Lorsque Karl-Anthony Towns a rejoint le banc après deux fautes rapides dans le premier quart-temps, les Spurs ont probablement eu le sentiment que leur plan fonctionnait à merveille. Et pour être honnête, ils avaient de bonnes raisons de le penser.
Pendant plusieurs semaines, Towns s'est imposé comme l'une des pièces les plus importantes du collectif new-yorkais. Plus encore que ses statistiques, c'est son rôle dans l'équilibre général de l'équipe qui a transformé les Knicks depuis le début des playoffs. Sa capacité à écarter le jeu, à créer des décalages, à attirer l'attention des défenses et à fluidifier l'attaque est devenue essentielle.
Le voir quitter rapidement le parquet ressemblait à une victoire stratégique majeure pour San Antonio. Quelques heures plus tard, pourtant, les Knicks célébraient le plus grand comeback de l'histoire des Finales NBA. Et Karl-Anthony Towns y était pour beaucoup.
Le scénario rêvé pour les Spurs
Le début de rencontre a tout d'un cauchemar pour New York. Les Spurs bombardent à trois points. Victor Wembanyama dicte le rythme de la rencontre. L'écart grimpe rapidement. Et au milieu de ce chaos, Towns écope de deux fautes extrêmement rapides qui l'obligent à rejoindre le banc alors qu'il reste 10:58 à jouer dans le 1er quart. Pour San Antonio, difficile d'imaginer meilleur scénario.
Depuis plusieurs matchs, l'intérieur est devenu l'un des moteurs de l'attaque new-yorkaise. Lorsqu'il touche régulièrement le ballon, les Knicks trouvent davantage de variété offensive. Brunson peut souffler. Les aides défensives sont plus compliquées à organiser. Le jeu devient moins prévisible.
Sans lui, tout semblait soudain beaucoup plus simple pour les Texans. Le problème, c'est que le match dure quarante-huit minutes.
« Un immense merci à nos supporters. C'était un match horrible, vraiment horrible. Nous n'avons rien apporté en première mi-temps. Mais ils sont restés avec nous », déclarait KAT en conf de presse. « Ils sont restés assis dans leurs sièges, ils ont continué à nous encourager et à nous donner de l'énergie. C'est un hommage à eux, à leur combativité, à leur résilience, à ce que représente New York. Nous sommes partis de très loin et nous avons trouvé le moyen d'aller chercher cette victoire en seconde période. Tous ceux qui vivent à New York savent que si vous voulez réussir dans cette ville, vous devez accepter de vous relever quand vous êtes au fond. C'est ce que nous avons fait ce soir. »
Une influence qui dépasse largement les points
Lorsqu'on regarde la feuille de statistiques finale, rien ne saute immédiatement aux yeux. Towns termine avec 13 points, 10 rebonds et 2 passes décisives. Une ligne correcte. Rien qui évoque spontanément le rôle d'un héros.
Et pourtant, l'impression laissée sur le terrain raconte une toute autre histoire. À mesure que les Knicks ont commencé à réduire leur retard, le pivot newyorkais a progressivement repris le contrôle de nombreux aspects du match.
New York réalise le plus grand comeback de l'histoire des Finales NBA
Il a sécurisé des rebonds importants. Il a limité les erreurs. Il a défendu avec discipline malgré son passif de fautes. Il a évité les gestes inutiles qui auraient pu l'envoyer définitivement sur le banc. Surtout, il a apporté de la stabilité à une équipe qui en avait cruellement besoin.
Pendant que Brunson multipliait les actions spectaculaires et qu'Anunoby s'apprêtait à entrer dans l'histoire, Towns réalisait exactement le genre de match que les statistiques peinent parfois à raconter.
Son action la plus importante n'est probablement pas celle dont on parlera le plus. Elle n'a pas eu lieu à 2 secondes de la fin. Elle n'a pas fait exploser le Madison Square Garden. Mais elle a probablement pesé énormément dans l'issue de la rencontre.
Dans le money time, Towns s'est retrouvé face à Victor Wembanyama. Une situation que peu de joueurs rêvent d'attaquer. En déséquilibre, sous pression, il est pourtant parvenu à inscrire un panier extrêmement difficile qui a permis aux Knicks de rester pleinement dans la bataille. Mieux, ce panier permet à New York de passer sous la barre symbolique et hautement psychologique des 10 points (97-88).
À ce moment du match, chaque possession ressemblait à une finale dans la finale. Et Towns a répondu présent. C'est précisément ce type d'action qui explique pourquoi son impact dépasse souvent les chiffres bruts. Par la suite, c'est en faisant sortir Victor de la peinture qu'il ouvre des couloirs de drive pour Brunson, Alvarado and co. Là encore, un rôle décisif.
Le chiffre qui raconte la vérité
Si un nombre résume sa soirée, ce n'est ni 13, ni 10. C'est +17. Karl-Anthony Towns a terminé la rencontre avec le meilleur plus/minus des Knicks.
Un chiffre presque absurde lorsqu'on se rappelle le contexte. New York a été mené de 29 points. New York ne s'impose finalement que d'un seul point. Et malgré cela, aucun joueur n'a eu un impact statistique supérieur à celui de Towns.
Jalen Brunson termine à +6. OG Anunoby à +8. Towns à +17.
Cela ne signifie pas qu'il a été le meilleur joueur du match. Brunson et Anunoby ont évidemment produit les actions les plus spectaculaires et les plus décisives. En revanche, cela raconte parfaitement autre chose. Les meilleurs moments des Knicks ont presque tous eu lieu lorsqu'il était sur le parquet.
Le joueur que les Spurs voulaient sortir du match
C'est probablement là que réside l'ironie de cette soirée. Les Spurs avaient parfaitement identifié son importance. Les deux fautes rapides du premier quart-temps semblaient représenter une opportunité idéale.
Pendant un long moment, cela a même ressemblé à un coup tactique décisif. Puis Towns est revenu. Sans forcer. Sans chercher à empiler les tirs (il finit à 4/5). Sans courir après les statistiques. Simplement en jouant juste.
Lorsque l'on repensera à ce comeback historique dans quelques années, les images retenues seront probablement celles d'Anunoby au buzzer ou de Brunson relançant l'espoir des Knicks.
Mais derrière ces moments spectaculaires se cache une autre réalité. Les Spurs avaient trouvé un moyen de sortir Karl-Anthony Towns du match. Ils n'ont jamais trouvé un moyen de l'empêcher de le changer.


La comparaison est relative vu de qui on parle mais ça me rappelle Curry qui est (avec des énormes guillemets) "invisibilisé" par Iggy ou KD en 2015 et 2017, alors que tout part de lui. Tout part de ses courses à répétition, de sa dangerosité potentielle constante au large, ce qui fait changer toute la défense de l'équipe en face, pour que les autres puissent jouer plus facilement.
Pour ces Knicks, KAT a le même rôle : il facilite le jeu collectif et même individuel, puisqu'il ouvre des portes pour driver, pour faire l'extra-passe etc.
(jamais j'aurais cru comparer KAT à Chief Curry, ne m'en voulez pas)
Et 2000% d’accord avec ta dernière phrase ;)