« Je commençais à faire mon deuil et à me dire : “Sois heureux, tu t’es régalé pendant 30 ans, c’est terminé.” »Skweek est en activité depuis maintenant six mois. Quel bilan faites-vous sur cette première demi-année ? David Cozette : Le bilan est ultra positif. Les retours sont très bons sur la qualité éditoriale, sur la richesse des sujets que préparent Cyril Méjane et toute son équipe, sur la qualité des consultants. Stephen Brun, c’est simple, il n’y a pas meilleur que lui. Laurent Legname était déjà très bon, Alain Digbeu lui a succédé et il est aussi bon. Ali Traoré a une personnalité différente, donc il est aussi complémentaire. Là, on parle de gens qui connaissent les joueurs européens et que les joueurs européens connaissent. C’est une vraie richesse. En plus, Skweek nous donne des conditions de travail exceptionnelles que je n’avais personnellement jamais vues. Sur chaque match à l’étranger, il y a l’une de nos deux journalistes qui va sur place pour faire des interviews d’avant-match, de mi-temps et de fin match. À chaque fois, un JRI (journaliste reporter d’images, ndlr) suit les équipes partout en Europe. C’est un traitement que je n’ai vu qu’au foot, quand Canal faisait la Ligue des Champions. C’est quelque chose d’inédit dans le basket et il faut que l’on ait tous conscience de la chance que cela représente d’avoir ces moyens-là pour couvrir le sport qu’on aime et pour que les gens puissent vivre le sport qu’ils aiment. [ITW] Yoan Makoundou : "On est prêts à reprendre le flambeau" Il y a trois ans, vous avez repris l’Hôtel Bor, sur la Côte d’Azur, et vous vous êtes éloignés des micros. Si vous êtes de retour, c’est parce que les parquets vous manquaient trop ? David Cozette : Oui, terriblement. Ce projet d’hôtel, c’est parce que j’avais la lucidité de me dire que, un jour ou l’autre, avec les droits qui n’arrêtent pas de changer de chaîne, tout pouvait s’arrêter pour moi. Pour le coup, j’étais un peu visionnaire, puisque derrière RMC Sport, avec le Covid, a perdu successivement le championnat de France, puis l’EuroLeague. J’ai lancé deux ou trois appels, deux ou trois perches à droite à gauche, et je me suis pris des portes dans la gueule. Je commençais à faire mon deuil et à me dire : « Sois heureux ! Tu t’es régalé pendant 30 ans, c’est terminé. » J’avais clairement fait le deuil des commentaires basket. C’est comme ça, c’est la vie. Et c’est au moment où je commençais à basculer, à me dire que c’était terminé, que Skweek est arrivé. Je n’y croyais plus du tout et je repars pour une nouvelle aventure. Forcément, ça me donne une fraîcheur et un enthousiasme incroyables. La sensation de revivre après avoir fait le deuil, finalement ? David Cozette : Oui, complètement ! Et j’apprécie encore plus ! Quand on a les choses, parfois, on ne se rend plus compte. Et quand on ne les a plus, c’est là où on réalise que ça manque. Donc là, je surkiffe, pour parler comme les jeunes (rires).
« Je n’ai jamais eu l’impression de travailler en commentant. Jamais. »Vous vous présentez comme le « meilleur commentateur de basket parmi tous les hôteliers-restaurateurs de France ». David Cozette : Le contraire marche aussi ! (rires) N’est-ce pas trop difficile de jongler entre les deux statuts ? David Cozette : Oui et non. C’est assez lourd, parce que ça me fait des semaines de taré. J’ai clairement une double vie — seulement professionnelle, hein. Mais finalement, les deux s’équilibrent. L’hôtellerie-restauration, c’est un milieu très difficile. Alors, commenter les matches, ça me permet de m’échapper. Ça me donne une respiration et ça participe à un équilibre. Si je n’étais qu’à l’hôtel, j’aurais l’impression d’être comme un hamster dans une roue, à tourner en permanence et à m’épuiser. En commentant les matches, c’est comme une récréation. Je n’ai jamais eu l’impression de travailler en commentant. Jamais. C’est terrible à dire, mais c’est presque comme un loisir. C’est toujours le cas aujourd’hui, même après plusieurs décennies de commentaires ? David Cozette : Oui, et plus que jamais ! Déjà parce que j’ai eu ce hiatus de trois ans sans commenter, donc ça m’a complètement régénéré. Il y a eu ce manque, que je suis en train de compenser. Puis je dirais que c’est encore mieux qu’avant, parce que c’est quand même vachement plus sympa de commenter l’EuroLeague cette saison qu’il y a une petite dizaine d’années, quand les clubs français, qui se succédaient chaque année, gagnaient entre trois et six matches dans la saison et qu’ils prenaient des valises à l’extérieur très régulièrement. Là, on vit des moments sportifs incroyables. Je pense que ce serait un peu indécent de ne pas avoir la passion pour vivre des trucs pareils. Vous avez longtemps fait un duo de choc avec George Eddy sur Canal+. Vous étiez proches, sur les ondes et humainement. Que vous inspire sa retraite ? David Cozette : Forcément, un peu d’émotion, parce que je me souviens de tout ce que j’ai vécu avec lui (on le sent ému dans sa voix). Quand la France est championne d’Europe, c’est avec George que je le vis, on attendait ça depuis toujours. Quand l’équipe de France a battu l’Espagne chez elle, à la Coupe du monde 2014, avec Thomas Heurtel qui met ce shoot incroyable à la fin (auquel David a réagi avec un iconique « Thomas Heurtel, donne-moi ton short ! », ndlr), c’est avec George que je l’ai vécu. On a eu tellement d’émotions partagées ensemble que bien évidemment que ça me fait quelque chose. [ITW] Juhann Begarin : “La NBA le plus tôt possible”
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