95 Miami Heat MIA
120 Indiana Pacers IND
100 Toronto Raptors TOR
91 Washington Wizards WAS
97 Minnesota Timberwolves MIN
100 Detroit Pistons DET
113 Phoenix Suns PHO
105 Chicago Bulls CHI
127 Los Angeles Lakers LAL
109 Denver Nuggets DEN
111 Brooklyn Nets BKN
118 Golden State Warriors GSW

Shaï Mamoupar Shaï Mamou   

Kevin Garnett fête ses 41 ans. L'occasion de revenir sur une facette marquante de sa personnalité qu'il a élevé au rang d'art.

Kevin Garnett, qui fête ses 41 ans aujourd'hui, restera comme l'un des plus féroces compétiteurs que la ligue ait jamais connu et l'un de ses membres les plus follement énergiques et passionnés. Le CV de Kevin Garnett n'est toutefois pas uniquement garni de performances magnifiques et d'accomplissements individuels et collectifs. On y trouve également de la fourberie, de l'intimidation et, souvent, de la méchanceté. C'est aussi pour ces raisons et ce côté grande gueule infatigable que ses fans lui seront restés fidèles jusqu'à la dernière heure. Les anecdotes qui mettent en lumière ces traits de caractère chez Garnett sont nombreuses, mais on en a retenu 6.

L'anéantissement mental de Patrick O'Bryant

Karl-Anthony Towns a de la chance. Ou suffisamment de talent et de répondant pour que Kevin Garnett croit en lui et se mue en véritablement mentor. D'autres n'ont pas eu ce luxe et ont même été gâchés à jamais par l'intransigeance du Big Ticket. C'est le cas de Patrick O'Bryant. Drafté en 9e position en 2006 par les Golden State Warriors, O'Bryant est un intérieur prometteur tout heureux de débarquer à Boston deux ans plus tard dans un roster aussi expérimenté et a priori compétitif. C'était sans compter un mental friable qui ne pouvait forcément pas coller avec le plus intense de ses partenaires d'entraînement... Après deux ou trois entraînements, "KG" a déjà rendu son verdict sur O'Bryant : trop placide, trop calme, trop soft. Il se met du coup en tête de le faire sortir de ses gonds pour voir s'il a vraiment quelque chose en lui. Aux dires des joueurs présents à l'époque, toutes ses tentatives ont été vaines et cet échec l'a fait atteindre des extrémités.

"A l'entraînement, à chaque tir que Patrick prenait, à chaque action où il était impliqué, Kevin le harcelait, lui gueulait dessus et l'insultait. C'était une torture. Il lui disait des choses complètement folles. Nous on disait à Patrick de ne pas y faire attention, mais c'était trop tard", raconte Leon Powe.

Doc Rivers résume bien le bilan de l'opération.

"Kevin a détruit O'Bryant. C'était vraiment méchant".

Après 26 apparitions et une petite dépression, Patrick O'Bryant est envoyé à Toronto. Il ne disputera alors plus que 24 petits matches en NBA dans toute sa carrière avant d'opter pour des contrées plus exotiques sans jamais connaître un vrai succès.

Interrogé à ce sujet quelques années plus tard, Garnett déclarera :

"Je ne marcherai jamais sur quelqu'un qui n'a pas envie qu'on lui marche dessus. On ne peut pas faire n'importe quoi dans cette ligue. Si on est pas dedans immédiatement, on se fait remplacer rapidement", explique Kevin Garnett.

Ça, Patrick O'Bryant l'a bien compris.

Il fait pleurer Big Baby et le fume au bras de fer

L'expression "pleurer comme un bébé", ou en l'occurrence un "gros bébé", a pris tout son sens le 5 décembre 2008, lors d'une rencontre entre les Boston Celtics et les Portland Trail Blazers. Alors que Kevin Garnett est sur le banc, comme les autres cadres du groupe, grâce à un écart creusé rapidement dans le match, les remplaçants prennent l'eau et poussent Doc Rivers à demander un temps mort. Glen Davis, aussi amorphe que ses camarades du second unit, est alors agrippé par "KG", qui lui passe en 5 secondes une soufflante suffisante pour toucher "Big Baby" dans son amour-propre. Le jeune intérieur s'éloigne alors et, après avoir pesté auprès de son voisin, fond en larmes. La scène marque les esprits, mais n'empêche pas Davis de nouer un lien particulier avec son aîné, qu'il décrira comme "le meilleur leader de toute la NBA".

Une autre anecdote impliquant Davis et Garnett mérite d'être racontée. On laisse Brian Scalabrine, alias le "Red Mamba", alias le GOAT, raconter cet épisode assez édifiant qui s'est déroulé en 2010 dans un avion et au cours d'un petit championnat de bras de fer.

"Big Baby écrasait tout le monde. Il est incroyablement fort. KG et lui se sont assis pour s'affronter et plus personne ne bougeait. On se disait qu'il n'y avait pas moyen que Garnett gagne. Le bras de fer a commencé et il s'est mis à répéter : 'Je ne bougerai pas ! Je ne bougerai pas !' Il y avait évidemment des gros mots aussi. Après 1 minute 30, l'épaule de Big Baby a commencé à fatiguer. KG a poussé progressivement et a renversé le bras de Davis. Il s'est levé et a hurlé tout transpirant avec encore quelques gros mots : 'Je suis le mâle alpha ici ! N'oubliez pas ça !'"

Carmelo Anthony et le goût sucré de LaLa

Les altercations entre stars ne sont plus monnaie courante en NBA. Très calme depuis sa lourde suspension pour avoir cogné Mardy Collins au début de sa carrière, "Melo" n'était pas loin de dégoupiller sur le parquet du Madison Square Garden en janvier 2013, après des mots visiblement placés pour faire mal de la part de "KG". Si les choses étaient restées confinées au terrain, la scène aurait vite été oubliée. Mais après la rencontre, Anthony est allé frapper à la porte du vestiaire de Boston pour prévenir (en hurlant selon des témoins) le Big Ticket qu'il l'attendrait dans le couloir qui mène au bus des visiteurs, prêt à poursuivre l'échange.

LaLa Anthony-Vasquez, la future ex-compagne de Melo.

Des images assez rares depuis le début de la politique d'aseptisation de la NBA où tout le monde est plus ou moins pote avec tout le monde. La présence de caméras et d'un nombre important de policiers a sans doute permis d'éviter un pugilat et à Garnett, qui évite toujours soigneusement le combat, de faire un séjour à l'hôpital.

Ce n'est que quelques jours plus tard que l'on a appris la raison de la rancune de Carmelo Anthony. Garnett lui aurait soufflé à l'oreille que sa femme, la charmante LaLa, avait "un goût de Miel Pops". Traduction : je connais Si Madame Anthony a depuis expliqué que "KG" n'avait sans doute jamais dit ça, on ne voit pas bien comment quelqu'un aurait pu inventer une punchline aussi imagée et spécifique. Il fallait au moins une attaque sur sa compagne ou sa famille pour faire sortir le généralement placide Melo de ses gonds.

Joakim Noah l'admire, il lui dit d'aller se faire foutre

Comme beaucoup d'autres stars de la ligue, Kevin Garnett a inspiré beaucoup de jeunes basketteurs. Joakim Noah a fait partie de ceux-là et la filiation est assez évidente en termes d'intensité sur le terrain, notamment en défense. Mais lors d'un match entre les Celtics et les Bulls, l'admiration que "Jooks" avait pour le "Big Ticket" a été sacrément mise à mal. Le Français devait bien se douter que Garnett n'irait pas lui faire un câlin simplement parce qu'il était l'une de ses idoles d'adolescence. Mais il ne pensait probablement pas être la cible du trashtalk éhonté de "KG". Paul Pierce, qui a côtoyé Garnett à Boston et Brooklyn, se souvient de la scène.

"Il est allé voir Joakim Noah, qui était rookie, pour lui demander s'il pouvait lui caresser les cheveux comme une femme ou un truc comme ça. J'ai vu que ça avait un peu fâché Noah, qui lui avait répondu : 'Kevin, je t'admirais, j'avais ton poster sur le mur de ma chambre...' KG lui a simplement répondu : 'Va te faire foutre Noah !'  Je me suis dit, merde, ce gamin lui dit qu'il était fan de lui et Kevin lui sort ça, ça va l'anéantir. Et ça a anéantit Joakim sur le coup..."

Noah n'a tout de même pas renié l'héritage laissé par Garnett puisqu'il s'est lui même mué en trashtalkeur d'élite et en adversaire particulièrement agaçant sur le parquet.

Charlie Villanueva, le "cancéreux"

Kevin Garnett ne recule devant rien lorsqu'il s'agit d'atteindre moralement son adversaire (voir plus bas) et n'a pas toujours fait preuve de très bon goût. En 2010, lors d'un match entre les Boston Celtics et les Detroit Pistons, "KG" se retrouve souvent au duel avec Charlie Villanueva. Une rencontre gagnée par Boston, mais surtout marquée par le concours de gueulantes entre les deux hommes. Sauf que l'un d'entre eux, devinez lequel, ne s'est pas limité à la critique sportive.

"A un moment, durant le match, Garnett m'a regardé et m'a traité de patient cancéreux".

Une référence à l'aspect physique particulier de Villanueva, né avec une maladie appelée l'alopécie qui lui a rapidement fait perdre tous ses cheveux. Cette pathologie prive la personne atteinte de la moindre pilosité faciale, un trait que Garnett a assimilé à un cancer...

Les deux joueurs se sont ensuite soigneusement évités et Charlie Villanueva a trouvé d'autres antagonistes, notamment Russell Westbrook...

Avec Tim Duncan, il dépasse les bornes

Kevin Garnett est souvent allé très loin pour entrer dans la tête d'un adversaire, mais il aurait clairement pu s'abstenir à plusieurs reprises. Notamment face à des types aussi hermétiques que Tim Duncan et sur des sujets douloureux. Joe Cowley du Chicago Sun Times avait ainsi raconté une scène à laquelle quelques joueurs avaient assisté en 1999 lors d'un match entre les Wolves et les Spurs.

Selon lui, Garnett était allé souhaiter une joyeuse fête des mères à Duncan et à personne d'autre ce soir là. Petit détail sordide : Tim Duncan a perdu sa mère à l'âge de 14 ans et la plupart des membres de la ligue le savaient déjà très bien en 1999. S'il ne l'a jamais reconnu officiellement, du moins autrement qu'en évitant scrupuleusement le sujet, Duncan déteste profondément Kevin Garnett depuis ce jour-là et leurs joutes ont souvent été animées sur le terrain...