands ouverts que la moyenne (37 % de ses 3 points concédés, contre 47 % pour la ligue). Il y a donc potentiellement une part d'adresse très importante de la part des adversaires qui devrait diminuer au fil de la saison
Le facteur restant : la raquette
À 2 points, en revanche, la défense a vraiment prise, et c’est là que le duo coince. Les adversaires y réussissent 59,8 % de leurs tirs quand Bam et Giannis sont ensemble, 55,1 % quand Bam joue sans Giannis, et 51,1 % quand Giannis joue sans Bam.
Bam ne défend pas mal en un contre un. Sur les 20 tirs près du cercle où il était le défenseur le plus proche, les adversaires n’en ont réussi que la moitié, alors que ces joueurs sont à 65 % d’habitude. Le problème est donc moins sa qualité que son rôle. Sa meilleure place défensive est près du cercle, et c’est déjà là que se trouve Giannis, qui a contesté 33 tirs dans cette zone. L’un des deux est poussé loin du panier, et la raquette perd en densité au lieu d’en gagner, et entre les deux, Giannis est le meilleur défenseur
Ce que ces chiffres ne disent pas
C’est un scénario, pas une loi. Sept matchs, c’est très peu, et l’écart à 2 points reste dans la marge d’incertitude. Il y a aussi un biais de contexte : 77 des 124 minutes du duo se jouent avec le cinq de départ (Mitchell, Thompson, Wiggins), face aux titulaires adverses. L’hypothèse à suivre est simple : sur les 15 prochains matchs, une fois le 3 points adverse corrigé, la raquette de Miami reste-t-elle plus perméable quand les deux jouent ensemble ? Si oui, Erik Spoelstra devra faire un choix : étaler les minutes des deux, ou donner à l’un d’eux un vrai rôle défensif en périphérie, voir penser à un trade.
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Hugo Mayca – @fr_analytics
