Avec Lu Dort, les Hawks assument pleinement leur nouveau projet

En recrutant Lu Dort, Atlanta renforce encore sa défense et affirme son nouveau projet. Un choix cohérent, mais qui laisse des questions en attaque.

Avec Lu Dort, les Hawks assument pleinement leur nouveau projet

La question n’est finalement pas tellement de savoir pourquoi les Atlanta Hawks ont abandonné Zaccharie Risacher. Ce choix, aussi brutal soit-il seulement deux ans après sa sélection en première position de la Draft, traduit surtout le manque de confiance du nouveau front office dans la capacité du Français à devenir une pièce majeure de l’équipe.

L’interrogation la plus intéressante se situe ailleurs : pourquoi Atlanta a-t-il ciblé Lu Dort, alors que l’effectif comptait déjà plusieurs défenseurs extérieurs de haut niveau ? Et que raconte cette arrivée sur le projet désormais construit autour de Jalen Johnson et Dyson Daniels ?

Car les Hawks n’ont pas simplement remplacé un jeune ailier par un vétéran plus expérimenté. Ils ont fait un choix d’identité extrêmement clair.

La redondance défensive est volontaire

À première vue, Atlanta ne semblait pas avoir un besoin urgent de recruter un nouveau spécialiste défensif sur les postes extérieurs. Les Hawks possèdent déjà Dyson Daniels, l’un des meilleurs défenseurs de la ligue, ainsi que Nickeil Alexander-Walker, Aaron Wiggins et plusieurs joueurs capables de tenir leur duel. Ajouter Dort peut donc donner l’impression d’empiler des profils similaires plutôt que de combler une véritable faiblesse. Mais cette redondance paraît totalement assumée.

Atlanta veut pouvoir aligner plusieurs défenseurs agressifs en même temps, multiplier les changements sur les écrans et maintenir constamment la pression sur les principaux créateurs adverses. Dort ne vient pas remplacer Daniels ou Alexander-Walker. Il vient permettre à Quin Snyder d’utiliser cette identité pendant quasiment toute une rencontre.

Zaccharie Risacher à Dallas : reculer pour mieux sauter

Les Hawks pourront constamment laisser l’un de leurs meilleurs défenseurs sur le porteur de balle adverse. Lorsque Daniels soufflera, Dort pourra récupérer la mission. Lorsque les deux seront associés, Atlanta pourra neutraliser simultanément les deux principales menaces extérieures d’une équipe.

Dort apporte également quelque chose de différent. Là où Daniels utilise davantage sa longueur, son anticipation et sa capacité à dévier les passes, le Canadien défend avec sa puissance physique. Son centre de gravité bas lui permet d’absorber les contacts, de naviguer à travers les écrans et de résister face à des ailiers plus costauds.

Cette complémentarité peut devenir particulièrement précieuse en playoffs, lorsque les adversaires cherchent sans cesse le défenseur le plus vulnérable à cibler.

Une équipe construite pour ne plus avoir de cible

C’est probablement le cœur du projet d’Atlanta. Pendant des années, la présence de Trae Young obligeait les Hawks à organiser une partie de leur défense autour de la protection de leur meneur. Les adversaires cherchaient constamment à l’impliquer dans le pick-and-roll et à provoquer les changements les plus favorables. La construction actuelle suit une logique presque opposée.

Avec Daniels, Dort, Alexander-Walker, Jalen Johnson et Onyeka Okongwu, Atlanta peut imaginer des cinq sans véritable faiblesse défensive évidente. Les Hawks pourront changer davantage, défendre plus haut et accepter les duels individuels sans devoir systématiquement envoyer de l’aide.

Une composition avec Daniels, Alexander-Walker, Dort, Johnson et Okongwu manquerait certainement de création offensive. Mais elle pourrait également devenir un enfer pour les équipes adverses pendant quelques minutes : beaucoup de bras, de puissance, de vitesse et de joueurs capables de récupérer un ballon pour partir immédiatement en transition.

Le but semble être de gagner par le volume : provoquer des pertes de balle, obtenir davantage de possessions, courir et empêcher l’adversaire de s’installer dans son attaque placée.

Atlanta ne cherche plus à reproduire l’ancien modèle en remplaçant Trae Young par un autre meneur dominant. La franchise veut construire une équipe profonde, physique et interchangeable, dans laquelle la création est davantage répartie.

Dort connaît déjà exactement ce rôle

L’intérêt de Lu Dort ne se limite pas à ses qualités individuelles. Il connaît déjà le type de basket vers lequel Atlanta semble vouloir évoluer. À Oklahoma City, il a appris à défendre sur le meilleur extérieur adverse, à accepter une utilisation offensive réduite et à contribuer sans monopoliser le ballon. Il a également évolué dans un collectif fondé sur la pression défensive, les changements, la polyvalence et la capacité à transformer les pertes de balle en paniers rapides.

Les Hawks récupèrent donc un joueur qui n’aura pas besoin de plusieurs mois pour comprendre sa mission.

Dort n’arrive pas pour réclamer quinze tirs ou devenir le principal créateur. Il sait que sa valeur dépend d’abord de sa défense, de son énergie et de sa capacité à sanctionner les aides adverses. Dans une équipe encore relativement jeune, son expérience des playoffs et des matches à forte pression représente également un apport important.

Il peut devenir une sorte de relais du staff sur le terrain, notamment auprès de Daniels et des autres jeunes extérieurs. Atlanta ne récupère donc pas seulement un défenseur supplémentaire, mais un joueur qui a déjà vécu dans l’écosystème qu’elle tente de reproduire.

Peut-il conserver son impact loin d’OKC ?

C’est tout de même l’une des grandes questions du trade. Défensivement, le passage d’Oklahoma City à Atlanta ne devrait pas profondément modifier la valeur de Dort. Sa puissance, son activité et sa capacité à passer au-dessus des écrans sont des qualités transposables. Il pourrait même profiter de la présence de Daniels pour ne plus devoir systématiquement défendre sur la principale menace adverse pendant toute la rencontre.

L’interrogation concerne surtout son attaque. Lu Dort sort d’une saison beaucoup moins convaincante, avec 8,3 points de moyenne, 38,5 % de réussite aux tirs et 34,4 % à trois points. La saison précédente, il avait terminé à 41,2 % derrière l’arc. Cette différence est essentielle pour évaluer son utilité.

À Oklahoma City, le Québécois profitait des décalages créés par Shai Gilgeous-Alexander et Jalen Williams. Il recevait régulièrement le ballon après que la défense avait déjà été déséquilibrée, avec du temps et de l’espace pour déclencher.,Atlanta ne possède pas de créateur comparable.

CJ McCollum peut toujours générer des tirs et Jalen Johnson est capable d’initier une partie de l’attaque, mais aucun des deux ne déforme une défense comme "SGA". Daniels reste lui-même un shooteur irrégulier et Okongwu ne force pas constamment les intérieurs à sortir loin du cercle.

Si Dort ne retrouve pas une adresse fiable, les associations avec Daniels pourraient donc devenir compliquées offensivement. Les adversaires accepteront de les laisser tirer pour fermer la raquette et réduire les espaces disponibles pour Johnson. La réussite du trade dépend ainsi largement d’une question assez simple : Atlanta récupère-t-il le Dort à plus de 40 % à trois points de la saison 2024-2025 ou celui qui est retombé autour de 34 % ?

Dans le premier cas, il peut (re)devenir l’un des meilleurs 3-and-D de la ligue. Dans le second, certaines compositions risquent de manquer sérieusement d’oxygène.

Pourquoi ne pas avoir plutôt ciblé un scoreur ?

C’est la principale limite de l’opération. Les Hawks possédaient déjà de très bons défenseurs extérieurs. Leur besoin le plus évident semblait plutôt concerner la création offensive, notamment lorsque le jeu ralentit et que les équipes adverses ont le temps d’installer leur défense.

Atlanta a manqué d’un joueur capable de provoquer régulièrement des prises à deux, de créer un tir difficile en fin de possession ou d’organiser l’attaque pendant les passages compliqués. Lu Dort ne règle aucun de ces problèmes.

Le front office semble néanmoins avoir considéré qu’un défenseur d’élite disponible à un coût acceptable représentait une opportunité à saisir, là où l’acquisition d’un véritable scoreur aurait probablement réclamé davantage de choix de Draft ou l’un des meilleurs jeunes joueurs de l’effectif.

Dort présente également l’avantage de ne pas engager Atlanta sur le long terme. Il arrive dans la dernière année de son contrat. Les Hawks pourront donc évaluer son association avec Daniels et Johnson avant de décider de le prolonger ou non.

Cette flexibilité compte énormément. Si l’expérience fonctionne, Atlanta disposera de l’une des meilleures bases défensives de la conférence Est. Si elle échoue, la franchise pourra laisser partir Dort, le transférer en cours de saison ou réutiliser son salaire dans une autre opération.

Le trade ressemble ainsi moins à l’aboutissement du projet qu’à une étape supplémentaire. Les Hawks consolident leur identité immédiatement, tout en conservant la possibilité de rechercher plus tard le créateur offensif qui manque encore à l’effectif.

Ryan Nembhard, une petite réponse au manque de création ?

L’arrivée de Ryan Nembhard est plus discrète, mais elle mérite d’être observée dans ce contexte. Le meneur n’est évidemment pas la star de la transaction. Il peut toutefois apporter une compétence qui manque à Atlanta : l’organisation. Nembhard sait contrôler le rythme, jouer le pick-and-roll et faire circuler le ballon sans multiplier les possessions forcées.

Il ne deviendra probablement pas immédiatement le meneur titulaire des Hawks. La rotation extérieure est déjà dense et ses limites physiques peuvent être ciblées défensivement. Mais son profil offre une solution différente de celles de Daniels, Dort ou Alexander-Walker.

Atlanta peut le développer comme meneur de second unit, l’utiliser ponctuellement pour soulager Johnson et McCollum dans la création ou en faire un nouvel élément dans une future transaction. Il ne compense pas totalement l’absence d’un grand créateur, mais il apporte au moins une option supplémentaire dans un secteur où les Hawks en avaient besoin.

Atlanta a choisi son camp

Ce trade ne transforme pas immédiatement les Hawks en candidats au titre. Il leur donne en revanche une identité beaucoup plus nette : une équipe longue, physique, agressive et presque impossible à cibler défensivement.

Le pari tient désormais à l’adresse de Dort et à la capacité d’Atlanta à trouver suffisamment de création autour de Jalen Johnson. Si l’attaque suit, les Hawks pourraient devenir l’une des équipes les plus pénibles à affronter à l’Est. Dans le cas contraire, ils auront surtout construit une formidable défense sans lui donner les armes pour gagner les matches qui comptent.

 

Je vais me ranger à l'idée que les mouvements des deux dernières années avaient pour but de récupérer des contrats mid et pas trop longs pour pouvoir se placer sur le prochain gros joueur qui sera disponible pour un échange. Les Hawks sont juste sous la taxe aussi, ce qui devait être l'objectif en terme de masse salariale.

Par contre, ils n'ont plus trop de jeune à potentiel intéressant maintenant qu'ils n'ont plus Risacher, il y a juste Flemings qui vient d'arriver et Asa Newell, il faudra mettre les deux dans la balance s'ils veulent Edwards ou un autre gars de ce calibre.
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Lu Dort n'a pas progressé depuis son arrivée dans la ligue. Il est même devenu un dirty player, unidimensionnel et sans apport offensif. Bon trade pour OKC et grosse erreur d'Atlanta.
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