Cavs-Pistons, les clés du game 6 crucial

Le game 6 entre Cleveland et Detroit verra-t-il les Cavs rejoindre les Knicks en finale de Conférence.

Cavs-Pistons, les clés du game 6 crucial

Les Cavs ont longtemps donné l’impression de subir cette série. Menés 2-0, bousculés par la défense de Detroit, parfois en panne de solutions face à l’organisation des Pistons, ils se retrouvent pourtant à une victoire de la finale de Conférence Est. Après leur braquage du Game 5, remporté 117-113 en overtime, Cleveland mène 3-2 et peut conclure cette nuit à la Rocket Arena.

En cas de victoire,9 retrouveront les Knicks au tour suivant. En cas de défaite, retour à Detroit pour un Game 7 qui sentirait très fort la poudre.

La première clé est évidente : Cleveland doit finir le travail sans jouer avec le feu. Kenny Atkinson l’a dit après le Game 5 : il a déjà connu ce genre de situation, avec un Game 6 perdu puis toute la pression d’un Game 7 à l’extérieur. Son message était clair : pour les Cavs, cette rencontre doit être abordée comme un match à gagner absolument. Mitchell, lui, refuse déjà de se projeter.

« C’est 3-2, ce n’est pas terminé », a-t-il rappelé, alors qu’il tourne à 30,6 points de moyenne dans la série. Cleveland a repris le contrôle, mais Detroit a déjà prouvé qu’il pouvait gagner dans cette salle.

Cunningham en sauveur ?

Tactiquement, tout partira encore du traitement de Cade Cunningham. Le meneur des Pistons sort d’un Game 5 énorme sur le papier : 39 points, 9 passes, 7 rebonds. Mais Cleveland peut se dire que son plan a fini par fonctionner, puisqu’il n’a inscrit qu’un seul panier dans les onze dernières minutes et demie, bien pris par Max Strus et par une défense beaucoup plus agressive dans les fins de possession. Les Cavs vont sans doute chercher à lui mettre deux corps plus tôt, à l’obliger à lâcher le ballon et à demander aux autres de gagner le match.

Pour Detroit, la réponse est simple : Cade doit rester créateur, mais les shooteurs doivent punir. Sans Duncan Robinson, touché au dos et incertain pour ce Game 6, l’espacement devient tout de suite plus fragile.

L’autre bascule concerne la raquette. Au début de la série, Jalen Duren avait donné le ton par son impact physique. Depuis deux matches, Evan Mobley a changé le rapport de force. Son Game 5, 19 points, 8 rebonds, 8 passes, 3 contres — a été l’un des moments charnières de la série. Il a marqué les sept derniers points des Cavs dans le quatrième quart-temps, mis un tir primé important, attaqué le cercle et tenu défensivement. En face, Duren a terminé avec 9 points et 5 rebonds avant de regarder tout le money-time et la prolongation depuis le banc. Si Detroit veut survivre, il doit retrouver une présence intérieure, que ce soit avec Duren ou avec Paul Reed.

Il faudra aussi surveiller la ligne des lancers. Cleveland a creusé un écart énorme dans ce domaine sur les deux derniers matches : 40 tentatives de plus que Detroit au total. Au Game 5, James Harden a obtenu 14 lancers à lui seul, contre 20 pour toute l’équipe des Pistons. Dans une série aussi physique, c’est une donnée capitale.

Detroit a évidemment encore en travers de la gorge le contact non sifflé entre Jarrett Allen et Ausar Thompson à la fin du temps réglementaire, même si le Last Two Minute Report a validé la décision arbitrale. Mais les Pistons ne peuvent pas se contenter de ruminer. Ils doivent attaquer plus fort, provoquer davantage, éviter les possessions trop lentes et ne pas laisser Cleveland dicter le niveau de contact.

Enfin, il y a le facteur Harden. Après deux premiers matches ratés, il est devenu le stabilisateur dont les Cavs avaient besoin. Ses 30 points, 8 rebonds et 6 passes au Game 5 ont couvert une soirée très moyenne de Mitchell à l’adresse. C’est peut-être la grande différence avec les versions précédentes de Cleveland : si Mitchell refroidit, les Cavs ont désormais un autre créateur capable de calmer le jeu ou d’aller chercher un coup de sifflet.

Les Pistons ont encore l’énergie, la fierté et Cade Cunningham. Les Cavs ont l’élan, le parquet et un noyau qui vient de survivre au match le plus tendu de sa saison. Ce Game 6 dira si Cleveland a vraiment changé de dimension, ou si Detroit a encore assez de nerfs pour ramener toute la série dans le Michigan.